Combien coûtera BDS à l’économie israélienne ?

La campagne BDS maintient en permanence les dirigeants israéliens sur des charbons ardents.  C’est le cas aussi pour quelques milliardaires étatsuniens comme Sheldon Adelson – promoteur immobilier et propriétaires de casinos, 18ème fortune mondiale selon le classement de Forbes, un Républicain – et le producteur Haim Saban (un Démocrate), qui il n’y a pas bien longtemps ont surmonté leurs divergences politiques pour tenir une réunion secrète à Las Vegas afin de décider comment combattre la campagne mondiale de boycott, désinvestissement et sanctions qui vise Israël.Et ouvrir largement leur bourse pour financer la contre-attaque israélienne.

Et qu’est-ce qui pousse Yair Lapid, naguère viré du gouvernement par Netanyahou pour cause de manque d’enthou­siasme en faveur de la colonisation de la Cisjordanie, à affirmer que  “derrière BDS”  se cache “une organisation jihadiste globale”, forcément antisémite, et qui est aussi à l’origine des attentats du 11 septembre 2001 ? Et qu’est-ce qui pousse le chroniqueur de Haaretz Ari Shavit à qualifier assez comiquement BDS de “maléfique et sophistiqué” ?

Voici la raison.

Le quotidien du monde de la finance anglo-saxonne, le Financial Times (FT), a publié un copieux article, assez équilibré, à propos de la rapide progression de BDS, dans lequel on trouve quelques données économiques frappantes sur la puissance que le mouvement non-violent pour la justice en Palestine acquiert.

L’information la plus importante se cache dans les profondeurs de l’article du Financial Times :

«Toutefois, il existe des signes que l’inquiétude d’Israël à propos de BDS est authentique. Cette semaine, un journal financier israélien a fait “fuiter” un rapport gouvernemental selon lequel BDS pourrait coûter à l’économie israélienne 1,4 milliard de dollars par an. L’estimation inclut la baisse des exportations des colonies à la suite de la décision de l’Union Européenne de commencer à étiqueter les produits qui y sont fabriqués – qui ne fait pas partie du mouvement BDS, même si beaucoup d’Israéliens amalgament les deux choses.

La Rand Corporation, le “think-tank” US, dit que le coût pourrait être trois fois plus important : 47 milliards de dollars en 10 ans.»

Voilà la véritable histoire de BDS. Son impact est massif.  CNN a rendu compte de cette étude de Rand, l’autre jour, parlant d’un “coup de 15 milliards de dollars”, largement explicable par le succès de la campagne en Europe; tandis que le même jour le New York Times (NYT) faisait grand cas des déclaration du patron de “Orange” qui assurait que l’opérateur de télécoms français ne participe pas à BDS. Mais l’article ne disait un mot ni à propos de la fuite de l’étude du gouvernement israélien ni des projections de Rand Corporation.

Certes, Jodi Rudoren a évoqué par la suite dans le NYT l’étude de la Rand Corporation, mais l’estimation faite par celle-ci de 47 milliards de dollars de dommages à l’économie israélienne ne lui a pas paru mériter d’être mentionnée. Surtout, éviter la panique !


Source : Mondoweis.net, CNN, Rand Corporation – Traduit et adapté par Luc Delval

Print Friendly, PDF & Email