Que vive la Résistance du peuple palestinien

Après avoir lors de sa visite en Palestine occupée, en novembre dernier, clamé « son amour pour Israël », François Hollande persiste et signe, légitimant ni plus ni moins le meurtre du peuple palestinien.

Le Président français a ainsi téléphoné à son ami Benyamin Netanyahu pour lui exprimer « la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza », et de pour lui rappeler « que la France condamne fermement ces agressions » et qu’«il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces».

Pas un mot pour condamner ni même évoquer les raids aériens menés par son ami sur Gaza, ayant déjà fait plus de 86 martyrs et plus de 560 blessés, des hommes, des femmes, des enfants. Pas un mot non plus pour condamner les incursions en Cisjordanie, les meurtres et les arrestations, les destructions de maisons menés depuis début juin par l’armée d’occupation. Pire encore, il autorise ses compatriotes à servir dans cette armée d’occupation qui tue et emprisonne le peuple palestinien.
Cette politique est une honte pour la France, pays de la Révolution, pays des droits de l’homme, pays des Lumières. Jamais un Président français n’avait aussi clairement soutenu le projet sioniste et autant renié la devise de son pays.

Monsieur Hollande, les seules agressions que vous devriez condamner sont celles de l’occupant : la colonisation, les assassinats, l’emprisonnement de plus de 6000 prisonniers politiques, la destruction d’hôpitaux, d’écoles et de maisons, la confiscation de l’eau et de la terre, l’humiliation quotidienne, la ségrégation, le mur, la violence militaire…

Face au quotidien que nous, peuple palestinien vivons, vous, Président de cette nation qui s’est libérée de l’occupant nazi, de cette nation qui sait également combien un peuple en lutte pour sa liberté est déterminé, comme l’ont été les peuples algériens et vietnamiens, comment pouvez-vous vous retrouver ainsi aujourd’hui du mauvais côté de l’Histoire en soutenant ainsi la terreur de l’occupant ? Monsieur le Président, « Liberté » est le premier mot de la devise de la France, mais vous ne semblez pas mesurer ce qu’elle représente réellement. Monsieur le Président, la Liberté, quand on en est privé, on est prêt à tout pour l’obtenir, quitte à en mourir Monsieur le Président ! Avez-vous déjà connu ce sentiment qui vous rend plus fort que la mort Monsieur Hollande ? Ce sentiment qui vous pousse à la lutte, quitte à ce que vous mourriez avant que celle-ci n’aboutisse, tout cela parce que vous savez que cette lutte est légitime et que même si en face de vous, l’impérialisme se dresse fièrement, vous savez qu’il n’y a rien au monde de plus fier et plus déterminé qu’un peuple qui résiste. Oui, Monsieur Hollande, le peuple palestinien résiste, comme l’ont fait les Français, les Algériens, les Vietnamiens, les Sud-Africains…, et comme eux, nous atteindrons la valeur qui nous anime chaque jour : la Liberté.

Monsieur Hollande, quand je lis vos propos, j’ai de la peine pour ces Résistants que vous honorez chaque année, ceux-là même que les nazis appelaient « terroristes » mais qui se sont battus corps et âmes, ne craignant pas la mort, pour que vous viviez aujourd’hui en Liberté. Vous n’êtes pas digne de leur combat Monsieur le Président.
Monsieur le Président, il est temps que vous renouiez avec les valeurs de cette France qui a combattu l’occupation, et que vous laissiez derrière vous ce sombre passé colonial qui vous colle encore trop à la peau. L’histoire l’a toujours prouvé, les peuples en lutte finissent fatalement par se libérer, ne restez pas du mauvais côté de l’Histoire Monsieur le Président.

Que vive la Résistance du peuple palestinien !


 

Publié le 10 juillet sur le compte Facebook de Salah Hamouri.

salah_hamouriSalah Hamouri né le 25 avril 1985, est un étudiant franco-palestinien en sociologie de l’université de Bethléem (né de mère française et de père palestinien). Il a été inculpé en 2005 par Israël sous la double accusation d’avoir projeté de tuer le rabbin Ovadia Yossef, et d’appartenance au Front populaire de libération de la Palestine.
Après trois ans de détention provisoire, il accepte sur les conseils de son avocate une procédure de plaidoyer de marchandage (« plaider coupable ») afin d’échapper à une peine éventuelle de quatorze ans, et a donc été condamné par le tribunal militaire à une peine de sept ans de prison qu’il a purgée pour l’essentiel à la prison de Guilboa. Il a été libéré le 18 décembre 2011 de manière anticipée dans le cadre d’une libération de 1 027 prisonniers palestiniens contre Gilad Shalit.
Pendant toute sa détention, le gouvernement français n’a pratiquement, hormis quelques belles paroles, rien entrepris pour obtenir la libération de son ressortissant détenu arbitrairement par Israël.

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