Hana Shalabi en danger de mort imminent

Hana Shalabi, à son arrivée à Gaza, dans une ambulance

Hana Shalabi a été transférée d’urgence à l’hôpital Meir à Kfar Saba aujourd’hui.

Ci-dessous, le communiqué de presse du PHR, Physicians for Human Rights Israël (Médecins pour les Droits de l’Homme – Israël) 

Au 33e jour de sa grève de la faim, la détenue administrative Hana Shalabi est en danger de mort imminent. Une femme, médecin indépendant de Physicians for Human Rights – Israel (PHR-Israel – Médecins pour les droits de l’homme) l’a examinée aujourd’hui et a conclu qu’elle devait être hospitalisée immédiatement.

Hana Shalabi, une détenue administrative emprisonnée à la prison de Sharon, est en grève de la faim depuis plus d’un  mois, pour protester contre la violence de sa détention, contre les humiliations et les fouilles brutales dont elle a fait l’objet durant sa détention, et elle proteste également contre le fait d’être emprisonnée dans le cadre d’une détention administrative. Une audition de son cas est censée avoir lieu dans un tribunal militaire.

Ce matin, 19 mars, une femme, médecin indépendant, a rendu visite à Hana Shalabi au nom de PHR-Israel, et elle a déclaré qu’il y avait une détérioration importante de sa condition et qu’elle risquait la mort. La détérioration s’exprime par un processus de dégradation musculaire, avec une perte de poids de 14 kg depuis le début de la grève de la faim, un rythme de pulsations cardiaques très lent et une chute dans les taux de présence de sodium dans le sang. Ces symptômes pourraient indiquer une grave lésion au niveau du cœur et le début d’une détérioration du muscle cardiaque, ce qui pourrait se traduire à tout moment par un arrêt cardiaque.

En outre, sa température corporelle est basse (hypothermie), puisqu’elle a été repérée à 35,05°C et que Shalabi déclare qu’elle a froid. Cette constatation indique que la production d’énergie dans son corps est principalement dirigée vers les organes essentiels, ce qui indique également une possible détérioration au niveau cardiaque et qui pourrait s’exprimer par de l’arythmie, une détérioration systémique voir une mort soudaine. Le médecin qui l’a examinée ajoute que Shalabi ne prend pas de médicaments, qu’elle est pensée d’une indépendance déambulatoire pour dépendre désormais d’autrui pour ses déplacements, qu’elle souffre d’une grave faiblesse, d’une basse pression artérielle, de douleurs graves dans tout le corps, d’un important degré de sensibilité dans la région abdominale supérieure et de vertiges graves.

Les résultats du test sanguin effectué le 14 mars indiquent une chute dans les nivaux de glucose et de sodium dans le sang et des détériorations des fonctions thyroïdiennes. La thyroïde joue un rôle très important dans le maintien de la température du corps, de même que le cœur, le foie et les fonctions mentales. Des dégâts importants à la glande thyroïde pourraient mener à un coma et cette possibilité est clairement présente chez Shalabi. En outre, le travail sanguin effectué aujourd’hui indique une interruption de la fonctionnalité de coagulation et un manque significatif de fer et de vitamines.
A la suite de cet examen, le médecin a décidé que Shabali était en danger de mort immédiat et a recommandé qu’elle fût transportée sans attendre dans un hôpital, pour une surveillance minutieuse et tout un suivi. Les Services carcéraux ont annoncé qu’ils avaient transporté Shalabi à l’hôpital Meir de Kfar Saba, se pliant ainsi aux recommandations du médecin.

Physicians For Human Rights – Israel interpelle aujourd’hui l’attitude problématique adoptée par les Services carcéraux israéliens dans leur façon de traiter Hana Shalabi :

• D’énormes pressions ont été exercées sur Shalabi pour qu’elle cesse sa grève de la faim, à la fois par le Comité d’éthique des Services carcéraux et par le clergé musulman qui est membre de ce comité.

• Le fonctionnaire médical en chef des Services carcéraux a communiqué avec le médecin de PHR-I, lui demandant de persuader Shalabi de mettre un terme à sa grève. Ceci viole de façon flagrante les principes de l’éthique médicale.

• La communication de Hana avec le médecin de PHR-I censé assurer le suivi minutieux de son état de santé est très limité. Par exemple, lorsque Shalabi a demandé de voir le médecin de PHR-I la semaine dernière, les Services carcéraux n’ont pas informé le médecin de cette demande.

•  Les résultats des tests sanguins de Shalabi, tels qu’ils ont été communiqués au médecin de PHR-I la semaine dernière via une conversation téléphonique avec le fonctionnaire médical en chef des Services carcéraux, se sont avérés différents des résultats imprimés, qui avaient été envoyés par le labo et remis au médecin de PHR chargé de faire l’examen physique aujourd’hui. Les résultats transmis présentaient une image médicale différente de celle de la réalité.

• Il semble que la question de l’alimentation forcée n’ait pas été exclue et que la discussion à ce propos de poursuit au sein du Comité d’éthique des Services carcéraux.

• Il apparaît qu’une tentative est opérée pour saper la confiance de Shalabi dans un médecin indépendant en présentant ce dernier à l’aide d’informations incorrectes. Au cours de l’examen de ce jour par le médecin, Shalabi a fait savoir que les représentants des Services carcéraux lui avaient dit que le médecin indépendant de PHR avait confié la réalisation des tests sanguins aux Services carcéraux et qu’elle ne souhaitait pas les faire elle-même.

Physicians For Human Rights exprime une fois encore son extrême inquiétude à propos de la vie de Hana Shalabi. L’organisation exprime sa consternation à propos du fait que des équipes médicales envisagent toujours la possibilité de nourrir la détenue de force, malgré le fait que des traités internationaux interdisent formellement la chose.

L’organisation adresse un appel à la communauté locale et internationale pour qu’elle agisse immédiatement et qu’elle intervienne en faveur de la libération de Shalabi, et qu’elle agisse pour qu’Israël mette un terme à son recours à la détention administrative.

 

L’OLP demande une intervention internationale afin de sauver la vie de Hana Shalabi

Réagissez vous-mêmes en signant la pétition en ligne adressée aux autorités israéliennes.

 

Print Friendly, PDF & Email