Dix ans de prison pour un caporal israélien, coupable de crime particulièrement odieux…

Dimanche dernier, la Justice militaire israélienne a condamné un caporal à dix ans d’emprisonnement, à la dégradation au rang de simple trouffion et à 3.500 shekels de dommages-intérêts.

Mazette ! Dix ans de tôle ! Quel horrible crime avait-il donc commis ?

S’agit-il de ce valeureux sergent-chef qui, lors de la dernière attaque en date contre Gaza (déc. 2008 – jan. 2009), avait fait sortir un gosse de neuf ans de chez lui pour l’obliger à ouvrir des sacs dont les soldats de « l’armée la plus morale du monde » craignaient qu’ils contiennent des explosifs ? L’utilisation d’un gamin comme « bouclier humain »  ça valait 10 ans de prison ? Peut-être pas, puisque les plus grands spécialistes israéliens de l’éthique militaire trouvaient que l’idée n’était pas si mauvaise

Et bien non, ce n’est pas lui ! Ce héros a écopé pourtant d’une sanction vraiment vraiment très dure : 3 mois de prison avec sursis.

Alors, s’agirait-il de l’assassin de Thomas Hurndall, ce photographe britannique abattu d’une balle dans la tête dans la Bande de Gaza en 2003 ? Pas davantage : c’est de l’histoire ancienne. Le coupable a été lourdement condamné (notamment parce qu’il avait multiplié les manœuvres pour tromper les enquêteurs et les juges, faux témoignage à l’appui). Il avait donc pris 8 ans de prison, mais a été libéré après cinq.

Bon, alors c’est à coup sûr cet officier israélien, identifié comme « le capitaine R », un Druze, qui a abattu une jeune fille palestinienne de 13 ans de sang froid, sans aucune raison et de manière parfaitement délibérée, près de Rafah ?

Elle portait un cartable, dont les militaires israéliens ont prétendu qu’ils craignaient qu’il soit bourré d’explosifs. Mais les premières balles ont touché le cartable, et il n’a pas explosé.  La gosse était à plus de 100 mètres du plus proche militaire israélien. A aucun moment les troupes israéliennes n’ont donc été exposées au moindre danger, l’enquête était formelle sur ce point.

Pourtant, sans hésitations, le « capitaine R » avait « confirmé la mort » : 17 balles ont été retrouvées dans le cadavre de l’enfant (dont 3 dans la tête). Par la suite, il avait expliqué aux soldats sous ses ordres que «  tout ce qui bouge, même un enfant de 3 ans doit être tué« . Mais il était tellement certain d’avoir bien agi qu’il avait quand même – c’est semble-t-il une manie dans cette armée – organisé des faux témoignages… Juste au cas où…

17 balles dans le corps d’une gamine, dont il savait pertinemment – les communications radio militaire en attestaient sans aucune ambiguïté – qu’il ne s’agissait que d’une « enfant morte de peur », ça valait bien dix ans de cabane ?

Non ! encore perdu ! Le « capitaine R » n’a été poursuivi que pour des motifs mineurs, et il a été acquitté. 17 balles dans le corps d’une gamine, c’est pas suffisant pour une condamnation. Il fera mieux la prochaine fois…

Mais alors, qui est cet infortuné caporal qui a prix DIX ANS de prison ferme ? Et quel était son horrible crime ?

Ce n’est pas non plus le conducteur du monstrueux Caterpillar qui a écrasé Rachel Corrie, ce n’est pas le responsable de la mort de neuf civils à bord du Mavi Marmara, mitraillés à bout portant par les pirates de la marine de guerre israélienne,…

Non, il s’appelle Louis Maskuta, et il était il y a peu encore un garde de sécurité occasionnel de l’ancien chef d’Etat-major israélien, Gabi Ashkenazi.  Alors, il a flingué celui qu’il était chargé de protéger ? Ou il a au moins essayé ? Il a volé les plus secrets des secrets militaires nucléaires pour les refiler à Ahmadinejad ?

Pas du tout : il a volé une arme de poing qui se trouvait dans le bureau d’Ashkénazi (dans le but de la revendre à des criminels), et il s’est aussi emparé de son numéro de carte VISA… Il avait des dettes, et c’est ce qu’il avait trouvé de plus simple pour se refaire une santé financière.

Là, on comprend mieux ! Faut admettre que ça valait largement dix ans derrière les barreaux, surtout si on compare avec les peines infligées aux tueurs de civils en général et d’enfants en particulier. L’échelle des peines et la morale sont sauves, sans discussion possible !

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