Israël poursuit Salah Hamouri de sa vindicte, avec des relents de nettoyage ethnique

Salah Hamouri lors de sa libération

L’information a été rendue publique par Jean-Claude Lefort, ancien député communiste français, et père d’Elsa Lefort, compagne de Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien dont il a déjà été question à plusieurs reprises sur ce site.

Condamné arbitrairement sans preuves par un tribunal israélien (illégal au regard du droit international) pour avoir prétendument voulu organiser un attentat contre un rabbin, Ovadia Youssef, aujourd’hui décédé, Salah Hamouri a été emprisonné pendant 2.457 jours, sans que les autorités françaises – qui à l’époque de leur propre aveu se démenaient quotidiennement pour sauver la mise au soldat israélien (lui aussi détenteur d’un passeport français) Gilad Shalit – s’en émeuvent outre mesure.

Salah Hamouri fut finalement libéré en décembre 2011 avec 550 autres prisonniers palestiniens, dans le cadre de la deuxième phase de l’accord négocié entre le Hamas et Israël pour la libération du franco-israélien Gilad Shalit. A sa sortie de prison, les déboires de Salah Hamouri n’allaient pas s’arrêter pour autant. Deux arrêtés militaires émanant de l’armée israélienne ont été pris contre lui en 2015, lui interdisant de se rendre dans les territoires occupés palestiniens. L’empêchant ainsi de finir son cursus d’avocat : il avait repris des études de droit et son université se trouve à Ramallah

Salah Hamouri vit actuellement à Jérusalem, où il partage la vie d’Elsa Lefort, fille de l’ancien député communiste français Jean-Claude Lefort (qui présidait son comité de soutien en France à l’époque de son incarcération). Ou plus exactement, il partageait la vie d’Elsa…

Elsa Lefort est partie vivre à Jérusalem en 2014 où elle s’est mariée en juin de la même année avec Salah.

Après quelques jours passés à Paris auprès de sa famille lors des dernières fêtes de fin d’année 2015, Elsa Lefort et Salah Hamouri décident de repartir chez eux, à Jérusalem, le 5 janvier dernier. « Munie d’un visa délivré par les autorités israéliennes valable jusqu’en octobre 2016, elle a été refoulée à l’arrivée à Ben Gourion à Tel Aviv. Après deux jours et deux nuits d’emprisonnement, au motif, non prouvé bien évidemment, que le Shin Beth (NDLR: services secrets israéliens) la considère comme une personne dangereuse pour la sécurité d’Israël et même terroriste, a dû revenir en France !« , s’indigne Jean – Claude Lefort. 

Elsa Lefort, qui travaille au consulat français de Jérusalem, est ainsi séparée de son mari alors qu’elle est enceinte. « De plus de 6 mois« , précise son père. « Elle ne pourra plus prendre l’avion d’ici trois semaines. Le fait que l’enfant naisse à Jérusalem et non à Paris a son importance pour l’avenir de celui-ci« , ajoute l’ancien député, qui a décidé de lancer un « appel en urgence aux parlementaires et à des personnalités« .

Une adresse mail est mise à  la destination de celles et ceux susceptibles d’apporter leur soutien : [email protected]


[1] sur les conditions de l’emprisonnement et de la libération de Salah Hamouri, voir par exemple ICI.

Print Friendly, PDF & Email