Lieberman infréquentable. Parce que c’est un fasciste ? Non, il est mal élevé, c’est tout

Qu’est-ce qu’on peut reprocher à Avigdor Lieberman ?

D’être à la tête d’un parti authentiquement fasciste ?
D’être raciste et d’imprégner la politique extérieure d’Israël de ces “valeurs” ?
D’applaudir bruyamment chaque fois que les colons de Hébron ou d’ailleurs font couler du sang palestinien ?
De se livrer à une surenchère permanente avec son compère Netanyahou pour s’assurer qu’il ne puisse en aucun cas y avoir un accord de paix honorable avec les Palestiniens, tout en s’employant bien entendu à faire porter à ceux-ci la responsabilité de cet “échec” (qui en fait est pour lui un succès) ?

Vous n’y êtes pas du tout.

Kouchner et Lieberman
Bernard Kouchner et Miguel Moratinos entourent Lieberman de leur chaude affection

Ce que les plus éminents représentants de la diplomatie européenne reprochent à Lieberman, en compagnie de qui ils ne rechignent pourtant pas à se faire photographier, c’est qu’il est mal élevé.

«Occupez-vous de résoudre d’abord vos propres problèmes en Europe avant de venir nous faire des reproches. Peut-être qu’à ce moment-là je serai plus ouvert à vos suggestions», leur a dit ce grossier personnage, selon la presse !

Vous vous rendez-compte ? Qui sait, peut-être qu’à table, il s’essuie la bouche avec la nappe, ou qu’il se mouche dans les rideaux au Quai d’Orsay ? Peut-être même qu’il pète et qu’il rote en public ? La presse nous cache toutes ces choses primordiales.

En regard de toutes ces horreurs mondaines, qu’importent les morts, les blessés, les vies brisées, les terres volées, les récoltes détruites, les enfants terrorisés, les milliers de prisonniers politiques, les violations routinières des droits humains, le mépris absolu affiché pour la légalité internationale sous toutes ses formes, des conventions de Genève aux traités passés avec l’Union Européenne… qu’importe en un mot tout ce que la diplomatie européenne accepte, tolère, voire encourage au nom de cette fiction qui veut qu’Israël soit “la seule démocratie au Moyen-Orient”.

Bref, pour la diplomatie européenne, incarnée par MM. Kouchner et Moratinos, deux de ses plus beaux fleurons, qu’Israël soit un état d’apartheid * passe encore, mais que ce soit avec grâce et distinction !

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