Les marchands d’armes israéliens profitent énormément de la “crise des réfugiés” et du terrorisme en Europe

Les exportations d’armes d’Israël ont atteint 6,5 milliards de dollars en 2016, ce qui représente une augmentation de 800 millions de dollars par rapport à l’année précédente, selon les données de Sibat, l’organisme du Ministère de la guerre israélien chargé des exportations d’armes, que publie Haaretz.

Une batterie de missiles anti-aériens montés sur un Hummer. (Ph. Rafael Advanced Defense Systems)

Les ventes d’armements israéliens à destination de l’Europe progressent chaque années depuis quatre ans, et plus particulièrement depuis 2014. En 2016, elles ont atteint un niveau jamais vu auparavant. Même si l’Asie (avec 2,6 milliards de dollars d’achats) reste le plus gros client des industriels israéliens de l’armement, l’Europe est devenue un marché clé, notamment – si on en croit le directeur de Sibat, Michel Ben-Baruch – en ce qui concerne le contre-terrorisme, la “protection des frontières” et la “lutte contre les infiltrations”.

Michel Ben-Baruch a admis, explique Haaretz, que l’industrie israélienne a bien tiré profit(s) de la “crise des réfugiés” en Europe, provoquée par les guerres au Moyen-Orient dans lesquelles Israël joue le rôle catastrophique que l’on sait. Il en va de même des actes terroristes, qui ont poussé les États européens à augmenter leurs budgets de défense.

Au cours des années précédentes, les statistiques concernant les exportations vers l’Europe avaient été quelque peu biaisées en raison de la conclusion de grands contrats négociés entre États (comme un satellite vendu à l’Italie). Aucun contrat de ce type n’a été conclu en 2015 et 2016, de sorte que l’accroissement des ventes – 724 millions en 2014 à comparer avec 1,79 milliard en 2016 – reflète réellement une augmentation de la demande européenne pour des produits et des technologies israéliennes. Les ventes ont été stimulées par les attaques terroristes visant des pays européens et par la participation des armées de ces pays à la lutte contre l’“État islamique”. Dans une certaine mesure, deux faces de la même médaille…

En 2016 Israël a aussi fait son entrée, à l’exportation, sur le marché de la cyber-défense, en proposant des technologies utilisées notamment pour la protection des “smart cities”, en intégrant “l’internet des objets” dans tous les aspects de la gestion des villes.

Les exportations israéliennes vers la zone Asie-Pacifique ont donc atteint 2,6 milliards de dollars (+300 millions de dollars par rapport à 2015), 1,8 milliard de dollars vers l’Europe, 1,3 milliard de dollars vers l’Amérique du Nord, 600 millions vers l’Amérique latine et 275 millions vers l’Afrique (+70% par rapport à 2015).

 

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