Racisme : la politique israélienne en adéquation avec la société israélienne

Les milieux sionistes se sont découvert une nouvelle passion : passer en revue les sites web d’entreprises ou d’organismes officiels ou para-étatiques à vocation internationale, et s’assurer qu’Israël y est traité avec tous les égards qu’ils pensent dus à son rang.

En quelques jours, ils ont ainsi « épinglé » la marque de produits cosmétiques Nivéa (qui, circonstance indubitablement aggravante, appartient à un groupe allemand), puis les bagages Delsey, puis la « Maison des Français de l’Étranger« ,…

A chaque fois, ils relevaient qu’Israël ne figurait pas dans la liste des pays pour lesquels les sites web en question proposaient des liens. A chaque fois, on le devine, l’unique explication retenue par les vigiles du sionisme était évidemment l’antisémitisme foncier dont les marques ou les organismes visés sont imprégnés… Il n’est donc même plus besoin de critiquer Israël pour être ainsi catalogué, ceux qui se contentent – volontairement ou par dis­traction (Nivéa s’est empressé de s’excuser, et de « rectifier ») – de l’ignorer le sont tout autant.

Il ne reste donc pas beaucoup de monde à y échapper, en dehors des adorateurs patentés d’Israël (à condition qu’ils n’oublient pas de donner régulièrement des gages, car rien n’est jamais acquis en ce domaine et il suffit de si peu de choses)…

Mais qu’en est-il des Israé­liens eux-mêmes ?  L’édition 2011 de l’étude d’opinion réalisée à ce propos, dont les éléments essentiels sont publiés dans la presse israélienne, montre que 68% des Israéliens refuseraient de vivre dans un immeuble à appartements dont certains logements seraient habités par des Arabes.  Seulement 26% accepteraient d’avoir des voisins arabes.

50% des Israéliens accepteraient de faire visiter leur logement par un Arabe, mais 46% excluent totalement cette idée. 41% sont d’accord avec une « ségrégation » entre juifs et Arabes (autrement dit un apartheid) dans les lieux de diver­tissement (cinémas, salles de concert ou de sport, théâtres, stades, restaurants,…), mais 52% s’opposeraient quand même à ce que cela soit inscrit dans la loi.

Les auteurs de l’étude notent que la tendance à approuver l’apartheid est plus importante chez les personnes interrogées ayant de faibles revenus, et chez celles qui ont une pratique religieuse active ou stricte. Elle est aussi plus élevée que « les juifs origi­naires du Moyen-Orient » que chez ceux qui ont des origines européennes.

« Le racisme devient une tendance dominante. Les gens parlent de « transfert » ** ou des Arabes comme d’une « bombe à retardement démo­graphi­que », et pas une voix ne s’élève contre de tels propos. C’est un phénomène très inquiétant », dit Bachar Ouda, directeur du « Centre pour la lutte contre le Racisme », cité par Haaretz.

L’étude d’opinion révèle  aussi que 63% des juifs israéliens approuvent la phrase : « les Arabes sont une menace sécuritaire et démographique pour l’État », et que 40% considèrent que l’État israélien doit « soutenir l’émigration des citoyens arabes » (c’est-à-dire la minorité de 20% de Pales­tiniens israé­liens) alors que 52% ne sont pas de cet avis.

La moitié des juifs interrogés « expriment de la peur ou de l’inconfort quand elles entendent des gens parler arabe », et 18% reconnaissent que le seul fait d’entendre parler en arabe leur fait éprouver de la haine.

De tout ceci on peut clairement conclure que la politique de plus en plus ouvertement raciste du gouvernement israélien est à l’unisson d’une grande partie de son opinion publique. Une raison de plus de ne plus accepter les leçons et les insultes qu’on nous inflige à jet continu.


* Etude « Index of Racism Towards Arab Palestinian Citizens of the State of Israel, » réalisée by Geocartographia
** le « transfert » est l’euphémisme utilisé en Israël pour désigner l’idée, toujours bien présente, d’une déportation forcée massive de tous les Arabes vivant dans le territoire contrôlé par Israël, qu’il s’agisse de l’intérieur de la « ligne verte » ou de la Cisjordanie (quant à Gaza, on ne sait…), de manière à obtenir entre la Méditeranée et le Jourdain un territoire « Araben-rein« , c’est-à-dire le parachèvement du nettoyage ethnique entrepris en 1948, poursuivi en 1967 et toujours en cours depuis lors mais « à bas bruit » (surtout pour ceux qui ne veulent pas entendre).

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