Les appétits financiers de la municipalité de Jérusalem et de l’État provoquent la fermeture sine die de l’église du Saint-Sépulcre [+MàJ]

L’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, est fermée jusqu’à nouvel ordre, en protestation contre les mesures prises par les autorités israéliennes à l’encontre des églises .  C’est la première fois depuis 1948 qu’une telle mesure est prise par l’église orthodoxe grecque, l’église apostolique arménienne et l’église catholique romaine, qui se partagent la gestion du lieu.

Mise à jour :

Les mesures de la ville de Jérusalem et du gouvernement israélien à l’origine de la crise ayant été suspendues l’église a ouvert ses portes comme de coutume après trois jours. Le problème reste cependant entier, les mesures étant suspendues et non annulées


Les dirigeants des églises chrétiennes de Jérusalem ont annoncé cette décision dimanche, alors qu’une commission ministérielle a été mise sur pied pour débattre d’une loi qui autoriserait l’État d’Israël à exproprier des terres situées à Jérusalem vendues par l’Église orthodoxe grecque et l’Église catholique depuis 2010. 

Les églises ont également proteste avec force contre la nouvelle politique de la municipalité de Jérusalem qui entend réclamer des arriérés de taxes sur les propriétés des différentes églises et des institutions des Nations Unies (887 immeubles au total, abritant des bureaux, des écoles etc…), à hauteur d’un total de 186 millions de dollars. Elles accusent les autorités israéliennes de violer les accords internationaux, qui exemptent les églises et les institutions de l’ONU de toute taxe municipale. La municipalité considère que cette exemption ne doit s’appliquer qu’aux bâtiments directement affectés à l’exercice d’un culte ou l’enseignement d’une religion.

Une banderole sur la façade de l’église du Saint Sépulcre à Jérusalem : “Assez c’est assez – Stop aux persécutions contre les églises”


La municipalité de Jérusalem a déjà confisqué des comptes bancaires de plusieurs églises, disant qu’elle avait saisi 7,2 millions de shekels de l’église anglicane, 2 millions de shekels de l’église arménienne, 11 millions de shekels de l’église catholique et 570 000 shekels de l’église orthodoxe grecque, pouvait-on lire dans Haaretz il y a quelques jours.

L’exemption de taxes municipales au bénéfice des églises est d’application depuis l’époque de l’empire ottoman, elle a été maintenue pendant la période du mandat (colonial) britannique, ainsi que pendant la période jordanienne, et jusqu’ici elle n’avait pas été mise en question par l’occupant israélien.

Mais le maire actuel – qui est en compétition pour prendre le leadership au sein du parti Likoud et est en conflit ouvert avec le Ministre des Finances à propos du financement de la ville de Jérusalem par l’État – estime que les contribuables de Jérusalem n’ont pas à financer les églises.

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