L’Église catholique appelle à la fin de l’occupation de la Palestine et d’autres territoires arabes

Dans son message final publié samedi le synode des évêques pour le Moyen-Orient, ouvert le 10 octobre au Vatican, lance un “appel à la communauté internationale” pour qu’il soit mis fin à l’occupation de la Palestine et d’autres territoires arabes (le Golan appartenant à la Syrie et quelques territoires libanais) par Israël.

Le synode des évêques pour le Moyen-Orient réuni au Vatican en présence du pape a demandé samedi à la communauté internationale, en particulier à l’ONU, de mettre fin à l’occupation israélienne “de différents territoires arabes” en faisant appliquer les résolutions de l’ONU.

Les citoyens des pays du Moyen-Orient interpellent la communauté internationale, en particulier l’ONU pour qu’elle travaille sincèrement à une solution de paix juste et définitive dans la région, et cela par l’application des résolutions du Conseil de sécurité et la prise des mesures juridiques nécessaires pour mettre fin à l’occupation des différents territoires arabes” par Israël, déclarent les évêques participant au synode, provenant en majorité du Moyen-Orient.

De cette façon, “le peuple palestinien pourra avoir une patrie indépendante et souveraine et y vivre dans la dignité et la stabilité”, affirment les prélats catholiques. De son côté, Israël “pourra jouir de la paix et de la sécurité au-dedans des frontières internationalement reconnues”, ajoutent-ils.

La ville sainte de Jérusalem pourra obtenir le statut juste qui respectera son caractère particulier, sa sainteté et son patrimoine religieux, pour chacune des trois religions, juive, chrétienne et musulmane”, disent-ils encore “espérant” que “la solution des deux États devienne une réalité et ne reste pas un simple rêve.

DEUX ÉTATS, UN « REVE » ?

Cette vision est assez singulière, dans la mesure où pour les Palestiniens on peut difficilement considérer que la “solution à deux États” – toujours reportée à plus tard – pourrait avoir en quoi que ce soit le caractère d’un “rêve”, si on veut bien se souvenir qu’elle consiste pour eux à renoncer unilatéralement à 78% du territoire de la Palestine historique, sans autre justification que le fait accompli et la loi du plus fort. Sans parler de la renonciation éventuelle au “droit au retour”, pourtant consacré par l’ONU, des réfugiés palestiniens, c’est-à-dire de la majorité de ce peuple.

Encore faut-il savoir que pour que les Palestiniens conservent 22% de leur territoire initial il faudrait que les accord instituant la mythique “solution à deux États” leur restituent la totalité de la Cisjor­danie, et donc aboutisse au démantèlement complet des colonies juives sur ce territoire, ce qui est hautement improbable.

En fait, à moins d’une capitulation complète d’une “Autorité Palestinienne” aujourd’hui dépourvue de toute légitimité démocratique, tout accord – avec ou sans démantèlement des colonies – est très improbable, puisqu’en réalité le dessin historique auquel les sionistes n’ont jamais renoncé, et auquel ils ne renonceront jamais tant qu’une pression internationale suffisante ne s’exercera pas en ce sens, est de s’approprier (au minimum) tôt ou tard, la totalité du territoire compris entre la Méditerranée et le Jourdain.  Le reste n’est que bla-bla diplomatique et poudre aux yeux.                L.D.

Le synode fait référence sans la citer à la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies qui avait condamné, en novembre 1967, l’“acquisition de territoire par la guerre” et avait demandé le “retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés” à l’issue de la Guerre des six jours. Cette résolution a été suivie de plusieurs autres dans le même esprit.

Tout au long du synode, comme lors de sa préparation en amont, il a été affirmé que le conflit israélo-palestinien est à la base de la situation conflictuelle de toute la région.

Les évêques, qui ont déclaré à plusieurs reprises que les chrétiens sont “les principales victimes de la guerre en Irak”, jugent donc samedi que la fin du conflit israélo-palestinien permettrait aussi de “mettre fin aux conséquences de la guerre meurtrière” en Irak et d’y “rétablir la sécurité qui protègera tous ses citoyens”.

Pour eux, par ailleurs, “le Liban pourra jouir de sa souveraineté sur tout son territoire, fortifier son unité nationale et continuer sa vocation à être le modèle de la convivialité entre chrétiens et musulmans, par le dialogue des cultures et des religions et la promotion des libertés publiques”.

Dans ce message rédigé en arabe, les patriarches et les évêques des Églises d’Orient condamnent “la violence et le terrorisme d’où qu’ils viennent et tout extrémisme religieux”, de même que “toute forme de racisme, l’antisémitisme, l’antichristianisme et l’islamophobie”.

Ils appellent “les religions à assumer leurs responsabilités dans la promotion du dialogue des cultures et des civilisations dans (la) région et dans le monde entier”.

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