De sa prison, Marwan Barghouti insiste sur l’urgence de la « résistance armée »

Marwan Barghouti a écrit cette lettre depuis sa cellule de la prison de Hadarim, en Israël [1].

Le dirigeant palestinien emprisonné, Marwan Barghouti, a invité instamment la direction palestinienne à apporter son soutien à la « résistance armée » contre Israël, dans une lettre publiée mardi à l’occasion du déclenchement d’une nouvelle vague de violence.marwan_barghouti_mur

L’appel vient après des mois de heurts à Jérusalem-Est annexée et dans ses environs et après un nombre croissant d’agressions contre des Palestiniens par des individus isolés.

Dans une lettre destinée à commémorer la mort du vétéran Yasser Arafat, voici dix ans, Barghouti déclare que « le choix de la résistance générale et armée » constituerait une marque de « fidélité à ce qu’a laissé Arafat, à ses idées et principes pour lesquels des dizaines de milliers de Palestiniens sont morts en martyrs ».

M. Barghouti, dont les autorités israéliennes disent qu’il a dirigé la seconde Intifada de 2000 à 2005, a rédigé sa lettre depuis sa cellule de la prison de Hadarim, où il purge cinq condamnations à perpétuité pour une implication présumée dans des attaques contre des cibles israéliennes.

Figure majeure au sein du mouvement Fatah du président Mahmoud Abbas, Barghouti a été arrêté en 2002 et condamné deux ans plus tard.

M. Barghouti a déclaré qu’il n’avait jamais appuyé des attaques contre des civils à l’intérieur d’Israël et, des dernières années, il a apporté son soutien à la résistance pacifique.

Il exerce toujours une influence énorme depuis sa prison et il est considéré comme le seul rival sérieux d’Abbas à la présidence par des sondages qui le désignent régulièrement comme favori des élections et estiment que, de ce fait, il devrait être libéré.

« Il est impératif de reconsidérer notre option de résistance comme une façon de vaincre l’occupant », écrit-il.

Avec les tensions religieuses qui surgissent également au point extrêmement chaud du quartier de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem (un lieu saint tant pour les musulmans que pour les juifs), Barghouti a pressé la direction palestinienne de passer à l’action et d’appliquer les menaces de mettre un terme à la coopération sécuritaire avec Israël.

« L’Autorité palestinienne doit revoir ses priorités et sa mission (…) et mettre immédiatement un terme à la coopération en matière de sécurité, laquelle ne fait que renforcer l’occupant », a-t-il ajouté.

Il a également émis des remarques sur les circonstances de la mort d’Arafat, affirmant que son «assassinat » résultait d’«une décision officielle israélo-américaine».

Y. Arafat est mort le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire de la banlieue parisienne et dans des circonstances qui n’ont jamais été éclaircies.

Il y a deux ans, en examinant ses effets personnels, des experts suisses avaient déclaré avoir découvert la présence de polonium à des taux de concentration « anormaux ». Il s’agit d’un métal toxique, extrêmement radioactif. Cette déclaration avec étayé l’opinion des Palestiniens selon laquelle Arafat avait été empoisonné par Israël.

Á plusieurs reprises, Israël a nié avoir joué le moindre rôle dans la mort d’Arafat.


Publié sur Ma’an News Agency le 12 novembre 2014. Traduction pour ce site : JM Flémal.

[1] Marwan Barghouti est incarcéré depuis 2002 dans une prison de haute-sécurité israélienne. L’occupant l’a condamné à cinq peines de prison à perpétuité pour le meurtre de cinq civils israéliens et son implication dans quatre « attaques terroristes ». Durant son procès, M. Barghouti a refusé de reconnaître la légitimité du tribunal israélien et, par conséquent, refuse de se défendre.

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