Les colonies israéliennes, des crimes de guerre passibles de la Cour internationale de Justice, selon un rapport de l’ONU

Israël doit cesser immédiatement de créer des implantations et de bâtir à l’intérieur de celles-ci et il doit entamer le retrait de ses colons dans les territoires palestiniens. C’est ce qu’a déclaré une commission d’enquête des Nations unies dans un rapport publié jeudi.

La commission, chargée en mars par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’établir les faits sur place, conclut que les implantations ne cessent quotidiennement de violer les droits des Palestiniens.

Dans une conférence de presse, Christine Chanet, le juge français dirigeant la commission, a invité Israël à mettre un terme immédiatement à toutes ses activités dans les colonies et à indemniser complètement tous les Palestiniens qui ont été les victimes de ces violations des droits de l’homme consécutives aux implantations.

La commission qui, outre le juge Chanet, est également constituée d’Asma Jahangir, du Pakistan, et de Unity Dow, du Botwnana, présentera ses conclusions le 18 mars au Conseil, qui compte 47 États membres. Dans le rapport déjà rendu public entre-temps, la commission déclare que les implantations sont en contradiction avec la Convention de Genève de 1949, qui interdit le transfert de population civile dans des territoires occupés. Il est possible qu’il s’agisse d’un crime de guerre tombant sous la juridiction de la Cour internationale de justicea précisé la commission.

Les enquêteurs ont interviewé plus de cinquante personnes qui donné des témoignages sur la confiscation des terres, les dégâts provoqués aux propriétés et cultures, telles les oliveraies, la violence organisée par les colons juifs. Pour ce faire, les témoins se sont rendus en Jordanie, du fait qu’Israël a interdit toute collaboration avec la commission.

« La commission estime que toute cette violence – et ces intimidations – envers les Palestiniens et leurs propriétés vise à chasser la population locale de ses terres et à donner la possibilité aux implantations de s’étendre », précisé le rapport. Le ministère israélien des Affaires étrangères a immédiatement balayé le rapport d’un revers de main comme « malencontreux et contreproductif ». « La seule façon de résoudre tous les problèmes entre Israël et les Palestiniens, y compris la question des implantations, réside dans les négociations directes », a déclaré Yigal Palmor, le porte-parole du ministère. « Le Conseil des droits de l’homme s’est malheureusement distingué à plusieurs reprises par son approche et sa position unilatérales systématiques à l’égard d’Israël. En voici un nouvel aperçu. »

Hanan Ashrawi, un haut fonctionnaire de l’OLP s’est dit satisfait du rapport. « C’est incroyable. Nous nous sentons confortés par les descriptions ‘franches et tranchantes’ des violations du droit par les Israéliens. Ce rapport établit clairement qu’Israël enfreint non seulement la Quatrième Convention de Genève, mais qu’il tombe sans doute également sous le Statut de Rome et sous la juridiction de la Cour internationale de justice. »

La publication du rapport a d’ailleurs eu lieu un jour après qu’Israël – et c’est le tout premier État à l’avoir jamais fait – s’est soustrait à l’examen périodique de la situation des droits de l’homme par le Conseil des droits de l’homme de Genève. L’an dernier, Israël a annulé toute collaboration avec ce conseil.


Publié sur Abu Pessoptimist, le 31/1/2013.
Traduction pour ce site : JM Flémal.

 

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