Jeremy Corbyn inflexible : il maintient intact son soutien à la cause des Palestiniens

Il y a bien longtemps déjà, Jeremy Corbyn manifestait contre l'apartheid
Il y a bien longtemps déjà, Jeremy Corbyn manifestait contre l'apartheid
A l’époque de Margaret Thatcher déjà, Jeremy Corbyn manifestait contre l’apartheid, ce qui lui valait quelques ennuis avec la police

Le moins que l’on puisse dire est que depuis qu’il a été, assez triomphalement, élu à la tête du parti travailliste de Grande-Bretagne, les faits et geste, et plus encore les paroles, de Jeremy Corbyn sont épiés avec une attention soutenue et généralement dépourvue de bienveillance par les médias.

La presse de droite – et de caniveau – dans son pays s’est d’ailleurs livrée, dès avant son élection, à des attaques qui relèvent véritablement du délire, tous les procédés les plus grossiers de la propagande étant convoqués pour essayer de nuire à ce « gauchiste« .

D’aucuns, évidemment, n’ont pas manqué de tenter de le faire passer pour antisémite, puisqu’il n’a jamais fait mystère de son soutien aux Palestiniens dans la défense de leurs droits nationaux inaliénables.

Parvenu contre la volonté tout l’establishment à la tête du Labour, et donc susceptible de succéder à David Cameron au poste de Premier ministre si les électeurs donnaient une majorité de sièges au parlement à son parti, Jeremy Corbyn va-t-il mettre rapidement de l’eau dans sa bière, ou non ?

Mardi soir, il prenait la parole pour la première fois devant « Les amis travailliste d’Israël », la salle était bourrée et il y avait semble-t-il un peu d’électricité dans l’air, quoique la majorité de l’assistance  soit plutôt amicale envers l’orateur du jour. Mais beaucoup espéraient que Corbyn infléchisse sa position dans un sens « réaliste« , moins « idéaliste« , et qu’il se montre donc plus favorable à Israël dans la peau du dirigeant politique important qu’il est devenu que dans celle du militant de base volontiers frondeur qu’il a été pendant tant d’années.

Corbyn a prononcé un discours de huit minutes, et à peine avait-il fini qu’un contestataire tenta de susciter des huées dans l’assistance, mais il fut très rapidement et très fermement évacué vers la sortie par la sécurité, rapporte Daniella Peled dans Haaretz .

Qu’a-t-on retenu de ce discours ? Rien de bien fracassant, en fait. Corbyn n’est pas précisément un excité amateur de gesticulations et  des formules outrancières. Mais tout dans ce discours tend à prouver que Corbyn entend rester, dans ses nouvelles responsabilités, un ferme soutien pour les Palestiniens. Certains membres de l’assistance ont été quelque peu troublés parce que le patron du parti travailliste a parlé pendant huit minutes du conflit israélo-palestinien, il a appelé plusieurs fois au dialogue, il a évoque le siège de Gaza (pour estimer évidemment qu’il doit être levé), il a réclamé « la justice pour tous les peuples de la région« , il a évoqué les réfugiés en termes très généraux … le tout sans jamais prononcer une seule fois le mot « Israël ». Mais on ne doit, paraît-il, pas sur-interpréter cette omission, qui n’est pourtant à coup sûr pas due au hasard.

Deux jours plus tôt, Corbyn avait pris la parole dans un contexte semblable, mais cette fois devant « Les Amis travaillistes de la Palestine« . Il les a assurés que ses nouvelles responsabilités ne changent absolument rien à l’opinion qu’il s’est forgée depuis fort longtemps à propos du conflit.

Corbyn n’est pas encore au pouvoir. Peut-être d’ailleurs n’y sera-t-il jamais (ses adversaires « blairistes » au sein même du Labour l’assurent), mais on se prend à rêver qu’il exerce bientôt une certaine influence au sein des instances de l’Union Européenne (si les Britanniques, consultés par référendum, décidaient d’y demeurer).


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