Le Festival des Résistances à Athènes : Leila Khaled appelle à la libération des peuples et des prisonniers politiques

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Le Festival des Résistances a débuté à Athènes le vendredi 24 juin par un soutien affirmé à la Palestine et un appel à libérer Bilal Kayed et tous les prisonniers palestiniens.

Vendredi soir, lors de la cérémonie d’ouverture placée sous le thème « Des gens libres dans des pays libres », on a pu entendre des discours de l’icône de la résistance palestinienne Leila Khaled, du vice-président du Halklarin Demokratik Partisi (HDP), Figen Yüksekdag, et de l’intellectuelle et militante portoricaine Deborah Santana, ainsi que de Marina Brescia, du comité organisateur du festival. Ce festival annuel se déroulera sur le site de l’Université de l’Agriculture d’Athènes et il est sponsorisé par le journal grec Dromos.

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Avant l’arrivée de Leila Khaled, l’université a subi de fortes pressions de la part de l’ambassade d’Israël et de diverses organisations sionistes afin qu’elle annule l’événement ; toutefois, ces tentatives se sont avérées infructueuses, puisque des centaines de Grecs et les participants au festival international ont acclamé le discours et la participation de Khaled.

Les invités et participants internationaux, y compris Yüksekdag, Santana et l’ambassadeur du Venezuela en Grèce, Farid Fernandez, se sont joints à l’appel en faveur de la libération de Bilal Kayed et la délégation de Samidoun au festival a déployé une large banderole réclamant la liberté pour Kayed.

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Le thème de l’emprisonnement politique a été repris dans tous les discours de la soirée. Santana a commenté la lutte des prisonniers politiques anticolonialistes portoricains, et particulièrement la campagne en faveur de la libération d’Oscar Lopez Rivera. Quant à Yüksekdag, il a parlé des attaques contre les mouvements kurdes et turcs, des arrestations massives, et de la lutte pour libérer les prisonniers politiques kurdes et turcs des prisons de Turquie.

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Leila Khaled a mis en lumière la lutte des prisonniers politiques palestiniens en la situant dans le contexte international de la lutte contre l’impérialisme et les régimes réactionnaires. Elles a transmis au festival les salutations du secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine, Ahmad Sa’adat, qui est toujours emprisonné.

Elle a particulièrement souligné aussi le cas de Bilal Kayed, en décrivant son emprisonnement sous détention administrative qui a suivi immédiatement l’expiration de sa peine de 14 ans et demi de prison, et elle également expliqué que les camarades de Kayed membres du FPLP étaient actuellement engagés dans un programme collectif de grèves de la faim afin de réclamer sa libération et que la lutte de Kayed était un élément de mobilisation pour tous les prisonniers palestiniens, mobilisation qui nécessite le plus fort niveau de solidarité internationale.

Elle a lancé un appel en faveur de la liberté de tous les prisonniers politiques dans le monde, saluant au passage les prisonniers portoricains, turcs et kurdes et les prisonniers révolutionnaires du monde entier.

Khaled a également parlé de l’actuel rapprochement du gouvernement grec, dirigé par Syriza, avec Israël, dénonçant par la même occasion les concessions du gouvernement à la Commission européenne, au Fonds monétaire international et aux grandes banques, et ce, au détriment du peuple grec, de même que la recherche par le gouvernement d’un accord sur le gaz avec Israël et la création de pipelines et autres projets communs au dépens des ressources du peuple palestinien et du peuple grec. Elle a salué le soutien populaire grec à la Palestine et aux réfugiés actuels venus de Syrie et d’ailleurs, soulignant le rôle de ce soutien chaleureux du peuple grec en faveur des droits des réfugiés, qui contraste avec le rôle du gouvernement et des puissances européennes en cherchant à exclure, déporter et bloquer le mouvement des migrants et des réfugiés.

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Elle a également insisté en faveur du soutien et de la participation les plus larges au mouvement BDS (boycott, désinvestissement & sanctions) contre l’État et les institutions d’Israël, mettant en épingle l’accord potentiel sur le gaz comme un élément important de mobilisation. Et de conclure en saluant la résistance internationale et en faisant remarquer que les Palestiniens luttaient depuis cent ans et qu’ils poursuivraient leur combat jusqu’à leur libération et leur liberté.

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L’autobiographie de Leila Khaled, « Mon peuple vivra », est sorti en grec et est disponible au festival ; Leila Khaled participera à deux séances de signatures samedi et dimanche 25 et 26 juin à 20 h 30, à l’Université de l’Agriculture d’Athènes.


Publié le 25 juin 2016 sur Samidoun Palestinian Prisoner Network
Traduction : Jean-Marie Flémal

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