Pas de travailleurs chinois pour la colonisation de la Cisjordanie

Quand des travailleurs chinois en Israël ont une dette de 30.000 $ vis-à-vis de leur patron, ils sont otages de celui-ci… La spontanéité d'une telle déclaration d'amour devient pour le moins douteuse.

Israël veut recourir massivement à des travailleurs chinois pour accélérer la constructions de logements, notamment dans les colonies juives de Cisjordanie occupée. Mais le plan conçu par le Ministre israélien des Finances Moshe Kahlon se heurte à un petit souci diplomatique, rapporte Haaretz : le gouvernement de Pékin s’oppose à ce que ses nationaux travaillent dans les colonies illégales en Cisjordanie.

Quand des travailleurs chinois en Israël ont une dette de 30.000 $ vis-à-vis de leur patron, ils sont otages de celui-ci… La spontanéité d'une telle déclaration d'amour devient pour le moins douteuse.
Quand des travailleurs chinois en Israël ont une dette de 30.000 $ vis-à-vis de leur patron, ils sont otages
de celui-ci… La spontanéité d’une telle déclaration d’amour devient pour le moins douteuse.

Officiellement, le gouvernement chinois n’invoque pas de motivations politiques à son opposition, mais plutôt des questions de sécurité. Il n’en reste pas moins que le plan du gouvernement israélien, décidé il y a un an, est tenu en échec. L’objectif était d’augmenter le nombre de travailleurs étrangers dans le secteur de la construction de 8.000 dans un premier temps, puis de 15.000 à terme.

Le but est notamment d’accélérer la construction des logements réservés aux colons juifs, dans le cadre de la politique du fait accompli destinée à vider le soi-disant « processus de paix » de toute substance, et aussi de faire baisser le prix de revient de ces logements en exploitant une main d’oeuvre bon marché et pas susceptible de vouloir rester sur place après la fin de travaux. Mais en l’absence d’accord avec la Chine, l’objectif initial de recruter 8.000 ouvriers n’a pas pu être atteint.

Depuis 2011, selon Haaretz, Israël a conclu des accords bilatéraux avec la Thaïlande et le Sri Lanka pour ce qui concerne des travailleurs agricoles, et avec la Bulgarie, la Moldavie et la Roumanie pour des ouvriers de la construction. Des discussions sont en cours avec le Népal et le Sri Lanka à propos de main d’œuvre destinée au secteur des soins de santé.

e gouvernement israélien a changé sa politique concernant la main d’oeuvre étrangère après avoir été sévèrement critiqué par le Département du travail des Etats-Unis à propos des pratiques d’exploitation abusives. La volonté d’Israël est désormais d’encadrer l’utilisation de cette main d’oeuvre importée par des accords de gouvernement à gouvernement. Pendant des années, des sociétés privées israéliennes ont passé des contrats directement avec des firmes chinoises pour la fourniture de main d’oeuvre, et cela avait abouti à des pratiques violant sérieusement les droits élémentaires des travailleurs en question.

Selon des témoignages collectés par une ONG, certains Chinois étaient contraints d’acheter leur visa pour des montant pouvant atteindre 30.000 $. Ayant contracté une telle dette avant même leur premier jour de travail, ces travailleurs étaient en quelque sorte otages de leur employeur.

Ces pratiques semblent appartenir au passé. Mais voilà que Pékin exige que ses nationaux soient employés exclusivement sur le territoire israélien, à l’intérieur des « frontières de 1967« . Les constructions en Cisjordanie n’ayant représenté l’an dernier, selon les statistiques israéliennes officielles, que 3% du total des nouveaux chantiers de construction, les Chinois pourraient donc travailler sur 97% des chantiers…

Mais la restriction imposée par Pékin est politiquement indigeste, pour ne pas dire inacceptable, pour le gouvernement Netanyahou, qui refuse donc de conclure un accord sur cette base.

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