La Deutsche Bank désinvestit de ELBIT

La première banque allemande, la Deutsche Bank,  a annoncé qu’elle avait vendu la participation qu’elle détenait dans le capital de la firme israélienne ELBIT. Dans un passé récent, le plus important fonds de pension suédois, un des plus importants fonds de pension hollandais, et un fonds norvégien ont pris une décision identique. L’Union Européenne, elle, continue en revanche à financer généreusement l’industrie israélienne de l’armement et de la surveillance

ELBIT – de son vrai nom « Elbit systems » – se présente comme “a global electronic defense company” – et propose des systèmes d’armement pour hélicos, des véhicules blindés télécommandés, des systèmes de communication et de collecte d’information militaires, des systèmes de “renseignements, surveillance et reconnaissance”, des simulateurs pour la formation des pilotes de chasse – …

Bref, ELBIT constitue la fine fleur de cette industrie guerrière qui permet à quelques dirigeants israéliens de bâtir des fortunes colossales (45% du capital d’ELBIT est entre les mains d’un seul homme), au détriment des israéliens pauvres (de plus en plus nombreux) et des Palestiniens (eux aussi de plus en plus nombreux, malgré les efforts de ce clan affairiste-militariste), et explique sans aucun doute pour une part leur désir de surtout ne pas arriver à la paix avec les Palestiniens.

ELBIT joue évidemment un rôle essentiel dans la construction du “mur de l’apartheid”, qui sur une grande partie de son tracé est en fait un ensemble de clôtures hérissées de systèmes électroniques de surveillance et de détection.

Selon la presse israélienne, la Deutsche Bank a cédé à la pression des mouvements Pax Christi et International Physicians for the Prevention of Nuclear War (IPPNW). La décision de désinvestir de ELBIT a été annoncée à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires de la Deutsche Bank, qui a donné lieu à des manifestations en faveur de la campagne BDS.

Le service des relations publiques de la banque s’est cependant rapidement évertué à nier toute motivation politique à la décision, avant de prétendre qu’en fait il n’y a eu aucune décision pour la bonne raison que la banque de détenait pas (ou plus ?) d’actions ELBIT,… Bref, le genre de discours confus et contradictoire auquel on est habitués en pareil cas.

Dans le même temps, cette décision qui n’a donc pas été prise à propos d’une participation qui d’ailleurs n’existait pas, était commentée avec aigreur en Israël, où des sources proches de “l’establishment de la défense” citées par certains média soulignaient que la vente de cette “maigre participation” n’a provoqué aucun étonnement dans la mesure où “c’est le résultat d’une politique anti-israélienne”.

Bref, il ne s’est rien passé, mais c’est quand même une preuve d’antisémitisme…

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