Crise sanitaire sans précédent à Gaza

Les hôpitaux de la bande de Gaza sont confrontés à des pénuries sans précédent de médicaments et matériels médicaux, a déclaré samedi le ministre de la santé du gouvernement de Gaza, Bassem Naem, cité par l’agence Maan News.

La dégradation des approvisionnements a atteint un niveau jamais vu, y compris pendant l’attaque israélienne de décembre 2008-janvier 2009, a-t-il ajouté. Intervenant lors d’une conférence de presse à l’hôpital Al Shifa (Gaza-ville), Naem a précisé qu’on manquait à présent de 180 spécialités pharmaceutiques différentes, et de 200 matériels et dispositifs divers, y compris d’alcool et d’aiguilles.

Tous les établissements sont affectés, la poursuite du blocus de Gaza par Israël ne faisant qu’exacerber la crise, a encore dit le ministre. L’état d’urgence sanitaire a été décrété depuis mercredi.

Vendredi, Naem a annoncé l’annulation ou le report de la plupart des interventions chirurgicales programmées, dont les opérations de pédiatrie, de cathéterisation cardiaque, de chirurgie par laparoscopie, d’orthopédie et de neuro-chirurgie. De même, les analyses de biologie médicale sont considérablement réduites.

Un service d’ophtalmologie de Gaza-ville a annoncé de son côté l’annulation de 12 interventions programmées.
L’hôpital Al Nasser, dans le sud de la bande, a signalé son incapacité à fournir les médicaments prescrits à 142 de ses patients hospitalisés.

Au ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas, on indique enfin que les promesses d’expédition de médicaments par l’Autorité Palestinienne depuis Ramallah, sont pour le moment restées lettre morte.

La Plate-forme Charleroi-Palestine avait prévu l’accueil de deux médecins Yaghi Aed et Zaqout Bassam à Charleroi, le mardi 14 juin, afin de témoigner sur la situation à Gaza.  Seulement, voilà : les médecins ont essayé à deux reprises de passer la frontière entre la Bande de Gaza et l’Égypte à Rafah (le seul poste frontière qui ne soit pas contrôlé par Israël), mais ils n’y sont pas parvenus.

Néanmoins, nous tenterons d’établir le contact avec les médecins en réalisant une liaison audio-vidéo par l’Internet durant la soirée de mardi, afin d’entendre leur témoignage.

Griet en Inge
Inge Neefs (à droite)

Nos invités palestiniens étant bloqués à Gaza, Inge Neefs et Josy Dubié ont accepté de se joindre à nous pour cette soirée.

Inge Neefs est une des quatre jeunes femmes belges qui se trouvaient sur les bateaux de la « Flottille de la Liberté » arraisonnés par l’armée israélienne le 31 mai 2010, opération au cours de laquelle 9 personnes ont été sommairement exécutées.
Depuis quelques semaines, Inge est de retour de Gaza où elle a travaillé plusieurs mois comme bénévole pour ISM (International Solidarity Movement) et pour le « Programme de santé mentale pour la communauté de Gaza ».

Josy DubiéJosy Dubié, grand reporter pour la RTBF et fonctionnaire des Nations Unies retraité et ancien sénateur, embarquera avec trois autres belges, dont Yannick Vanonckelen, membre de la Plate-Forme Charleroi-Palestine à bord du navire « Tahrir », l’un des navires de la prochaine Flottille internationale qui mettra prochainement le cap sur Gaza dans l’espoir de briser le blocus.
Josy Dubié est allé à plusieurs reprises à Gaza en tant que journaliste et connaît bien la région.  

La soirée a lieu ce mardi 14 juin à 18 h à « la Braise », rue Zénobe Gramme, 21, Charleroi;
(Entrée libre).

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