Piraterie sanglante : expulsion des étrangers, maintien en prison pour les Arabes israéliens

Israël est en train d’expulser la plupart, sinon tous, des activistes pro-palestiniens kidnappés par ses commandos de pirates en haute mer, lors de l’arraisonnement de la « flottille de la paix ».

Le gouvernement Netanyahou cherche à l’évidence à minimiser les conséquences politiques (la tension est semble-t-il assez forte entre certains membres de la coalition au pouvoir, certains au sein du soi-disant « parti travailliste » exigeant même la démission d’Ehoud Barak) et diplomatiques de l’acte de piraterie, constitutive d’un crime de guerre.

Plusieurs centaines de non-israéliens ont déjà été conduits à la frontière, qui du coté jordanien, qui à l’aéroport de Tel Aviv.

Du coup, il a bonne mine, le ministre israélien de la Sécurité publique, Itzhak Aharonovitch, qui déclarait avec une mâle assurance mardi que « chaque personne qui a levé la main sur nos soldats sera punie et la loi sera appliquée à la lettre« . Il parlait évidemment de la loi du plus fort, et non de la loi qu’observent ordinairement peuples civilisés… Mais en l’occurrence, le coup de force militaire se solde une fois de plus par un cuisant échec politique pour Israël, et c’est un peu le sauve-qui-peut.

Pendant que les activistes pro-palestiniens quittent Israël, jusqu’à la prochaine fois *, les familles du personnel diplomatique israélien à Ankara sont rapatriées en hâte, vu la tension qui s’est installée avec la Turquie, dont le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré qu’Israël devrait être « puni » pour ce « massacre » constituant « une attaque contre le droit international, la conscience de l’humanité et la paix mondiale ».  Et Erdogan d’ajouter : « Les déclarations de condamnation, sans autre contenu, ne suffisent pas… il doit y avoir des résultats ».

Du coup, le gouvernement israélien a lancé un véritable appel au boycott – car les Israéliens ne sont des adversaires résolus des boycotts, au nom des grands principes, que quand ils en sont les cibles – du tourisme turc. Il a en effet vivement conseillé aux Israéliens, qui sont nombreux à se rendre en Turquie chaque été, d’annuler leurs projets de vacances dans ce pays.

LEADERS ARABES ISRAÉLIENS MAINTENUS EN DÉTENTION

Si les étrangers enlevés par l’armée israélienne dans les eaux internationales de la Méditerranée vont retrouver rapidement leur patrie et leurs foyers, il n’en va pas de même pour Sheikh Raed Salah, dirigeant du Mouvement islamique en Israël (région nord) ; Sheikh Hamad Abu Daabes, son homologue pour la région sud; Muhammed Zeidan, Président du Haut Comité de Suivi pour les Citoyens Arabes d’Israël ; et Lubna Masarwa, du « Free Gaza Movement » et de l’Université Al Quds.

Dans les heures qui avaient suivi l’assaut sanglant, des rumeurs avaient circulé selon lesquelles Sheikh Raed Salah avait été tué ou gravement blessé. Cependant, lors de sa comparution devant le tribunal d’Ashkelon, mardi après-midi, il ne portait aucune trace visible d’une quelconque blessure. Le tribunal a décidé de le maintenir en détention, ainsi que les trois autres personnes citées ci-dessus.

Tous quatre ont été illégalement arrêtés par les commandos israéliens alors qu’ils se trouvaient à bord du Mavi Marmara.

Leur défense est prise en charge par le « Adalah Legal Center for Arab Minority Rights in Israël » [en] qui diffuse un document fort intéressant sur le droit maritime applicable dans cette affaire. [en]


* Les responsables de la « European Campaign to End the Siege on Gaza » (ECESG) ont fait savoir qu’ils ont actuellement recueilli assez de fonds pour préparer les trois premiers navires qui composeront la  « Flotille de la liberté 2 », qui devrait selon eux inclure un cargo plus grand que dans la première…

 

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