Google c’est très instructif, on y apprend l’existence d’une armée franco-israélienne

L’ambassade de France en Israël a un site web.

Faire une recherche, ou plutôt deux, dans ce site est plutôt instructif.

Cherchons d’abord les termes « Salah  Hamouri ».

Citoyen franco-palestinien, civil condamné sans preuves par Israël, dont le sort laisse les dirigeants français parfaitement indifférents. Qu’est-ce qui peut bien le distinguer du « soldat Shalit » ? Hein ? Devinez…

Résultats obtenus : 2, tous deux datés du 6 août 2009. En fait, ce des résultats n’en font qu’un. Lors d’un « point de presse » un journaliste a posé la question suivante : « Confirmez-vous que le président Sarkozy soit intervenu pour obtenir la libération du Franco-Palestinien Salah Hamouri, détenu en Israël ?« .

La réponse tenait en une petite dizaine de lignes :

«Le président de la République a effectivement écrit au Premier ministre israélien pour attirer son attention sur la situation de Salah Hamouri et demander auprès des autorités judiciaires israéliennes une mesure de clémence.

Comme vous le savez, les autorités françaises n’ont cessé d’apporter leur soutien à notre compatriote depuis son incarcération. Denise Hamouri, la mère de Salah, a été reçue par Bernard Kouchner et par l’ambassadeur chargé des droits de l’Homme, François Zimeray. Denise Hamouri a également été reçue à l’Elysée le 25 juin dernier.

Par ailleurs, le consulat a suivi l’ensemble de la procédure judiciaire et a assisté à toutes les audiences lors du procès. Les visites régulières des agents consulaires auprès de Salah Hamouri se poursuivent».

Le deuxième document sur le site de l’ambassade n’est rien d’autre qu’un extrait de la revue de presse quotidienne, certains journaux ayant fait écho à ce qui s’était dit au cours du « point de presse ».

C’est ce qui s’appelle le « service (diplomatique) minimum »… On remarquera que si un journaliste n’avait pas pris l’initiative de poser une question, le sort de Salah Hamouri n’aurait vraisemblablement pas été évoqué du tout.

En novembre 2009, Bernard Kouchner a décommandé en dernière minute et sans explications un entretien qu’il avait promis à la mère de Salah Hamouri : emploi du temps surchargé…

Cherchons maintenant les termes “Gilad Shalit”.

Gilad Shalit, «soldat franco-israélien» fait prisonnier (et non «enlevé»), objet de toute la sollicitude du pouvoir français, qui s’occupe « quotidiennement » de son sort. Qu’est-ce qui peut bien le distinguer de Salah Hamouri ? Hein ?  Devinez…

Il s’agit du soldat de l’armée d’occupation fait prisonnier à Gaza, et détenu depuis dans des lieux soigneusement tenus secrets. Malgré tous leurs efforts, les israéliens ne sont jamais parvenus à le localiser, et par conséquent moins encore à l’exfiltrer.

Il a la nationalité française.

Tout comme Salah Hamouri.

Il est juif. Comme Bernard Kouchner.

Salah Hamouri ne l’est pas.  Rien à voir, bien entendu. Remarque déplacée.

Mais force est de constater que le résultat livré par Google pour Shalit est bien différent  : 374 résultats sur le site de l’ambassade de France !

L’ambassadeur rencontre la famille, Kouchner parle avec la famille, il ne quémande pas « un geste de clémence » mais il « exige la libération » du soldat, Sarkozy écrit à la famille à l’occasion de l’anniversaire du prisonnier, l’ambassadeur de France tient à  « rappeler l’action quotidienne des autorités françaises en faveur de la libération de Gilad Shalit« … Oui, vous avez bien lu : « quotidienne » !

Salah Hamouri n’a pas le souvenir d’avoir reçu un message affectueux de « son » président de la république à l’occasion de son anniversaire…

Dernière info en date : l’ambassadeur de France a assisté à un concert de solidarité en faveur « du soldat franco-israélien Gilad Shalit« , à Sdérot le 5 juillet dernier.

Shalit est un citoyen franco-israélien (comme Hamouri), c’est incontestable. Mais à moins qu’il n’existe une armée franco-israélienne, comment pourrait-il être un « soldat franco-israélien » ?

A moins que ce soit ça l’explication du traitement on ne peut plus inégal réservé par la France, son gouvernement et sa diplomatie, aux deux prisonniers : l’existence non avouée d’une « armée franco-israélienne« , dans les têtes des dirigeants français.

Il serait peut-être bon que les citoyens français en soient officiellement informés, dans ce cas.

L.D.              

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