L’université de Johannesbourg ne rompt pas, mais pose un ultimatum

Le « sénat » de l’Université de Johannesbourg (Afrique du Sud) devait examiner mercredi une proposition – appuyée par Desmond Tutu – visant à rompre tous les liens avec l’Université Bel Gourion. La question, manifestement, divisait le corps professoral.

Finalement, un compromis est intervenu en son sein : il n’y a pas eu de vote sur la proposition de boycott académique d’Israël, et l’Université de Johannesbourg adresse à ses partenaires de l’Université Ben Gourion une sorte d’ultimatum : si ceux-ci veulent maintenir leurs liens de coopération avec leurs homologues sud-africains, avec qui ils mènent notamment des programmes de recherche dans le domaine des biotechnologies et des techniques de purification de l’eau, ils ont six mois pour lancer une coopération substantielle avec les université palestiniennes sur des projets de recherche.

Le vice-chancelier de l’Université de Johannesbourg, Adam Habib, a déclaré – selon Haaretz – que cette décision “reflète les valeurs” de son université. “Nous croyons à la réconciliation”, a-t-il dit, “et nous aimerions amener l’Université Ben Gourion et les université palestiniennes à s’engager ensemble au bénéfice de tous”.

Les relations entre l’Université Ben Gourion est le monde académique sud-africain remontent à l’époque de l’apartheid, durant laquelle les Israéliens et le gouvernement sud-africain blanc entretenaient les meilleures relations, sur base d’une proximité idéologique assez évidente. L’Université Ben Gourion avait passé des accords de coopération avec le “Rand Afrikaans University”, exclusivement réservée aux blancs, en 1987. L’Université de Johannesbourg a quant à elle été créée en 2005, et a intégré une série de campus, dont la “Rand Afrikaans University”, mais aussi une université située dans le “township” noir de Soweto.

Les accords avec l’université Ben Gourion font donc partie de l’héritage du régime d’apartheid.

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