Panique en plein ciel

« Le 15 avril de cette année, je retournais en Israël sur un vol Alitalia en provenance de Rome. Environ quarante minutes avant d’atterrir à Tel-Aviv, le capitaine nous informa qu’Israël avait annoncé d’extraordinaires mesures de sécurité, restreignant son espace aérien en réponse à une menace inhabituelle et que, dès cet instant – nous nous trouvions toujours au-dessus de la Méditerranée – et jusqu’au moment où il nous serait permis de quitter le terminal, toute photographie était strictement interdite ; en outre, une fois au sol, nous devrions suivre les instructions du personnel de sécurité israélien.

Ma première pensée fut que Benjamin Netanyahou avait décidé d’attaquer l’Iran, bien que – ou peut-être parce que – la tendance apparente des jours précédents semblât pencher vers une solution pacifique, réelle et acceptable, au problème du projet nucléaire iranien. Après une seconde réflexion, toutefois, je décidai qu’une telle attaque était toujours quelque peu invraisemblable. Dans ce cas, que se passait-il ?

À l’atterrissage, nous fûmes détournés vers l’ancien Terminal 1, aujourd’hui déclassé, puis, après le contrôle des passeports, emmenés en bus vers le nouveau Terminal 3. La police et la police des frontières étaient partout, en grands nombres, et nous les vîmes bientôt arrêter un manifestant et le forcer à monter dans un véhicule de la police. C’est à ce moment qu’il me vint à l’esprit que la menace extraordinaire venue du ciel avait trait à l’arrivée en Israël de quelques douzaines de militants pacifistes venus d’Europe.

Ils allaient tenter, comme nous l’apprîmes plus tard, de se rendre à Bethléem, dans les territoires palestiniens, afin de protester contre les violations des droits de l’homme par Israël. »

Ceci est un extrait du livre de Peter Beinart « La crise du sionisme », publié récemment dans la «New York Review of Books». Et voilà donc ce que nous ne savions pas encore concernant le conditionnement de l’opinion à propos de la mission « Bienvenue en Palestine » !

A lire aussi sur le sujet : « La paranoïa d’Israël à propos des activistes propalestiniens. » de Gideon Levy.

Cette orchestration de la panique, de la peur et du mensonge me fait aussi penser à des scènes du documentaire « Defamation » (Diffamation) de Yoav Shamir. Des adolescents israéliens partent pour un voyage en Pologne pour visiter le camp d’Auschwitz. Un agent du Mossad les accompagne pendant le trajet. Dans l’autocar, il explique aux jeunes qu’ils ne peuvent faire confiance à personne, qu’ils viennent dans un pays hostile, habité par des gens hostiles et des antisémites et qu’ils ne peuvent surtout pas sortir de leur chambre d’hôtel.

Ci-dessous la première partie du documentaire (y inclus la préparation psychologique des jeunes au voyage – à 7’50).



Defamation de Yoav Shamir – partie 1 – 9

Le documentaire est découpé en 9 vidéos,  il vaut la peine d’être regardé en entier :


Defamation de Yoav Shamir – partie 2 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 3 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 4 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 5 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 6 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 7 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 8 – 9


Defamation de Yoav Shamir – partie 9 – 9

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