Une majorité de députés juifs israéliens réclame une extension de la colonie de Ariel

Le Centre universitaire Ariel dans les territoires occupées

Cinquante-six membres de la Knesset, la parlement israélien,  ont adressé une requête au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à Ehud Barak, ministre de la Défense, pour qu’ils autorisent la construction d’un quartier nouveau dans la colonie d’Ariel en Cisjordanie, malgré le pseudo-“gel” (partiel et temporaire) des constructions en Palestine occupée.

Cette extension de la colonie serait destinées à loger les personnes évacuées de l’ancienne colonie de Netzarim, dans la bande de Gaza, qui – selon ces parlementaires – sont sans logement permanent depuis le “désengagement” unilatéral d’Israël de Gaza en 2005.

Cette pétition – qui a recueilli la signature de la majorité des députés israéliens juifs (puisque la Knesset est composée de 120 membres, dont 11 appartiennent aux partis arabes) – a été signée par la majorité des élus du Likoud (qui détient 27 sièges), et aussi par le député “travailliste” Eitan Cabel.

Parmi les signataires se trouvent également le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon [ membre de Yisrael Beiteinu, le partie de Lieberman], et deux autres membres du gouvernement Gila Gamliel [Likoud] et Ayoub Kara [Likud].

«Malgré les nombreuses épreuves qu’ils ont endurées, y compris le logement temporaire depuis près de cinq ans dans des caravanes et des remorques, [les personnes évacuées de Netzarim] ont construit une communauté et contribué beaucoup à la vie spirituelle et trouvé une solution aux problèmes  du bien-être dans la ville de Ariel » écrivent les signataires. Ils estiment donc qu’il faut faire une exception au “gel” (imaginaire) des constructions en Cisjordanie pour mettre fin sans délai à “une injustice”.

L’annonce de cette pétition intervient le jour-même de la soi-disant relance du soi-disant processus de paix, et est très significatif de la volonté israélienne de surtout ne pas le faire aboutir, après l’avoir réclamé à cor et à cris pendant des mois.

Par ailleurs, il faut se souvenir que les colons juifs évacués de Gaza en 2005, dans un gigantesque “happening” médiatique, destiné à montrer au monde entier à quel point Israël consentait à des sacrifices douloureux – il est dur, en effet, pour le voleur de restituer son butin, et les média occidentaux ne s’étaient pas fait faute de s’apitoyer sur le sort des pauvres colons dont le coeur saignait – avaient été très généreusement indemnisés par leur gouvernement.

Le 16 février 2005, la Knesset a voté une loi, prévoyant le versement de 3,8 milliards de shekels (884 millions de dollars US) pour le relogement des quelque 9.000 habitants juifs de la bande de Gaza. Près de 100.000 $ par personne !

Inutile de dire qu’il n’y a jamais eu un centime d’indemnisation pour les Palestiniens de la Bande de Gaza dont les maisons ont été détruites (environ 500 par an), ou pour les propriétaires des centaines de milliers d’arbres fruitiers – 155 000 oliviers, 150 000 citronniers, 54 200 amandiers, 12 500 palmiers dattiers, 18 000 bananiers et 49 000 arbres fruitiers  » divers  » et plus 39 200 pieds de vignes – détruits entre 2000 et 2003 (selon des chiffres de l’ONU), le plus souvent au nom des “raisons de sécurité” qui servent de prétexte à toutes les exactions de l’armée israélienne, sans parler de tous les autres préjudices, matériels et moraux, liés à l’occupation militaire israélienne depuis 1967.

 

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