«Bienvenue en Palestine» : un juge israélien donne raison aux «hooligans» et autres «terroristes» venus d’ailleurs

Les efforts et les sacrifices consentis par les centaines de participants à la mission « Bienvenue en Palestine », et en particulier ceux des 120 (Français, Belges, Allemands, Britanniques, etc.) emprisonnés par Israël, ont obtenu mercredi un succès judiciaire sans précédent. Un tribunal israélien a en effet jugé que la décision du Ministère israélien de l’Intérieur d’interdire l’entrée du territoire à des militants déclarant se rendre dans les territoires palestiniens occupés était illégale.

Il a en outre précisé, dans son jugement, qu’il était anormal que des personnes souhaitant se rendre dans les territoires palestiniens occupés soient le plus souvent contraintes, pour avoir une chance de passer le contrôle à la frontière, de mentir lorsqu’elles arrivent à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv.

En somme, le jugement donne entièrement raison aux organisateurs de la mission « Bienvenue en Palestine – Welcome to Palestine » dont l’un des fondements majeurs est d’affirmer le droit des citoyens à voyager, et à rendre visite à leurs amis de Palestine occupée.

Et il administre une claque sévère, non seulement à son propre gouvernement, mais aussi à la chaîne de ses complices : notamment à la Consule générale de France Colette Le Baron, qui n’a pas eu d’autres paroles pour les militants français emprisonnés que des « vous n’aviez qu’à pas venir », les gouvernements européens , ou encore les compagnies aériennes qui ont docilement exécuté les ordres de la police secrète israélienne.

Le tribunal avait à connaître du cas de deux militantes, une Australienne et une Néo-Zélandaise, Sylvia Hale (ancienne parlementaire australienne et membre du parti des « verts ») et Vivienne Porzsolt (membre de « Jews Against the Occupation »), arrivées mardi à l’aéroport de Tel-Aviv. Toutes deux sont arrivée à Tel Aviv en provenance d’Athènes, car elles font partie de ceux qui voulaient s’embarquer sur un des bateaux de la « flotille II » pour briser le blocus de Gaza, dont on sait qu’elle a été bloquée par les autorités grecques.

Reprenant le flambeau des mains de nos 120 prisonniers, ces deux femmes âgées de 69 ans ont-elles aussi déclaré en toute franchise « Oui, nous allons en Palestine », et se sont vu opposer un refus d’entrée, qu’elles ont aussitôt contesté avec l’appui de l’avocat israélien Omer Shatz.

« C’est la première fois qu’un procès contestant une mesure d’expulsion se solde par une victoire. C’est une décision extrêmement importante, qui fera jurisprudence pour tous les cas à venir », a-t-il commenté.

Selon Haaretz, les deux femmes se sont engagées devant le juge à ne pas participer à des manifestations durant leur séjour.

Nous ne faisons pas une confiance excessive à l’indépendance du système judiciaire israélien, et n’oublions pas que ce jugement est susceptible de faire l’objet de pressions gouvernementales et policières, et être frappé d’appel par un échelon supérieur du système.

Dans l’immédiat, il servira néanmoins de référence, à un autre cas, qui doit être jugé jeudi. Celui de l’Allemande Angelica Seyfrid, voyageuse du 8 juillet de la mission Bienvenue en Palestine, et qui conteste en justice, depuis sa cellule de prison en Israël, le refus d’entrer. Omer Shatz se déclare confiant.

Quant aux « terroristes » par centaines sur la liste du Mossad et interdits d’embarquer, ou bien prisonniers d’Israël au cours des derniers jours, ce jugement ne fait que renforcer leur détermination à défendre le droit, et à défendre leurs droits : Oui, il y aura d’autres missions Bienvenue en Palestine, mobilisant plus de monde encore, aux portes de la Palestine. Jusqu’à ce qu’elle s’ouvrent enfin bien larges.

 

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