Flottile de la Liberté – un aspirant-officier israélien condamné pour pillage

epa02507015 Thousands of Turkish protestors greets from harbour and boats the Mavi Marmara ship as it returns to Istanbul after Israel's deadly raid on an aid flotilla bound for Gaza Strip on 31 May, in Istanbul, Turkey on 26 December 2010. Israeli commandos on 31 May 2010 stormed six ships carrying hundreds of pro-Palestinian activists on an aid mission to the blockaded Gaza Strip, killing at least 10 people and wounding dozens after encountering unexpected resistance as the forces boarded the vessels. EPA/STRINGER TURKEY OUT

Nous nous sommes, naguère, fait traiter d’antisémites pour avoir qualifié de “vulgaires petits malfrats en uniforme” des soldats israéliens qui avaient utilisé à leur profit personnel des cartes de crédit volées aux passagers de la “flottille de la liberté pour Gaza”, après l’acte de piraterie en haute mer commis contre celle-ci par la kriegsmarine israélienne, le 31 mai dernier.

Depuis lors, nous avons déjà eu l’occasion de souligner à quel point l’expression était pleinement justifiée. Et à quel point l’insulte qui nous était adressée ne pouvait, compte tenu de qui nous l’adressait, qu’apparaître comme un hommage.

Voici que l’actualité nous donne l’occasion d’y revenir. Un tribunal militaire israélien vient en effet de condamner un soldat ayant participé à l’arraisonnement en haute mer de la “flottille de la liberté”, le 31 mai dernier, à cinq mois de prison militaire pour avoir volé des équipements électroniques  à bord du Mavi Marmara, après son arrivée dans le port de Ashdod.

Haaretz, qui donne l’information, précise qu’il s’agit d’un “plea deal” : le militaire incriminé – un élève officier ! – a “plaidé coupable” afin d’obtenir une peine réduite. Le corsaire (pirate d’état) a en outre été dégradé et exclu de la formation d’officier.

Il est évident que ce genre de sanctions n’a pour but que d’accréditer l’idée qu’Israël est capable de réprimer les abus commis par sa soldatesque, et en a la volonté. En réalité, les militaires israéliens sont assurés, en règle générale, d’une impunité à peu près totale pour leurs actes à l’encontre des Palestiniens, qu’il s’agisse de pillage, de tortures, d’abus en tous genres , ou de meurtres.  Les sanctions – dans les rares cas où il y en a – sont extrêmement légères, et il est fréquent que les peines prononcées ne soient pas ou peu appliquées.

Cette condamnation, si elle confirme bien que les accusations lancées contre les militaires israéliens par les passagers de la “flottille de la liberté” étaient fondées, procède donc aussi de l’effort de propagande pour tenter de justifier le refus du gouvernement israélien d’une enquête réellement indépendante en faisant croire qu’il prend toutes les mesures qu’on peut attendre d’un pays civilisé. C’est évidemment de l’intox.

 

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