Le gouvernement israélien prépare une nouvelle prise d’otages

Une commission ministérielle israélienne a approuvé dimanche un projet, baptisé par la presse « projet Shalit« , destiné à durcir les conditions de détention des membres du mouvement palestinien Hamas, en réponse aux « conditions inadmissibles imposées » au soldat israélien Gilad Shalit détenu à Gaza. Cette proposition a été initiée par trois membres du parlement israélien et «vise à retirer les avantages dont bénéficient des membres du Hamas détenus par Israël », ont fièrement annoncé ceux-ci.

«L’objectif est de donner au gouvernement les moyens de faire pression sur les groupes terro­ristes pour les amener à accepter un accord d’échange de prisonniers », ont-ils affirmé, accusant les mouvements palestiniens de garder Gilad Shalit « dans des conditions inadmissibles et inhumaines ». Capturé à la lisière de la bande de Gaza en juin 2006 lors d’une opération revendiquée par la branche armée du Hamas et deux autres groupes armés palestiniens, et gardé dans un lieu secret, le soldat Shalit n’a reçu depuis lors aucune visite ni du Comité international de la Croix-Rouge, ni de sa famille, ni d’avocats.

Selon les propositions des trois parlementaires, les détenus palestiniens ne seraient désormais autorisés à recevoir la visite que de leurs avocats et non leur familles et une fois par trimestre par les représentants du CICR.  Ils ne seraient plus habilités à poursuivre en prison des études universitaires, et ne pourraient pas non plus regarder la télévision câblée ou recevoir des journaux et des livres.

La commission ministérielle israélienne a également approuvé en principe un second projet de loi visant à priver de leur nationalité des Arabes israéliens reconnus coupables d’espionnage ou d’autres activités au profit d’une « organisation terroriste », selon une source gouvernementale.

Le tribunal d’instance de Nazareth a condamné dimanche (23/5) Oursan Assad, à 7 ans de prison et 25.000 shekels d’amende (env. 4500 €), pour avoir  appartenu au Fatah.

Assad est un Arabe israélien de 57 ans. Il a été reconnu coupable de «complicité avec l’ennemi pendant la guerre» et de «conspiration avec l’ennemi», entre 1989 et 1990.

Assad a vécu en Israël jusqu’en 1971, moment où il part au Liban et rejoint le Fatah. En 1989, alors qu’il vit en Algérie, il aurait pris part à la planification d’«attaques terro­ristes» contre Israël et à la collecte d’informations sur des cibles israéliennes. Il joue également un rôle important dans le recrutement et l’entraînement de nouveaux membres du Fatah – dont de nombreux Arabes israéliens.

Dans un communiqué publié à Gaza, le Hamas fait savoir qu’il ne céderait pas au chantage d’Israël. « Si l’ennemi est persuadé que ces mesures injustes feront pression sur les factions (palestiniennes, qui détiennent Gilad Shalit : ndlr) pour qu’elles changent leur position sur l’échange (de prisonniers), il se trompe », affirme le ministre du Hamas pour les prisonniers, Mohammed al-Ghoul, dans ce texte.

Le Hamas exige la libération d’un millier de Palestiniens détenus par Israël, dont des prisonniers accusés par Israël d’implication dans des attentats meurtriers, dont Marwan Bargouti (dirigeant du Fatah que les Israéliens ont, après avoir tenté de l’assassiner, condamné 5 fois à la prison à vie au terme d’un simulacre de procès),en échange du sergent israélien.

En Israël, l’association israélienne de défense des droits de l’Homme B’tselem, a dénoncé le projet de loi du gouvernement Netanyahu.

« Même si le Hamas viole le droit international en détenant comme il le fait le soldat Shalit, Israël en tant qu’État démocratique ne peut suivre son exemple », a déclaré à l’AFP la représentante de B’Tselem Sarit Michaeli, qui en l’occurrence fait preuve d’une certaine candeur.  B’tselem est en effet fort bien placée pour savoir qu’Israël n’est ce qu’il est convenu d’appeler une démocratie qu’aussi longtemps qu’ils s’agit de ses citoyens juifs (et encore, de moins en moins), mais que s’agissant des Arabes et plus particulièrement de ceux qui résistent activement parle de “démocratie” n’est qu’une sinistre farce.

Avant d’entrer en vigueur, la proposition de loi doit encore être adoptée en trois lectures successives par le Parlement.

L’adoption prochaine de ces nouvelles mesures répressives visant les prisonnier palestiniens – qui sont plus de 10.000 dans les prisons israéliennes – ne fera qu’accentuer encore un peu plus la ressemblance sans cesse plus frappante entre le régime sioniste actuel et l’Afrique du Sud d’avant 1991 – elle aussi chérie par l’Oncle Sam, qui aimait tant alors ce bastion de la civilisation occidentale planté dans le flanc de l’Afrique noire – où le même genre de tactiques aboutit in fine au résultat que l’on sait.

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