Nous avons pu amener Gaza au Caire

Le projet était magnifique : une marche internationale à Gaza le 31 décembre, pour commémorer, un an plus tard, les victimes de l’agression meurtrière de l’Etat israélien contre la population de Gaza et dire notre rejet du blocus inhumain qui coupe Gaza du monde, qui en fait la plus grande prison à ciel ouvert de la planète, qui affame la population, qui empêche toute reconstruction.

Nous étions 1.400 internationaux de 42 pays, débarqués au Caire à deux ou trois jours d’intervalles. Autant de marcheurs que de Palestiniens tués dans la sale guerre d’agression de 2009-2010.  Nous étions attristés, déçus et fâchés de ne pas pouvoir nous rendre à Gaza.

Mais nous avons réussi, tous ensemble, à mettre en place un magnifique mouvement de solidarité internationale contre le siège de Gaza, pour la libération et les droits nationaux du peuple palestinien.

Le fait de se retrouver ensemble, avec des militants venus du monde entier, porteurs du même message, résolu­ment pacifiques et, en même temps, déterminés est un énorme encouragement à continuer la lutte contre le colonialisme israélien et à faire progresser le mouvement du boycott.

Nous savions que notre possibilité d’atteindre Gaza était compromise. Avant notre départ, déjà, nous étions au courant du refus des autorités égyptiennes de nous laisser franchir la frontière. Mais nous voulions faire toutes les pressions nécessaires pour qu’elles reviennent sur  leur décision. Nous étions encouragés en ce sens par le message suivant du comité directeur de la marche :

«Nous sommes venus de trop loin pour nous contenter de faire du tourisme. Nous savons que notre créativité et notre flexibilité sont les outils les plus puissants, et nous explorons de nouveaux moyens de faire passer notre message et de maintenir la pression !

Dans le monde entier, il y a des gens qui observent et qui agissent pour que l’Égypte ouvre la frontière (…) Nous vous attendons avec impatience !».

C’est une première expérience d’une lutte commune, au même endroit, de délégations venues des quatre coins du monde pour soutenir un peuple victime de l’occupation et de la guerre. Cela ne s’est pas fait au moment de la guerre du Vietnam, ni pendant la guerre contre l’Irak.

Pendant six jours, il y a eu des manifestations politiques au Caire rassemblant un grand groupe d’interna­tio­naux : cela ne s’était jamais passé auparavant.

Actualisons :

  • Al Jazeera diffuse nos actions en direct.
  • Nous sommes à la une des journaux égyptiens (indépendants et d’opposition) pendant plusieurs jours. Une certaine « liberté de la presse » existe donc, mais on arrête aussi des journalistes qui prennent des photos et des cameramen à qui on a préalablement interdit de filmer…
  • Grâce à nos actions et la couverture médiatique, notre message est passé en Palestine, en Égypte, au Moyen-Orient, dans le monde arabe et ailleurs.

Ici, il n’y a eu quelques échos dans la presse, mais les gens ne sont pas vraiment au courant,  sauf les personnes intéressées, et celles issues de l’immigration arabe qui suivent quotidiennement les infos de la chaîne Al Jazeera.
C’est ce que j’ai constaté en écoutant mes amis arabes au retour : « On vous a suivis tous les jours. On avait la rage au ventre que vous ne passiez pas.»

Au fil des actions, de plus en plus de personnes au Caire savent pourquoi nous sommes là, et cela se sent dans la rue, dans les minibus, dans les hôtels…

Ils nous disent : « Gaza ? » et nous répondons : « Gaza ! ». Et de grands sourires complices apparaissent sur les visages. Pas besoin de connaître l’arabe pour communiquer.

On nous demande d’être photographiés avec l’un des leurs, et nous, un peu gênés, on accepte. A peine assis sur la place de la mosquée Hussein, avec nos keffiehs, nos pancartes « Free Gaza », ils nous prennent en photo avec leurs GSM, jusqu’à ce que la police arrive.

Même les jeunes policiers « venus brûler trois ans de leur jeunesse au Caire pour opprimer les leurs », comme le dit si bien Jean-Pierre Griez, ami marcheur, témoignent à des moments leur sympathie.

Un animateur d’Euro-Palestine, qui a eu des jeunes policiers en face de lui 24 h sur 24 témoigne : « Derrière leur sourire, on voit qu’ils soutiennent la cause, nos revendications…».

Certaines photos montrent d’ailleurs qu’ils auraient préféré draguer les jeunes manifestantes collées contre eux  pour essayer de gagner quelques centimètres de terrain que de « maintenir l’ordre »…
Et nous de crier dans les actions : « Le peuple égyptien avec nous…» « L’armée égyptienne avec nous…»

Le but principal de la police est de nous isoler de la population égyptienne. Mais cela, elle n’est pas arrivée à le faire. 1400 internationaux se promènent par petits groupes dans les métros (en naviguant entre les stations Sadat, Nasser, Moubarak…), dans les rues, se regroupent, se dispersent… et parlent avec des personnes connaissant l’anglais…

La police est partout à nous trousses (y compris devant et dans l’hôtel – certaines délégations n’ont même pas pu tenir leurs réunions). Mais nous apprenons vite à la semer.

Le 1er janvier, elle tente d’encercler nos hôtels, pour empêcher qu’on se regroupe à nouveau. Mais les organisa­teurs passent le message : « Quittez vos hôtels au plus vite…»

Il y a quelques heurts avec la police le 31 décembre près du musée, lorsque nous nous trouvons sur l’avenue près du musée, et que nous sommes refoulés vers le trottoir. Plusieurs personnes sont légèrement blessées, reçoivent des coups de poing au visage, une caméra est cassée.

Pour l’essentiel, la stratégie est de nous isoler. La première fois, c’est impressionnant de voir s’amener les camions avec les barrières en acier et les renforts de flics casqués. On pense : ils vont nous arrêter (même si c’est le prix que beaucoup d’entre nous sont disposés à payer). Mais on se rend vite compte que ce n’est pas le cas et qu’il ne faut pas surestimer les forces de répression. Les très nombreuses actions ont brisé l’interdiction de rassemblement de plus de six personnes.

Malgré certains (inévitables) manquements, malgré une surveillance policière très serrée, le comité directeur a très bien pu organiser les actions.

Nous avons passé une semaine très intense. En cinq jours, nous assistons à huit actions (le départ pour Gaza, six manifestations dont une occupation du « Free Gaza Square » pendant six heures et un meeting final) et sept réunions de groupe (de 50 à 70 personnes). D’autres actions et démarches ont eu lieu : 1.000 personnes devant les Nations unies, action pacifique au bord du Nil et à l’Union européenne.

Une délégation de Belges s’est également rendue auprès de l’ambassade belge. Ils y ont reçu un accueil particulièrement glacial. Reçus debout, le consul Romein conseille à la délégation d’annuler «le voyage» (comme si nous étions des touristes) et refuse de donner la moindre assurance que les autorités belges intervien­draient auprès de autorités égyptiennes en faveur de leurs ressortissants si ceux-ci rencontraient des problèmes. (Ils pourront toujours passer un coup de fil…).

Le 28 décembre, nous tentons de nous mettre en route pour Gaza. Avec l’aide d’amis égyptiens, les organisateurs trouvent une compagnie de cars qui ose braver les interdictions des autorités égyptiennes. On sort les bagages de l’hôtel, un premier bus arrive, mais la police l’empêche de partir. Puis un deuxième. De nouveau, l’attente avant de pouvoir démarrer…

Les tracasseries administratives à l’hôtel (refus de rendre les passeports) et au bus nous font penser aux Palestiniens qui subissent des situations pareilles quotidiennement.

Les bagages en main et l’espoir dans le cœur nous partons… pour être bloqués 80 km plus loin. 3 h d’attente. Il faut de nouveau donner les numéros de passeports des participants… pour être ramenés au Caire sous escorte peu après.

Nous n’avions pas imaginé le scénario du blocage au Caire. Nous pensions que nous serions retenus à la frontière et, pour cette raison, nous avions amené nos sacs de couchage, nos vêtements chauds pour passer les nuits dans le désert. Malheureusement, nous ne sommes même pas arrivés à Al Arish, une ville située à 200 km de la frontière, où d’autres internationaux, arrivés en avion, se sont retrouvés sans possibilité de bouger.

Déçu de cet échec, un petit groupe de notre délégation tente de partir de nouveau en minibus deux jours plus tard : même expérience, même retour. Certains tenteront jusqu’à dix (!) fois d’entrer : c’est toujours le même scénario.

Nous ne nous laissons pas abattre. Notre volonté reste intacte : arriver à Gaza. « We want to go to Gaza », crions-nous lors de la manifestation de solidarité avec les grévistes de la faim le 29 décembre. Et là, nous rencontrons pour la première fois Hedi Epstein, femme juive de 85 ans qui a entamé une grève de la faim et qui sera rejointe par 27 autres personnes, toutes nationalités confondues.

Hedi vivait en Allemagne avec ses parents pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ces derniers ont décidé d’envoyer leur fille de 14 ans en Angleterre, pour qu’elle échappe aux poursuites des nazis. Eux-mêmes sont morts à Auschwitz. Hedi sera présente à chaque action qui suivra.

C’est la première manif depuis notre arrivée : cela fait du bien d’être ensemble, de braver les interdits, de crier notre message dans toutes les langues, de chanter « Bella Ciao » avec les Italiens, « We will overcome » avec les Américains, ou « Nous sommes tous des Palestiniens » avec les Français (j’ai oublié la chanson qu’Eliane nous chantait en français).

Les cris « Viva, viva Palestina » sont en même temps des cris de solidarité avec le convoi de Georges Galloway (dont des jeunes Belges font également partie), également bloqué. Les grévistes de la faim demandent à d’autres délégations de participer à leur grève de la faim.

Ce même jour, Netanyahu est reçu au palais présidentiel, au cœur de la ville. A l’issue de l’entretien, le gouver­nement égyptien salue « les efforts de paix » de Netanyahu et, en particulier,  le « gel » de la colonisation (!) en Cisjordanie, qui n’inclut d’ailleurs pas Jérusalem.

Hosni Mubarak et Netanyahu se sont rencontrés dans le passé. Mais pas au Caire. Le président égyptien avait toujours insisté que les rencontres se fassent à Sharm-el-Sheikh, le plus loin possible des fortes concentrations de population égyptienne. Pour Uri Avnery,  l’invitation était de ce fait, un signe important de la volonté de rapprochement des relations.

«En guise de cadeau exceptionnel pour Netanyahu, Mubarak a accepté d’autoriser la venue de centaines d’Israéliens en Égypte pour prier sur le tombeau du rabbin Yaakov Abu-Hatzeira, mort et enterré dans la ville égyptienne de Damanhur voici 130 ans, alors qu’il avait quitté le Maroc pour se rendre en terre sainte. »

« Il y a là-dedans un aspect symbolique : le blocus, au même moment, des protestataires pro-palestiniens en route vers Gaza, et l’invitation aux Israéliens à se rendre à Damanhur. »

Le soir, nous sommes présents avec un groupe d’internationaux à une action du syndicat des juristes égyptiens.
Le très combattif syndicat des juristes avait déjà organisé un rassemblement pour Gaza avant notre arrivée, et avait déjà dû affronter la police antiémeute et ses gaz lacrymogènes.

C’est très émouvant d’entendre les voix combinées des Égyptiens et des internationaux.  Je m’y sens vraiment très bien. Pas mal de femmes sont présentes. Plus de police aussi. Une très grande combativité. Un mégaphone qui circule de main à main… Des hommes, des femmes, qui lancent de réels récitals de slogans pour Gaza, pour la Palestine, contre Netanyahu, contre Obama, contre Moubarak… Notre présence les protège au moment même mais, par après, nous apprenons qu’il y a eu des arrestations.

Un orateur égyptien lance un appel pour continuer la mobilisation contre le mur d’acier que l’Egypte est en train de construire (avec l’aide des EU et de la France) le long de la frontière de Gaza.
Le but est d’isoler encore plus les Palestiniens de Gaza et de renforcer le blocus. Plus rien ne pourra passer par les tunnels (le « poumon » de Gaza : la seule façon de faire entrer des vivres et des médicaments).

Le lendemain matin, au petit déjeuner, un participant flamand me dit : « Est-ce qu’on n’avait pas décidé que tu participais à la grève de la faim ?… » Mais les événements nous poussent vers l’avant. Ce matin-là : nouvelle réunion, après quoi nous décidons de partir avec un  groupe important à l’ambassade de France. Marche forcée de plusieurs kilomètres (certains apprécient, n’est-ce pas, Ludo ?). J’arrive les pieds cassés. Mais c’est vite oublié, quand nous voyons l’action des 300 Français d’Euro-Palestine campant sur le trottoir.

Le 27 décembre, après trois heures d’attente, quand leurs bus ne sont pas arrivés, et que le permis leur est retiré, les Français décident de bloquer l’avenue qui passe devant l’ambassade. Repoussés sur le trottoir, encerclés par les policiers, ils sont contraints de prendre leur sac de couchage et de dormir sur place. Le trottoir de Ghize (le quartier) devient un lieu d’action, qu’un orateur du meeting final appellera « le visage ouvert de la Gaza Freedom March ». Ghize symbolisera aussi par après Gaza : avec deux points de passage possibles, Eretz au nord, Rafah dans le sud.

L’action des Français devant l’ambassade suscite l’enthousiasme de beaucoup d’entre nous  et de beaucoup d’autres délégations, comme nous pouvons le voir sur la vidéo ci-dessous :

Louisa Morgantini (ex-vice présidente du Parlement européen) : « Votre détermination est fantastique, nous devons rester unis dignement, comme le peuple palestinien qui lutte depuis des années. » Ou cette Juive américaine, que nous rencontrons aussi devant l’ambassade israélienne : « Quand on voit leur militantisme et leur unité, cela inspire beaucoup les autres délégations. La détermination des participants français continue d’être une voix pour briser le siège. » Et le « Ministère des Affaires populaires (un groupe de Lille) de chanter : « Tu sais, tu sais, la Palestine ne se soumettra jamais. » Qu’ils soient jeunes ou vieux (voir le témoignage d’un « jeune » de 82 ans ou la présence de Monseigneur Gaillot) : les Français d’Euro-Palestine montrent la voie.

Le soir, il y a une action surprise des Belges, Français et Luxembourgeois de notre hôtel, près de la mosquée Al Husseyn, qui est également un lieu touristique. Avec nos bougies, nos pancartes faites sur place, notre calicot, nous disons : « Non au blocus de Gaza ». Grande sympathie des Égyptiens mais, malheureusement, sans la présence de la presse. La police poursuit un groupe de manifestants jusqu’au métro, où elle est semée.

En rentrant, nous voyons une ambulance devant l’hôtel. Renée-Marie, militante française pour la Palestine, a eu une crise cardiaque. Elle décédera dans la nuit. Dans son dernier acte de solidarité.

Jeudi 31 décembre. Ce jour-là, nous aurions dû être à Gaza, pour la marche. Ceci n’étant pas possible, nous décidons de faire la « Gaza Freedom March » au Caire. RV au musée. Par petits groupes, les marcheurs arrivent, prennent la rue. C’est là que les casqués arrivent, nous poussant sur le trottoir. Nous resterons six heures à l’endroit baptisé « Free Gaza Square », criant des slogans sans relâche.

Un accordéon apparaît, un tambour, on danse. On chante. Un coin WC se met en place, un coin médical pour les blessés, un coin objets perdus. Des amis apportent de l’eau bien fraîche. On se met un cercle : des membres de toutes les délégations prennent la parole. On se sent bien. Démocratie directe : après 6 h  d’occupation, on se réunit par nationalité. Le comité directeur se rencontre après. Et Mick Napier, syndicaliste écossais que j’appelle le « D’Orazio pour Gaza » (et qui est mandaté par son organisation syndicale), demande notre avis : « Le comité directeur propose d’arrêter l’action ici, car demain nous voulons encore faire autre chose. Mais, si la majorité d’entre vous décide de rester, nous restons… ». Un vote à main levée est organisé. La majorité décide de lever l’occupation.  On va manger un petit bout avec le groupe de Belges qui est encore là. Certains décident de rejoindre le RV pour passer ensemble le cap du nouvel an.
D’autres (dont moi) sont trop fatigués et vont se coucher.

1er janvier : « Sana saïda » – bonne année.

Nous l’avons très bien commencée, cette nouvelle année : avec une action surprise devant l’ambassade d’Israël.
Nous partons à plusieurs à un nouveau RV. Avec les minibus jusqu’à la prochaine station métro (il n’y a que 2 lignes pour une ville de 20 millions d’habitants !). Nos hommes commencent à bien faire attention maintenant aux rames : certaines sont uniquement réservées aux femmes !

Nous nous regroupons juste avant que la police n’arrive. L’ambassade se trouve au 19e étage. « Boycott Israël », notre premier slogan de l’année. Remarquable : la présence de nombreuses délégations juives antisionistes. Les organisateurs font un accord avec la police : nous resterons pendant trois heures. A la dislocation, nous nous dirigeons en petits groupes vers le centre. Surprise, surprise, nous sommes bloqués par des policiers sur un des ponts sur le Nil.

Nous traversons la route (plusieurs bandes où on roule à grande vitesse, et où risque sa vie en permanence). Accident entre deux voitures. Sur l’autre bord : un seul policier, qui n’arrive évidemment pas à nous arrêter.

Le soir : meeting final de Gaza Freedom March. Nous occupons la place Tahrir. Pas besoin de demander des autorisations, nous commençons à prendre des habitudes… Des personnes circulent avec des plateaux de douceurs égyptiennes.

Le meeting est très émouvant. Une jeune Palestinienne de 11 ans des Pays-Bas raconte comment elle a été battue la veille et exprime son désir d’aller à Gaza. Les organisateurs, aux visages de toutes les couleurs (venant de l’Inde, de l’Afrique du Sud, des Amériques ou de l’Europe – les syndicalistes sont nombreux), qui nous deviennent familiers (le syndicaliste écossais : « we must keep in touch »), nous adressent la parole. Hedi aussi. (Ferai-je la même chose quand j’aurai 85 ans ?)

Tout le monde peut prendre la parole. « Nous avons fait une grève de la faim, dit un ténor italien, mais les Palestiniens sont forcés à la grève de la faim tous les jours. » J’apprécie l’autocritique le l’organisatrice de Code Pink (à la base du mouvement), à propos des 2 bus qui sont finalement partis à Gaza. Décision prise à la hâte et qui a suscité beaucoup de discussions.

Et on nous présente une base commune pour agir ensemble dans le monde entier : la déclaration du Caire : 
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7913

Cette déclaration, faite à l’initiative du syndicat sud-africain Cosatu fait un parallèle entre l’ancien régime d’apartheid de Pretoria et la politique de discrimination et de ségrégation de l’État d’Israël. Il propose un plan mondial d’action unifié pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions pour contraindre Israël à se conformer au droit international. « Let’s fight where we are strong, and they are weak.»

Après ce meeting, il y a une dernière réunion des différentes délégations. C’est notre copine Ria Cabus qui représente le groupe. A son retour, dans le café où nous buvons un dernier verre ensemble, nous apprenons que « Gaza Freedom March » va créer une structure, un site et continuer la mobilisation sur base de la déclaration du Caire.

La marche a créé des liens entre des militants très divers du monde entier. 
Bien sûr, dans ce mouvement, il y avait beaucoup de composantes, beaucoup d’idées, de stratégies différentes. Mais j’ai bien aimé cette réflexion d’un organisateur à ce meeting final : « Qui peut nous dire quelle stratégie est la meilleure ? »  La situation en Palestine et au Moyen Orient est tellement complexe et tellement grave que tous les soutiens sont nécessaires. L’importance de la déclaration finale est d’avoir tracé un axe sur lequel tout le monde peut s’unifier.


Marche pour Gaza : jours 4 et 5 par belkacem_93

En dehors des actions, c’est aussi en mangeant ensemble un falafel, en partageant nos galettes et nos mandarines, ou devant un café serré dans les petites rues du Caire, que nous avons  noué de nouvelles amitiés. Dans notre groupe de Belges et de Luxembourgeois (et avec de nombreux amis français), il y avait des sensibilités différentes. Les uns préférant les actions plus soft, d’autres les actions plus combatives. Les uns les négociations, les autres l’action directe (ce qui n’est pas toujours contradictoire).
Mais c’est en respectant nos différences et la liberté d’action, que nous sommes restés un groupe soudé et uni, prêt à continuer ensemble le travail de solidarité pour la Palestine.

Ce sera plus que nécessaire, vu les nouveaux appels à la guerre de l’État israélien

Myriam De Ly
Le 10 janvier 2010.

 

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