Pour aider les médecins à Gaza, la pression politique plus urgente que des médicaments

Le Dr. Sofie Merckx lisant l'appel au rassemblement pour la Palestine à Charleroi ce vendredi 25 juillet

Un appel lancé par 80 médecins néerlandophones, publié comme « Carte Blanche » dans le journal « De Standaard »

Le Dr. Sofie Merckx lisant l'appel au rassemblement pour la Palestine à Charleroi ce vendredi 25 juillet
Le Dr. Sofie Merckx lisant l’appel au rassemblement pour la Palestine à Charleroi ce vendredi 25 juillet

Plus de 1,8 million de personnes vivent dans la bande de Gaza, dont la moitié sont des enfants.

Depuis 2007, Israël a hermétiquement fermé les frontières terrestres, aérienne et navale de Gaza, ce qui transforme cette petite bande de terre en la plus grande prison à ciel ouvert dans le monde.

Plusieurs roquettes sont régulièrement tirées à partir de cette prison à ciel ouvert par des groupes qui s’opposent à cette occupation. Ces roquettes ne causent que peu de dégâts matériels ou humains, en partie à cause de leur faible puissance, en partie grâce à l’efficacité du système de défense aérien d’Israël.

Depuis le 8 Juillet de cette année, Israël bombarde la bande de Gaza.
C’est la troisième grande campagne de bombardements en six ans. Au moins 800 Palestiniens [*] ont été tués et plus de 4000 personnes blessées. Une victime sur trois est âgée de moins de 18 ans. Milles maisons, mosquées, écoles et ports ont été détruits, ainsi qu’un hôpital de revalidation et une centrale d’ambulances. Que les hôpitaux soient aussi la cible de bombardements n’a pas d’équivalent et est clairement un crime de guerre.

Les habitants de Gaza n’ont aucun endroit sûr où se réfugier.

Les hôpitaux sont saturés. Le transport des victimes reste difficile, car l’essence pour les ambulances se fait rare. Les hôpitaux sont surpeuplés. Le transport des blessés est difficile, parce que le carburant pour les ambulances est épuisé. Les médecins et les infirmières travaillent jour et nuit mais ne benéficient que de très peu d’électricité, pas assez de médicaments et très peu de matériel médical. Que le travail du personnel médical soit rendu aussi difficile est une véritable honte sur le plan humanitaire.

De quelle neutralité s’agit-il?

Dans des situations de guerre, les médecins essayent de rester neutres car ils sont convaincus que chaque vie a la même valeur. Mais un conflit qui compte plus de 95 % de victimes d’un seul côté n’est pas une situation de guerre. C’est un massacre.

Un conflit où des enfants innocents n’ont nulle part où aller, où ils sont systématiquement tués avec des bombes « sur terre, en mer et dans les airs » n’est pas une situation de guerre. Il s’agit d’une expédition punitive. Et on n’achète pas d’oranges, on ne part pas en vacance, on ne vend pas d’armes et on je joue pas au football dans des compétitions de la UEFA avec des pays qui se sont rendus coupables de massacres et d’expéditions punitives.

Comme le déclarait Mads Gilbert, un médecin urgentiste norvégien qui travaille maintenant à l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza: « En tant que médecins, pour une fois, nous ne demandons aucun bandage ni seringue. Ne nous envoyez pas d’équipes médicales. La plus importante intervention médicale que vous pouvez faire c’est mettre Israël sous pression afin d’arrêter les bombardements ainsi que le blocus”.

Le silence de nos politiques belges

En tant que médecins, nous appelons nos politiciens à condamner clairement Israël pour les crimes contre l’humanité qu’il commet actuellemnt à Gaza et de faire suivre cette condamnation d’un embargo militaire et économique.

Nous rejoignons l’appel de nos collèges internationaux qui a été publié cette semaine dans la revue médicale internationale The Lancet, afin de clairement condamner la violence à Gaza.

Les négotiacions gouvernementales ont sans aucun doute leur importance dans cette période estivale, mais elles ne peuvent pas être utilisées comme excuse pour ne pas réagir contre l’injustice dans le reste du monde. Nous sommes déçus et indignés par le silence assourdissant de nos politiques sur la crise humanitaire dans la bande de Gaza.

Ne pas sanctionner le massacre qui est en cours à Gaza est moralement répréhensible. Israël ne peut pas continuer à constituer une tache aveugle dans notre conscience morale.

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