Belges expulsées de Ben Gourion Airport

Elise et Rachida, deux citoyennes belges, ont été retenues plus de 8h à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv dans la nuit du jeudi 30 juin au vendredi 1 juillet, subissant des dizaines d’interrogatoires de plus en plus menaçants, alors qu’elles partaient faire du tourisme en Israël.

Elles avaient également l’intention de rencontrer des Palestiniens à Jérusalem mais elles ne l’ont jamais dit aux autorités israéliennes, qui a aucun moment n’ont pu prouver qu’elle avaient un contact palestinien. Elles ont pourtant été menacées, leur téléphones portables ont été fouillés, on leur a demandé leurs empreintes, ce à quoi elles n’ont jamais cédé, et pour ce « manque de coopération » elles ont été interdites d’entrée de territoire israélien.

A aucun moment elles n’ont manqué de respect envers les membres de la police des frontières ni ne les ont provoquées. Les gardes de l’aéroport ont fait preuve de racisme tout au long des interrogatoires envers Rachida, citoyenne belge d’origine maghrébine et de confession musulmane, et de son amie Elise, « belge catholique », qui de toute évidence pour eux était inconsciente de voyager avec une personne d’origine arabe.

Le vendredi 1 juillet, à 7 h du matin, les deux jeunes femmes ont ensuite été emmenées contre leur gré en centre de détention alors qu’elles n’étaient accusées d’aucun crime, et maltraitées physiquement afin d’en faire entrer une de force dans une cellule et de confisquer son téléphone à l’autre, car ils ne voulaient qu’aucun contact ne soit pris avec la Belgique ou l’ambassade belge.

Elise a été agrippée aux bras par 6 gardes pour la contraindre d’entrer en cellule et Rachida a été attrapée au visage par les gardes alors qu’elle tentait de laisser un message sur le répondeur de l’ambassade belge à Tel-Aviv et ensuite poussée par les gardes en celulle. Elles y sont restées 17h après quoi elles ont été reconduites à l’aéroport pour être renvoyées en Belgique, le samedi 2 juillet à 1 h du matin.

Ce qui est arrivé à Elise et Rachida montre toute l’importance de la mission internationale du 8 août. Trop de personnes et en particulier les personnes d’origine arabe, désireuses de se rendre en Palestine sont soumises à des pratiques arbitraires, voire illégales, et sont souvent refoulées.

Ces méthodes qu’utilisent les services de sécurité israéliens dissuadent les sympathisants de la cause palestinienne de se rendre en Palestine. Mais, cette fois-ci, invités par des associations palestiniennes, ils ont décidé de s’y rendre en groupe.

Tous les participants français, belges, britanniques, allemands, italiens, américains à la mission internationale du 8 août, ont décidé d’un commun accord que, n’ayant rien à cacher et venant avec des intentions totalement pacifiques, ils informeraient les autorités israéliennes de leur volonté de se rendre en Cisjordanie, directement après leur arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv.

Leur but n’étant pas de « semer la pagaille à l’aéroport de Tel-Aviv », comme veulent le faire croire certaines officines israéliennes, mais bien pour rendre visite à des familles palestiniennes, partager leur quotidien pendant une semaine, visiter les villes, les villages et les camps de réfugiés, découvrir les difficultés de leurs habitants, mais aussi leur culture et leurs attentes.

Le programme de la mission « Bienvenue en Palestine » comprend notamment des échanges avec le Centre culturel Al-Rowwad du camp de réfugiés d’Aïda (Bethléem), l’aide à la plantation d’oliviers dans les villages autour de Ramallah, ainsi qu’une visite de solidarité aux animateurs du Théâtre de la Liberté à Jénine, dont le directeur, Juliano Meir Khamis, a été sauvagement assassiné récemment.

 

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