Gaza, on n’oublie pas !

Le 27 décembre 2008, les forces aériennes, terrestres et navales d’Israël ont déclenché un assaut généralisé contre les infrastructures et les habitants du ghetto de Gaza. 1.444 Palestiniens, parmi lesquels 348 enfants, ont été tués, souvent à l’aide d’armes dont Israël expérimentait pour la première fois l’usage.

Les habitants du ghetto se sont trouvés dans l’impossibilité de fuir : côté Israël en raison de la clôture électrifiée; côté égyptien du fait du verrouillage de la frontière à Rafah. Plus de 6.000 hommes, femmes et enfants palestiniens ont aussi été blessés, amputés, paralysés, brûlés, mutilés.

La Plate-forme Charleroi-Palestine diffusera un tract pour rappeler ce massacre : ce dimanche 27 décembre, au marche de Charleroi. Vous voulez participer ? RV à 10 h à la Maison des 8 h, place Charles II, Charleroi.

La date anniversaire du 27 décembre est l’occasion d’avoir une pensée pour les personnes les plus âgées à Gaza, qui ont subi traumatisme sur traumatisme, toute leur vie. La photographe Anne Paq a rassemblé une collection de photographies les concernant, dans le but de rendre hommage à cette génération de Palestiniens.

Rizka Abu Rujeila, 70 ans, tient son petit-fils dans ses bras, à l’extérieur de l’hôpital à Khan-Younis, dans le sud de Gaza, le 24 juillet 2014. Le garçon a été blessé lors de l’attaque du village de Khuzaa. Photo : Anne Paq

Anne Paq écrivait ceci au mois de juin de cette année :

La majeure partie de la population de Gaza est très jeune : l’âge moyen est de 18 ans et près de 45 pour 100 du 1,8 million de résidents ont moins de 15 ans.

On a consacré à juste titre beaucoup d’attention à la situation intenable des enfants de Gaza, au cours des 51 jours de bombardements par Israël, durant l’été 2014. Mais les Palestiniens plus âgés figurent eux aussi parmi les éléments les plus vulnérables de la population et, tout au long de leur existence, ils ont été soumis à des traumatismes répétés.

Les plus âgés d’entre eux ont survécu à l’épuration ethnique de la Palestine, en 1948, lorsqu’ils ont été chassés de force de leurs maisons vers les camps de réfugiés. La Nakba (le mot arabe pour « catastrophe ») a été suivie d’invasions et de massacres par les Israéliens dans les années 1950, par la conquête militaire et l’occupation en 1967, par l’imposition des colonies d’implantation, par deux insurrections populaires et la répression qui s’ensuivit chaque fois. Et, plus récemment, par près d’une décennie de siège et de blocus et par trois offensives militaires de grande envergure en six ans de temps (2008- 2012 – 2014)

Les personnes âgées de Gaza ont été soumises à la destruction de leurs maisons et de leurs commerces – la destruction de toute une vie de travail. Dans certains cas, ils sont dû se muer à nouveau en tuteurs, en recueillant leurs petits-enfants rendus orphelins par la violence israélienne et il leur a fallu jouer un rôle crucial dans le maintien de la cohésion des familles frappées par des pertes douloureuses.

Cette collection de photographies a été rassemblée au cours des huit derniers mois et son but est de rendre hommage à cette génération de Palestiniens qui a consenti des sacrifices inimaginables.

Source : Electronic Intifada, où on peut voir la série de photos. Traduction : Jean-Marie Flémal.

Salima Smeri, 62 ans, mère de six enfants, parmi les ruines de sa maison dans le village de Qarara, le 9nNovembre 2014 (Photo : Anne Paq)

Le blog d’Anne Paq : Chroniques de Palestine et d’ailleurs

Vous pouvez suivre la photographe sur Twitter : @AnnePaq

 

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