Comment des centaines d’espions israéliens inondent Twitter et Facebook

Israël utilise en secret une armée de plusieurs milliers de trolls sur les réseaux sociaux 1)Un troll est, dans le sens originel du terme, un être de la mythologie nordique, incarnant les forces naturelles ou la magie, caractérisé principalement par son hostilité envers hommes et dieux. Depuis quelques années, le terme est principalement utilisé pour caractériser des personnes qui, seules ou en meute organisée, utilisent l’internet et surtout les réseaux sociaux pour créer des polémiques à tous propos, dans le but de harceler des adversaires, de les discréditer, de les ridiculiser, et lorsqu’il s’agit d’Israël très fréquemment les faire passer pour antisémites – NDLR , financée en partie par un département du gouvernement israélien.

Le ministère des Affaires stratégiques est engagé dans une «guerre» mondiale contre BDS, le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions en faveur des droits des Palestiniens. Pour dissimuler son implication, le ministère a admis travailler avec des groupes de façade qui «ne veulent pas exposer leurs liens avec l’État».

L’armée de trolls Act.IL est l’un des nombreux groupes de ce type. Il se concentre sur la propagation de la propagande israélienne en ligne. Que fait-il avec son budget d’un million de dollars ? Act.IL est dirigé par un espion israélien, présenté comme «ancien», qui a affirmé que son équipe était impliquée dans «un nouveau type de guerre». Alors qu’Act.IL nie publiquement bénéficier du soutien du gouvernement israélien, son chef a avoué en hébreu travailler étroitement avec les ministères israéliens, et en anglais, que ses collaborateurs sont pour la plupart des espions israéliens supposés eux aussi «anciens».

Yarden Ben Yosef.
Yarden Ben Yosef.

Il s’appelle Yarden Ben Yosef. L’année dernière [2018], il a expliqué les méthodes de son groupe dans un article pour un journal destiné aux diplomates israéliens. Il a déploré qu’à Gaza, en mai, «le récit palestinien ait prévalu dans les médias mondiaux par rapport à celui d’Israël». Les “tireurs d’élite” (!) israéliens ont massacré plus de 60 manifestants palestiniens non armés en une seule journée lors de la Grande Marche du Retour, en blessant des milliers d’autres.

Ben Yosef a plaide pour [des agent d’influence israéliens] “s’insèrent dans les discussions en ligne”, car les lecteurs voient de nos jours la section commentaires sous les articles publiés par des sites web comme faisant partie de l’information.

Liens opérationnels

Utilisant des logiciels sophistiques de “monitoring”, Act.IL a surveillé de près les informations et les médias sociaux la semaine précédant l’ouverture de la nouvelle ambassade étatsunienne à Jérusalem, l’un des événements déclencheurs des manifestations palestiniennes. Ben Yosef a expliqué que «le contrôle des débats dans les médias en ligne devenait notre priorité absolue». Il a affirmé avoir réussi, grâce à ces efforts, à «placer les commentaires pro-israéliens en tête de liste dans 85% des cas». Il a écrit que cette stratégie permet à Israël de contourner sa «capacité limitée d’influencer l’opinion publique mondiale pendant les crises» en raison de «l’identité officielle» des agences gouvernementales qui nuit à leur crédit et donc à leur influence.

Des groupes prétendument «de la société civile» tels qu’Act.IL agissent comme des paravents commodes pour Israël. Dans une interview accordée à Forbes Israël l’an dernier, dans une interview en hébreu, Ben Yosef a rendu les liens opérationnels actuels d’Act.IL encore plus explicites. “Nous travaillons avec le ministère des Affaires étrangères et avec le ministère des Affaires stratégiques”, a-t-il admis. Ben Yosef a ajouté qu’Act.IL sollicitait les conseils de ces ministères et entreprenait des «projets communs» avec eux.

Il a affirmé que cela avait été fait «sans rémunération» – une affirmation contredite par la révélation du financement accordé à Act.IL par le ministère des Affaires stratégiques en 2017.

En quoi consistent exactement ces «projets communs» et comment fonctionnent-ils ?

La page d’accueil du site web d’Act.IL présente certains des principaux thèmes classiques de  la propagande israélienne : le Hamas c’est le diable, alors qu’Israël est pluraliste, Israël «n’est PAS un État d’apartheid» et les activistes de la solidarité pales­tinienne sont opposés à la «liberté d’expression». Le but est de salir les Palestiniens et leurs partisans, tout en faisant diversion, en changeant de sujet et en distrayant l’attention des incessantes violations des droits de l’homme commises par Israël.

Act.IL semble avoir un faible pour le mot “loufoque” – un trait assez typique de tels groupes se présentant faussement comme “de la société civile” agissant en sous-main pour le compte de l’État.

Un de ses slogans s’intitule «Israel Extreme Yourself», décrit par Act.IL comme une «manière fraîche et originale» de promouvoir Israël par le biais des «sports extrêmes». La vidéo montre de jeunes Israéliens qui surfent, font du snowboard et du parachutisme.

Act.IL affirme triomphalement que “la vidéo a atteint plus de 250.000 vues et plus de 2.000 partages” au cours des 36 premières heures qui ont suivi son affichage. Mais la vidéo vers laquelle renvoie le site web avait en fait moins de 2.000 vues au compteur sur YouTube au moment de la rédaction de cet article.

Une autre de ses campagnes est plus sinistre. Il s’agissait d’utiliser le slogan banal de la droite «Pallywood» 2)Contraction de “Palestine” et de “Hollywood” pour suggérer que les informations concernant les souffrances infligées par l’occupant israéliens aux Palestiniens “c’est du cinéma” – NDLR, pour dénigrer les Palestiniens comme des menteurs par nature. De telles théories du complot raciste semblent imprégner une bonne partie de la propagande d’Act. IL dont le directeur général Yarden Ben Yosef a également retweeté le célèbre islamophobe Daniel Pipes.

Aux origines

Les racines d’Act.IL se trouvent au Centre interdisciplinaire, ou IDC, à Herzliya, une université israélienne connue pour être étroitement liée aux services de renseignement israéliens.

Act.IL a également des liens étroits avec le Israeli-American Council – un groupe de pression de droite financé par Sheldon Adelson, milliardaire et militant sioniste, magnat des casinos de Las Vegas, qui a été le principal donateur de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.  3)Leurs intérêts financiers sont très liés. Selon Forbes, en décembre 2019 la fortune d’Adelson s’est accrue de 1,2 milliard de dollars en une semaine « en partie grâce à un Tweet de Trump« . Pas très étonnant, dès lors, qu’Adelson, dont la fortune se monterait à 37 milliards de dollars, fasse un don de 100 millions de dollars pour financer la campagne pour la réélection de Trump en 2020. – NDLR

Le Israeli-American Couincil est dirigé par Adam Milstein, un magnat de l’immobilier jadis emprisonné pour fraude fiscale. En complément du financement du ministère israélien anti-BDS, Adelson fait également des dons à Act.IL.

Yarden Ben Yosef de Act.IL a participé à une conférence de l’AIPAC en 2018 avec le bailleur de fonds du projet israélien Adam Milstein, et Jacob Baime 4)A propos de J. Baime voir par exemple cet article concernant la manipulation de la définition de l’antisémitisme pour en faire une arme de propagande israélienne – NDLR , un autre lobbyiste américano-israélien qui a reconnu en privé sa collaboration active avec le ministère israélien anti-BDS. (Facebook) Comme l’indique le site Web Act.IL, l’idée de l’application est venue de «salles de crise» organisées dans l’urgence qui ont fonctionné à Herzliya lors des principales attaques israéliennes contre Gaza en 2012 et 2014.

Chacune de ces «salles de crise» était intitulée  en hébreu «salle de guerre hasbara». Traduit littéralement par «explication», hasbara est un mot hébreu commun pour «propagande». Comme le rapportait The Electronic Intifada à l’époque, la «salle de guerre» de 2014 a été créée par Yarden Ben Yosef – alors président du syndicat étudiant IDC.

C’est Ben Yosef qui a fondé Act.IL et il travaille toujours en tant que directeur général de l’organisation. Un rapport interne de Act.IL divulgué par une fuite date la fondation du groupe de 2015, bien que l’application n’ait été officiellement lancée qu’en 2017. Selon son profil en ligne, Ben Yosef était à cette époque capitaine des services de renseignements militaires israéliens dans «une unité spéciale de renseignement de combat».

The Forward a rapporté en 2017 que Ben Yosef a passé huit ans dans ce rôle, et a admis que «le personnel d’Act.IL est en grande partie composé d’anciens officiers du renseignement israélien». Avec de tels liens, il n’est pas étonnant que le ministère israélien des Affaires stratégiques se soit senti à l’aise pour investir de grosses sommes dans le projet de Ben Yosef. Comme l’a rapporté The Electronic Intifada, ce ministère anti-BDS est composé d’espions israéliens prétendument «anciens», provenant principalement d’Aman, l’agence de renseignement militaire israélienne.

Dirigé par Gilad Erdan – une figure marquante du parti Likoud – le ministère est chargé d’une campagne permanente de «black ops» 5)Opérations clandestines de portée mondiale. L’une des principales activités récentes d’Act.IL a été la lutte contre la campagne BDS contre le concours Eurovision de la chanson qui a eu lieu à Tel Aviv. Le groupe a détourné à plusieurs reprises des sondages en ligne pour évaluer le soutien du public au boycott. Ainsi par exemple, en avril, la publication irlandaise TheJournal.ie a mené un sondage pour demander aux lecteurs s’ils soutenaient le boycott. Bien que la majorité des participants au sondage se soient initialement prononcés en faveur du boycott, le vent a tourné après qu’Act.IL a ordonné aux utilisateurs de son application de voter. Le score final a été de 54,3% contre le boycott, alors qu’il n’était que de 38% avant que Act.IL batte le rappel des sionistes du monde entier.

Dans une conversation de groupe privée sur l’application de messagerie chiffrée Telegram, Act.IL a ensuite reconnu que ses utilisateurs avaient détourné le sondage. Des captures d’écran qui en attestent ont été fournies par Michael Bueckert, un chercheur qui surveille l’application et publie ses résultats sur le compte Twitter @AntiBDSApp. Dans le même chat de groupe, Act.IL a également encouragé les utilisateurs à tricher en votant plusieurs fois pour «corriger» le sondage. «Chaque fois que vous supprimez vos cookies, vous pouvez voter de nouveau», indiquait Act.IL à ses sympathisants.

Un incident similaire avait eu lieu au Royaume-Uni en février 2019, après que Good Morning Britain, une émission de télévision populaire, avait demandé sur Twitter si les téléspectateurs soutenaient le boycott de l’Eurovision «sur le dossier israélien des droits de l’homme». Le sondage qui l’accompagnait a de nouveau initialement tourné en faveur du boycott, avec 55% de votes «oui» — comme le prouve une capture d’écran d’Act.IL. Act.IL a donc lancé une «mission» dans son application pour diriger son armée de trolls à voter «non». (Le groupe a affirmé dans un rapport interne au début de cette année que 15.000 utilisateurs effectuaient 1.580 de ces «missions» chaque semaine.)

Les messages de Good Morning Britain sur Twitter et Facebook ont ​​ensuite été supprimés, mais pas avant que l’intervention israélienne n’ait réussi à inverser le résultat initial du sondage. La proportion de votes favorables à un boycott de l’Eurovision est tombée à 40%. Udi Avivi, porte-parole de l’ambassade d’Israël à Londres, a ensuite affirmé que le scrutin avait été supprimé car il y avait eu «un résultat gênant».

La lutte contre le boycott culturel d’Israël est loin d’être le seul problème qui motive Act.IL.

Campagne politique contre Corbyn

En août 2018, Act.IL a déclenché une campagne de son armée de trolls afin d’émettre et de promouvoir en ligne contre le Parti Travailliste britannique, en accusant en particulier son leader Jeremy Corbyn d’antisémitisme. 6)La rédaction initiale de cet article date de juin 2019. Il y a eu depuis lors d’importants développements concernant la Grande-Bretagne, en particulier dans le contexte du BREXIT et des élections législatives en décembre 2019 qui ont été provoquées par l’incapacité du gouvernement conservateur de Boris Johnson de réunir une majorité au parlement sur le texte d’un accord de sortie de l’Union Européenne. Ces élections se sont soldées par une cuisante défaite des travaillistes, dans laquelle la campagne menée par les milieux sionistes ont joué un rôle, ainsi que l’attitude adoptée par Corbyn et son parti tant vis-à-vis du BREXIT que de cette campagne haineuse, mais aussi sur les questions sociales. Ceci n’entre pas dans le cadre de cet article. On se rapportera avec profit par exemple à cet article du Monde Diplomatique : «Pourquoi le Labour a perdu». Selon un sondage, en février 2020, 73% des membres du Labour estimaient que la question de l’antisémitisme supposé dans leur parti a été inventée de toutes pièces ou grossièrement exagérée par l’aile droite du parti opposée à Corbyn ou par les médias de droite.  – NDLR

L’application Act.IL a donné instruction aux utilisateurs d’assurer la promotion de documents accusant Jeremy Corbyn d’antisémitisme. (Michael Bueckert) L’application a demandé à ses utilisateurs de publier des commentaires sur Facebook en réponse à une histoire du Huffington Post UK sur les prétendues «remarques anti-israéliennes» de Corbyn, qui selon elle étaient «souvent un moyen de dissimuler l’antisémitisme». Ce n’était là que l’un des nombreux efforts du gouvernement israélien pour faire dérailler la route de Corbyn vers le pouvoir. Cette ingérence dans la démocratie britannique 7)On notera que les si les médias occidentaux font volontiers preuve d’une certaine hystérie à propos d’inter­ventions réelles ou supposées du gouvernement de la Russie dans les affaires intérieures d’autres pays (on a même vu en février 2020 des commentateurs français supposer que le Kremlin était à l’origine de la diffusion de vidéos où l’on voyait un candidat à la mairie de Paris proche d’Emmanuel Macron se masturber, ce qui a provoqué le retrait de sa candidature), l’intervention permanente d’Israël est devenue banale et ne suscite guère d’émotion médiatique. En février 2020 encore, le Ministre israélien des Affaires étrangères a réclamé l’interdiction d’un… cortège de carnaval en Belgique néerlandophone – NDLR est survenue au plus fort de l’hystérie médiatique de l’été 2018 au sujet d’une supposée «crise» de l’antisémitisme au sein du Parti travailliste.

Act.IL  a mené des interventions malhonnêtes similaires contre l’élue progressiste au Congrès des États-Unis Ilhan Omar, y compris en invitant ses utilisateurs à partager sur Facebook une attaque sectaire contre elle émise par la célèbre islamophobe Brigitte Gabriel. Depuis l’année dernière, 4IL – un site web créé par le ministère israélien des Affaires stratégiques pour promouvoir Act.IL – organise même une conférence annuelle dans le monde réel, à laquelle Ben Yosef participe. L’événement rassemble des «experts des médias sociaux» du monde entier sous les auspices du gouvernement israélien.

Il s’agissait, pour ce qui est de ceux venus du Royaume-Unis seulement, des militants anti-palestiniens David Collier et Simon Cobbs, ainsi que du lobbyiste professionnel pro-israélien Luke Akehurst, qui est également un activiste de droite au sein du Parti travailliste. Une «mission» Act.IL a incité les utilisateurs à «liker et commenter» un tweet que Collier avait fait en réponse à un article dans le quotidien The Guardian de la rock star Roger Waters, qui soutient le mouvement BDS. Collier a qualifié l’article de «haineux».

Collier a pris la parole à la conférence de 2019. Il a projeté une diapositive qui conduit à se demander s’il n’est pas légèrement paranoïaque. En effet, il affirme que les militants pour les droits des Palestiniens utilisent – quelle horreur – des «mouvements de solidarité»,  organisent des «réunions BDS» et même font usage de «livres» !  8)Collier, Cobbs et Akehurst n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Electronic Intifada.

Harcèlement dans le monde réel

L’application Act.IL a également fait la promotion d’au moins l’un des sites web anonymes ciblés harcelant des étudiants et des universitaires américains coupables d’avoir fait campagne pour le BDS. Ces campagnes de harcèlement sur le net ont débordé dans le monde réel.

Dans The Lobby – USA, un documentaire en quatre parties de l’unité d’enquête d’Al Jazeera, Jacob Baime, le directeur d’un autre groupe lié au ministère israélien des Affaires stratégiques explique comment il a mis en place «un site web anonyme promu par des publicités Facebook ciblées contre les gens qui sont anti-Israël».  Vous pouvez regarder le clip pertinent dans cette vidéo [en].

Certaines des campagnes de ce type ont impliqué des propos diffamatoires contre des militants du BDS, notamment des allégations sciemment fausses d’agression sexuelle. La divulgation 9)probablement partielle seulement – NDLR de financement faits par le ministère des Affaires stratégiques en 2017 ont révélé plus de 570.000 $ de financement pour les publicités en ligne, y compris sur Facebook. Ces publicités ont été retirées sans qu’on en sache la raison, mais il est probable qu’elles ont été utilisées pour promouvoir le contenu Act.IL. Dans le documentaire de Al Jazeera, Baime a admis que son groupe «se coordonne» avec le ministère israélien des Affaires stratégiques.

Bien qu’Act.IL utilise beaucoup les expressions à la mode au sujet de sa «communauté» de «volontaires» ou «bénévoles», en réalité, ce groupe est financé par l’État d’Israël et soutenu par de riches donateurs de l’aile droite du lobby israélien. Le directeur général d’Act.IL, Yarden Ben Yosef, a fait une présentation devant des fonctionnaires israéliens via Facebook.

Ben Yosef donne un aperçu de la réalité. L’«ancien» espion israélien, parlant de Act.IL à ce groupe de fonctionnaires israéliens affirme que Act.IL «ajouterait des milliers de volontaires» au «bénéfice de l’Etat d’Israël».

Il est évidemment particulièrement douteux que des fonctionnaires utilisant une application financée par un État afin de répandre la propagande de cet État puissent réellement être qualifiés de «volontaires» ou de «bénévoles».

Electronic Intifada a envoyé un courriel à Facebook et à Twitter pour demander des réponses aux problèmes soulevés dans cet article. Facebook n’a pas répondu. Un porte-parole de Twitter a initialement promis une réponse, mais celle-ci n’est jamais venue. Jusqu’à ce que Facebook, Twitter, Google et les autres géants irresponsables des médias sociaux de la Silicon Valley prennent au sérieux la menace d’ingérence israélienne, la «guerre» en ligne contre les droits des Palestiniens devrait se poursuivra vraisemblablement.

Asa Winstansley


Asa Winstansley est un journaliste d’investigation, collaborateur régulier de « Electronic Intifada ».
Il a été lui-même harcelé par les promoteurs de la campagne à base d’accusation d’antisémitisme à des fins de propagande, contre le Labour, dont il était membre. La direction du parti travailliste ayant adopté une attitude de recherche de conciliation qui était d’avance vouée à l’échec, il a quitté le Labour.

Cet article a été publié par Electronic Intifada le 25 juin 2019.
Traduction et adaptation : Luc Delval.

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References   [ + ]

1. Un troll est, dans le sens originel du terme, un être de la mythologie nordique, incarnant les forces naturelles ou la magie, caractérisé principalement par son hostilité envers hommes et dieux. Depuis quelques années, le terme est principalement utilisé pour caractériser des personnes qui, seules ou en meute organisée, utilisent l’internet et surtout les réseaux sociaux pour créer des polémiques à tous propos, dans le but de harceler des adversaires, de les discréditer, de les ridiculiser, et lorsqu’il s’agit d’Israël très fréquemment les faire passer pour antisémites – NDLR
2. Contraction de “Palestine” et de “Hollywood” pour suggérer que les informations concernant les souffrances infligées par l’occupant israéliens aux Palestiniens “c’est du cinéma” – NDLR
3. Leurs intérêts financiers sont très liés. Selon Forbes, en décembre 2019 la fortune d’Adelson s’est accrue de 1,2 milliard de dollars en une semaine « en partie grâce à un Tweet de Trump« . Pas très étonnant, dès lors, qu’Adelson, dont la fortune se monterait à 37 milliards de dollars, fasse un don de 100 millions de dollars pour financer la campagne pour la réélection de Trump en 2020. – NDLR
4. A propos de J. Baime voir par exemple cet article concernant la manipulation de la définition de l’antisémitisme pour en faire une arme de propagande israélienne – NDLR
5. Opérations clandestines
6. La rédaction initiale de cet article date de juin 2019. Il y a eu depuis lors d’importants développements concernant la Grande-Bretagne, en particulier dans le contexte du BREXIT et des élections législatives en décembre 2019 qui ont été provoquées par l’incapacité du gouvernement conservateur de Boris Johnson de réunir une majorité au parlement sur le texte d’un accord de sortie de l’Union Européenne. Ces élections se sont soldées par une cuisante défaite des travaillistes, dans laquelle la campagne menée par les milieux sionistes ont joué un rôle, ainsi que l’attitude adoptée par Corbyn et son parti tant vis-à-vis du BREXIT que de cette campagne haineuse, mais aussi sur les questions sociales. Ceci n’entre pas dans le cadre de cet article. On se rapportera avec profit par exemple à cet article du Monde Diplomatique : «Pourquoi le Labour a perdu». Selon un sondage, en février 2020, 73% des membres du Labour estimaient que la question de l’antisémitisme supposé dans leur parti a été inventée de toutes pièces ou grossièrement exagérée par l’aile droite du parti opposée à Corbyn ou par les médias de droite.  – NDLR
7. On notera que les si les médias occidentaux font volontiers preuve d’une certaine hystérie à propos d’inter­ventions réelles ou supposées du gouvernement de la Russie dans les affaires intérieures d’autres pays (on a même vu en février 2020 des commentateurs français supposer que le Kremlin était à l’origine de la diffusion de vidéos où l’on voyait un candidat à la mairie de Paris proche d’Emmanuel Macron se masturber, ce qui a provoqué le retrait de sa candidature), l’intervention permanente d’Israël est devenue banale et ne suscite guère d’émotion médiatique. En février 2020 encore, le Ministre israélien des Affaires étrangères a réclamé l’interdiction d’un… cortège de carnaval en Belgique néerlandophone – NDLR
8. Collier, Cobbs et Akehurst n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Electronic Intifada.
9. probablement partielle seulement – NDLR