Mise en garde par son ministre des transports, la Deutsche Bahn se retire d’un projet israélien

La « Deutsche Bahn« , l’opérateur des chemins de fer en Allemagne, s’est retiré d’un projet israélien dont le tracé empiète sur le territoire palestinien. Le Financial Times, souligne qu’il s’agit là d’une victoire importante des activistes pro-palestiniens de Berlin, dans le cadre de la campagne internationale BDS.

La Deustche Bahn participait, par le biais d’une de ses filiales spécialisée dans le « consulting » sur le marché international, au projet d’électrification de la ligne ferroviaire reliant Tel Aviv à Jérusalem, dont il s’agit aussi de faire une ligne à grande vitesse, ce qui implique d’en modifier le tracé.

Dans son nouveau parcours, la ligne « mord » de 6 km sur le territoire de la Cisjordanie, où une fois de plus l’occupant vole des terres et détruit des habitations. Or, il est inutile de préciser que la ligne de chemin de fer en question sera principalement, voire uniquement, utilisée par des Israéliens, puisque les Palestiniens résidant en Cisjordanie ne peuvent pas circuler librement en dehors de ses limites (ni même, d’ailleurs, à l’intérieur) et qu’en plus dès qu’ils en sortent les occupants en profitent pour révoquer leur droit de séjour dans leur propre patrie : 140.000 Palestiniens ont ainsi été « discrètement » expulsés de leur pays : voir les informations récemment publiées ICI (en bref) et LA (en anglais).

Tout comme DEXIA n’admet pas ouvertement se retirer du marché israélien pour des raisons « politiques » (à savoir le respect du droit international humanitaire, ce qui est considéré comme « politique » alors que sa violation c’est juste du business…), la Deutsche Bahn se refuse à préciser les raisons de son retrait de ce projet, se contentant d’indiquer qu’elle a « fait savoir aux promoteur du projet qu’elle ne leur fournirait plus de services dans le cadre de ce projet« .

Pour le Financial Times, toutefois, la nature de ces raisons ne fait pas de doute, puisque l’implication de la Deutsche Bahn dans ce projet a suscité des critiques émanant  de l’intérieur même du gouvernement allemand, ainsi qu’il ressort d’une lettre adressée par le ministre allemand des transports à un parlementaire.

Dans cette lettre, le ministre indique que le gouvernement de Berlin a fait valoir auprès de la Deutsche Bahn que son implication dans le projet en question est « problématique du point de vue de la politique extérieure » de l’Allemagne, et « constitue potentiellement une violation de la légalité internationale« .

Un point de vue que les dirigeants de DEXIA, qui n’ont pas l’air de prendre trop au sérieux les avertissements qui leur ont été adressés lors de l’A.G. de leurs actionnaires, feraient bien de méditer.

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