Les enfants israéliens au garde-à-vous dès le berceau

A partir du mois de septembre, l’hymne national « Hatikva » et les « symboles de l’État » feront irruption dans les garderies et les jardins d’enfants israéliens.

Telles sont les instructions du  ministre israélien de l’éducation : les bambins assisteront à un lever du drapeau à l’étoile de David une fois par semaine, et pour la prochaine fête nationale « tous les enfants devront connaître les paroles de l’hymne national ».

Enfin, « tous les enfants »… pas tout à fait. Parce que ces instructions ne seront pas applicables dans le « secteur arabe ».

Car si l’objectif de cette réforme est d’accentuer – c’est parfaitement officiel – l’endoctrinement sioniste des petits israéliens dès leur plus jeune âge (sans aucunement faire référence aux notions de démocratie ou de citoyenneté), c’est aussi un moyen nouveau imaginé par le gouvernement pour signifier aux familles du « secteur arabe » qu’elles ne sont que des citoyens de seconde zone, pas vraiment chez elles dans « l’État juif ».

Commentaire du Professeur Gabi Solomon, de l’Université de Haifa, et titulaire d’un « Prix Israël pour l’éducation » : « il semble y avoir une compétition au sein du Likoud pour savoir qui est capable de nous pousser le plus vite dans les bras du fascisme » (Haaretz).

Le Professeur Yaron Ezrahi, professeur de sciences politiques à l’Université Hébraïque de Jérusalem a pour sa part choisi l’ironie. Il propose qu’à leur naissance, les jeunes Israéliens soient désormais enveloppés immédiatement dans un drapeau israélien et non plus dans une étoffe blanche, et que dans les « salles de travail » des maternités l’hymne national soit en permanence joué en musique d’ambiance.

Les initiatives nationalistes délirantes du Ministre de l’Éducation ne se limitent pas à cette histoire de drapeau. Entre autres choses, il veut par exemple que tous les écoliers « adoptent » un soldat mort (une idée piquée à Sarkozy, qui voulait que chaque élève de France « adopte » une victime de la « Shoah »), et que tous visitent le « Tombeau des Patriarches » à Hébron (côté synagogue, évidemment, pas côté mosquée) et des sites archéologiques supposés prouver le droit d’Israël à annexer Jérusalem et ses environs…

 

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