L’armée israélienne détruit des maisons palestiniennes et colonise à tours de bras

L’armée israélienne a détruit mercredi une vingtaine de bâtiments palestiniens “construits sans permis” – et pour cause puisque l’occupant israélien refuse systématiquement de les accorder – en Cisjordanie alors que les État-Unis viennent d’annoncer un “changement de tactique” abandonnant l’idée de “gel” temporaire de la colonisation.

Alors que les “négociation de paix”, à l’initiative des États-Unis doivent reprendre dès la semaine prochaine, une quinzaine d’habitations ainsi qu’une petite école, dans le village de Khirbet Tana, dans le nord de la Cisjordanie, ont été rasées par les bulldozers israéliens dans la matinée, selon les mêmes sources.

Il s’agissait de la troisième démolition dans ce secteur proche de la colonie de Mekhora, la dernière ayant eu lieu il y a un an et demi, a-t-on précisé, indiquant que près de 200 habitants avaient été touchés par ces destructions.

Ces destructions interviennent alors que les États-Unis semblent avoir abandonné l’idée d’obtenir le “gel” temporaire de la colonisation israélienne en Cisjordanie. Les négociations devraient se concentrer sur les “problèmes centraux” du conflit, a indiqué mardi un responsable de la Maison Blanche, comme si le grignotage quotidien et incessant de l’enjeu même de toute négociation, à savoir le territoire, n’était pas un “problème central”.

Cette nouvelle approche tourne le dos à la stratégie présentée par Barack Obama en septembre. «Nous avons tenté de parvenir à un moratoire pour créer les conditions d’un retour à des négociations significatives et continues. Après des efforts considérables, nous sommes parvenus à la conclusion que cela ne crée pas de fondation solide pour parvenir à l’objectif commun d’un accord-cadre», a expliqué Philip Crowley, porte parole du Département d’État.

Mais cet abandon pourrait mettre fin aux négociations. Les Palestiniens exigent en effet le gel de la colonisation non seulement en Cisjordanie mais également à Jérusalem-Est (ce qui n’a jamais été le cas lors de la précédente période de “gel”, qui tenait surtout de la prestidigitation).

Réagissant mercredi aux déclarations américaines, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a dit regretter “que les Israéliens n’aient pas été en mesure d’accepter une prolongation du moratoire comme le demandaient l’Union européenne, les États-Unis et le Quartet” sur le Proche-Orient.

On note une fois de plus que dans la phraséologie diplomatique de l’U.E., quand Israël refuse de se conformer au droit c’est que son gouvernement  “n’a pas été en mesure d’accepter”, alors que quand ce sont les Palestiniens qui rejettent des propositions honteuses c’est leur intransigeance qui est stigmatisée…

Notre position sur la colonisation est claire : elle est illégale au regard du droit international et constitue un obstacle à la paix”, a-t-elle réitéré dans une déclaration transmise par sa porte-parole, Maja Kocijancic. Et comme d’habitude la conséquence logique de cette “position claire” est que l’U.E. n’en tirera précisément aucune conséquence.

 

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