Les services de “sécurité” de l’A.P. ont triplé leur activité au service de l’occupant

Vendredi, des partisans palestiniens de Samer Issawi brûlent des pneus lors de heurts avec les troupes à proximité d’Ofer, une prison militaire israélienne située près de Ramallah. Photo : AP.

Selon l’armée israélienne d’occupation, les “services de sécurité” palestiniens réalisent 40% des arrestations de “suspects d’activités terroristes”, rapporte le quotidien Haaretz.

Au cours des trois dernier mois, ces services ont triplé le volume de leurs activités, ce qui a permis à l’armée d’occupation israélienne de moins souvent pénétrer dans les confettis de territoires où c’est l’Autorité Palestinienne (A.P.) qui fait son boulot.

Les services “de sécurité” de l’A.P. – entendez : de la sécurité d’Israël et de l’oligarchie palestinienne au pouvoir, la population palestinienne n’ayant quant à elle droit à aucune forme de “sécurité” – sont responsables d’environ 40% des arrestations de “suspects d’activités terroristes” en Cisjordanie au cours des derniers mois, selon des données officielles présentées récemment au gouvernement israélien par des officiers supérieurs du commandement central de l’armée.

Cela représente une augmentation spectaculaire de l’activité des services palestiniens de contre-terrorisme. Jusqu’il y a environ trois mois, ils n’effectuaient qu’environ 10% des arrestations de ce type.

Par conséquent, l’armée d’occupation a réduit ses propres activités dans la “zone A” (où selon les “Accords d’Oslo” l’A.P. est supposée assumer la totalité des responsabilités, ce qui n’a jamais empêché les militaires israéliens d’y opérer quand et comme bon leur semble). La “zone A” comprend les sept grandes villes de Cisjordanie, à savoir Jénine, Qalqiliya, Tulkarem, Naplouse, Ramallah, Bethléem et Hébron et couvre ±20 % du territoire de la Cisjordanie et 55% de sa population.

A partir d’octobre 2015, soit le début de ce qu’on a appelé par commodité “l’intifada des couteaux”, l’armée israélienne a pénétré presque quotidiennement dans la “zone A” et elle a conduit des centaines d’interventions chaque mois dans les principales villes palestiniennes. Mais le nombre d’attaques ayant décliné tandis que les forces de l’A.P. augmentaient leur “productivité” au service de l’occupant, l’armée israélienne n’a plus effectué “que” “quelques douzaines” d’interventions en “zone A” au cours du dernier trimestre.

Le Ministre israélien de la Défense Guerre, Moshe Ya’alon a estimé que “cela n’a rien à avoir avec la diplomatie, il s’agit de la sécurité. Si ils veulent faire le boulot, pourquoi pas ? Ce qu’ils ne feront pas, nous devrons le faire, mais il n’y a pas de situations dans lesquelles nous nous abstiendrons complètement d’entrer en ‘Zone A’. Ce type d’incursions dépendra de leur activité. S’ils en font moins, nous en ferons plus, s’ils en font plus, nous en ferons moins”.

On ne peut dire plus clairement et avec moins de détours que l’Autorité Palestinienne s’est mise au service de l’occupant. Ces propos du ministre sont confirmés par le porte-parole de l’armée, qui déclare que “la coopération sécuritaire correspond à un besoin commun et est importante pour les deux parties”.

Depuis le début d’octobre 2015, l’armée israélienne a arrêté environ 2.500 Palestiniens soupçonnés d’être impliqués dans des “activités terroristes” ou dans leur préparation. Environ 700 d’entre eux ont été maintenus en prison sous le régime de la “détention administrative”, ce qui signifie qu’aucune accusation formelle ne leur est notifiée, qu’il leur est donc impossible de se défendre puisqu’ils ne savent pas ce qui leur est reproché, et que leur détention peut se poursuivre indéfiniment sans jugement.

L.D.


Source : Gili Cohen dans Harretz

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