« L’armée la plus morale du monde », une bande de pillards

De temps en temps, martyriser des enfants ne suffit pas à distraire le soldat de "l'armée la plus morale du monde", qui a besoin d'améliorer ses fins de mois…

Le quotidien Haaretz, sous la signature de Gili Cohen, signale que la police militaire israélienne a ouvert une trentaine de dossiers d’enquête à propos de faits de dégradations volontaires à des biens appartenant à des Palestiniens ou de pillages commis à la faveur des recherches pour retrouver les trois jeunes colons dont la disparition et le meurtre a servi de prétexte au déclenchement d’un abominable massacre de la population civile de Gaza, durant l’été 2014.

Les colons Eyal Yifrah, Gil-Ad Shaer et Naftali Fraenkel avaient disparu le 12 juin 2014, et des recherches de grande ampleur avaient été lancées par le gouvernement israélien et l’armée.

Plus d’un an après, une dizaine d’enquêtes est toujours en cours, à propos desquelles Haaretz n’a pas pu obtenir d’informations par la voie officielle. La police militaire refuse de dire combien de dossiers ont été ouverts. Mais le quotidien affirme savoir de bonne source qu’une trentaine d’enquêtes ont été ouvertes, la plupart relatives à des dégradations volontaires de biens ou à des « disparitions » d’objets de valeur ou de sommes d’argent.

Sur les 30 enquêtes, 15 ont été refermées, dans certains cas après que l’argent qui avait disparu ait fait sa réapparition (miracle en « Terre Sainte » !). Dans d’autres cas, le dossier a été refermé parce que « le plaignant palestinien ne coopérait pas » ou encore pour « insuffisance de preuves« .

Dans les enquêtes toujours en cours, les procureurs militaires n’ont encore procédé à aucune mise en accusation de soldat mis en cause par les plaignants.

De temps en temps, martyriser des enfants ne suffit pas à distraire le soldat de "l'armée la plus morale du monde", qui a besoin d'améliorer ses fins de mois…
De temps en temps, martyriser des enfants ne suffit pas à distraire le soldat de « l’armée la plus morale du monde », qui a aussi besoin d’améliorer ses fins de mois…

Un des incidents en question a eu lieu dans le village de Aqraba, au sud de Naplouse, rapporte Haaretz. Des soldats ont emporté une enveloppe contenant plus de 15.000 shekels (environ 4000 dollars US) et un ordinateur portable. Le Palestinien à qui ils appartenaient a indiqué à l’organisation Yesh Din, l’ONG qui s’est occupée de recueillir les plaintes, qu’aucun reçu ne lui a été délivré, ce qui est contraire à la loi israélienne en cas de confiscation d’objets ou d’argent. Après le départ des soldats, la plaignante avait en outre constaté la disparition de sa montre et d’un portefeuille contenant 400 shekels.

Dans un autre cas, qui se situe à Hébron, plus de 100.000 shekels en argent liquide et 21.000 dinars jordaniens, des bijoux en or, quatre ordinateurs, des DVD et d’autres objets ont été emportés par les soldats venus fouiller une maison, sans qu’aucun document soit remis au propriétaire palestinien. Celui-ci avait été appréhendé et avait été détenu pendant deux semaines, pour être ensuite libéré sans qu’aucune charge soit retenue contre lui.

Dans un troisième cas, des soldats ont brisé des meubles et vidé un réfrigérateur dans une habitation de Abu Dis. Ils avaient en outre battu le fils du propriétaire, puis étaient partis en emportant 28.000 shekels et 6000 dollars US, ainsi qu’une épée décorative et des jumelles. Le tout sans donner de reçu au propriétaire, bien entendu.

Yes Din en conclut que dans tous ces cas, sous prétexte de recherches, c’est tout simplement de pillage qu’il s’agit. « Le pillage continue. Il est inacceptable que des soldats entrent dans les maisons et emportent ce qui leur tombe sous la main sans donner, comme le prévoit la loi, aucun document.« , déclare Emily Schaeffer Omer-Man, coordinatrice du département de Yesh Din qui s’occupe des affaires de ce type.

Sans aucun document, les Palestiniens lésés par ces vols n’ont évidemment que très peu de chances de récupérer ce que les pillards de l’armée d’occupation ont emporté.

 

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