Israël condamne un défenseur palestinien des droits de l’homme à 9 ans de prison

L’écrivain arabe-israélien Ameer Makhoul (52 ans), directeur de l’association ITTIJA (Union of Arab Community-Based Associations) et président du Comité public pour la défense des citoyens arabes israéliens, qui se définit comme “activiste pacifiste et anti-apartheid“, vient d’être condamné à passer neuf ans derrière les barreaux par un tribunal israélien.

makhoulAmeer Makhoul, est détenu dans la prison de Gilboa au sud d’Israël depuis le 6 mai 2010, date à laquelle il a été arrêté chez lui après que le ministère de l’intérieur israélien lui a interdit de voyager à l’étran­ger.

Il a été mis au secret pendant deux semaines et soumis à un interrogatoire plus que musclé, à la suite duquel il a été accusé le 27 mai “d’espionnage, de contact avec des agents étrangers et de conspiration avec l’ennemi en temps de guerre”, l’ennemi en question étant le Hezbollah.

Ameer Makhoul a eu beau indiquer qu’on lui avait extorqué des aveux sous la torture (notamment la privation de sommeil) et qu’on l’avait menacé de prison à vie s’il n’avouait pas.

Des “aveux spontanés”, permettent selon la procédure en vigueur en Israël de négocier la peine à la baisse grâce à l’abandon de certaines charges. Beaucoup de Palestiniens soumis à ce chantage se résignent à “avouer” afin d’écarter le risque de la peine maximale, sachant qu’en tout état de cause en aucun cas l’innocence ne peut le moins du monde leur garantir un acquittement face à des juges israéliens, en particulier quand ils sont accusés d’atteinte conte “la sécurité d’Israël” (qui comme chacun sait est en permanence au bord d’un “nouvel holocauste”…).

Les juges lui ont donc infligé ce à quoi les Palestiniens qui vivent en Israël – citoyens de seconde zone de “l’État des Juifs” – ont droit, lorsqu’ils osent s’exprimer sur les violations du droit commises par Israël. Certains sites web sionistes reprochaient même au tribunal, aussitôt après le jugement, de s’être montré anormalement clément, estimant qu’une peine de 20 ans eut été plus adéquate…

Amnesty International s’était indigné du harcèlement et de l’arrestation de ce défenseur des droits de l’homme. Philip Luther, Directeur adjoint d’Amnesty International au Moyen-Orient a récemment déclaré : « Son arres­tation après un constant harcèlement a pour but de l’empêcher de défendre les droits de l’homme. Nous le considérons comme un prisonnier de conscience et exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle ».

L’association de défense des prisonniers palestiniens, Addameer réclame également sa libération immédiate, et appelle à la mobilisation en sa faveur.

Addameer Prisoner Support and Human Rights Association
Tel : +972 (0)2 296 0446 / 297 0136 Fax : +972 (0)2 296 0447. Email : [email protected]

Ameer Makhoul a aussi un blog personnel : http://freeameermakhoul.blogspot.com

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