Les “nouveaux Israéliens” devront prêter serment de “loyauté”, mais seulement s’ils ne sont pas juifs

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche une modification de la loi israélienne sur la citoyenneté, qui prévoit que les nouveaux citoyens israéliens soient obligés de prononcer un serment d’allégeance à « l’État juif et démocratique d’Israël « . Mais seulement à la condition qu’ils ne soient pas juifs.

C’est donc une nouvelle discrimination ethnique, voire raciale, que le gouvernement israélien entend faire entrer dans la législation, déjà bien fournie en la matière. Il y a en effet au minimum une bonne quinzaine de loi israéliennes qui accordent explicitement des droits aux Juifs que les autres de ses citoyens n’ont pas.  Ce qui n’a pas empêché Netanyahou de proclamer que “Juifs et non-juifs jouissent d’une pleine égalité de droits”.

Il n’y a aucune autre démocratie au Moyen-Orient”, a-t-il encore déclaré, selon Haaretz. “Il n’y a aucun autre État juif dans le monde. La combinaison de ces deux nobles valeurs exprime le fondement de notre vie nationale et tous ceux qui voudraient se joindre à nous doit reconnaître ce fait”.

Rappelez-vous de ce jour, écrit pour sa part Gideon Levy. C’est le jour où Israël peut modifier sa nature. En conséquence, elle peut aussi changer son nom pour s’appeler République juive d’Israël, comme il y a la République islamique d’Iran”.

Désormais, poursuit Gideon Levy, nous allons vivre dans un pays officiellement ethnocratique, théocratique, nationaliste et raciste. Toute personne qui pense que cela ne l’atteint pas est dans l’erreur. Il ya une majorité silencieuse qui accepte cela avec une apathie inquiétante, comme pour dire : «Je me fiche de ce pays où je vis » . De même, toute personne qui pense que le monde continuera penser à Israël comme à une démocratie après l’adoption de cette loi ne comprend pas de quoi il s’agit”.

Gideon Levy rappelle qu’au cours de sa prochaine session le parlement israélien examinera non moins de 20 textes de loi antidémocratiques, parmi lesquels une loi sur la “loyauté” pour les membres de la Knesset (pour exclure les députés élus par la minorité arabe), une loi sur la “loyauté” pour la production cinématographique (pour censurer les cinéastes non sionistes), une loi sur la “loyauté” pour les organismes sans but lucratif (afin d’interdite les ONG qui soutiennent la lutte des Palestiniens);  une loi qui vise à interdire de célébrer les anniversaires de la “Nakba” (la “catastrophe”, c’est-à-dire l’expulsion en masse de la population arabe en mai 1948), une visant à interdire tout appel au boycott et à permettre à ceux que de tels appels viseraient de réclamer des dommages-intérêts, un projet de loi pour la révocation de la citoyenneté…

Certes, poursuit-il, pour le moment, c’est une question vide, un slogan ridicule. Il n’y a pas trois Juifs qui pourraient se mettre d’accord à propos de savoir à quoi ressemble un État juif, mais l’histoire nous a appris que des slogans vides, aussi, peuvent ouvrir la voie vers l’enfer”. Et de prévoir que la décision du gouvernement Netanyahou est de nature à transformer Israël en “une théocratie digne de l’Arabie saoudite”, ses premiers effets étant d’élargir le fossé entre les Arabes d’Israël et le reste de la population.

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