Beaucoup moins de Juifs ont quitté la France en 2015 qu’espéré par Netanyahou

Très peu de temps après les attentats de Paris de janvier 2015, le gouvernement Netanyahou avait adopté un plan de 180 millions de shekels (47 millions de dollars US) pour financer l’accueil des milliers et des milliers de Juifs qui, pensait-il, allaient venir se réfugier dans ses bras protecteurs. Outre les aides financières et avantages fiscaux prévus par la «loi du retour», des aides spéciales étaient même prévues pour les aider à transférer leurs entreprises vers Israël.

«Nous disons à nos frères et sœurs juifs qu’Israël est votre maison», avait déclaré  Netanyahou. «Nous appelons à une immigration massive en provenance d’Europe», avait-il ajouté. Le nombre d’émigrants aura effectivement sensiblement augmenté, mais on est très très loin de ce qu’espérait le gouvernement israélien.act1598-ALYAH

A la fin de cette année, environ 8.000 Juifs auront émigré de France vers Israël, selon Haaretz.  C’est un nombre record, supérieur d’un millier à celui de l’année précédente. Mais, souligne le quotidien israélien, ce chiffre est très inférieur à ce qu’escomptaient le «Ministère de l’intégration des immigrants» et «l’Agence Juive», qui tablaient sur pas moins de 15.000 arrivées en provenance de France.

Pour ce qui concerne la Belgique, alors que les officiels israéliens faisaient état en février d’une «augmentation spectaculaire», à la fin de l’année le nombre d’émigrants juifs enregistrés aura été sensiblement le même qu’en 2014 : moins de  300 au total.

En 2014, le nombre de personnes ayant quitté la France pour s’établir en Israël avait été de ±7.000, ce qui représentait grosso modo un doublement par rapport à l’année 2013. Pour la deuxième année consécutive, la France (où vit la plus importante communauté juive du monde, exception faite des États-Unis) est le premier pays de provenance des Juifs qui émigrent vers Israël, suivie par l’Ukraine (±7.000 émigrants).

Au total, ce sont environ 30.000 Juifs du monde entier qui auraient émigré vers Israël cette année, contre 27.000 en 2014, selon le gouvernement.

Le nombre de ceux qui font la démarche inverse et quittent Israël pour retourner d’où ils étaient venus ou s’installer ailleurs n’est, comme de coutume, pas communiqué. Si les associations juives et/ou sionistes font une abondante publicité autour de «l’alya» très peu d’informations dont disponibles à propos de la «yerida». On sait seulement que le phénomène est loin d’être anecdotique, et que les aléas de la conjoncture économique jouent un grand rôle, notamment pour ce qui concerne les aller et retours entre Israël et les États-Unis.

La situation économique atone de la France et le sentiment de la montée de l’antisémitisme (même si les musulmans sont en réalité les première victimes d’actes quotidiens de racisme) sont les explications les plus fréquemment avancées. Les attentats de janvier 2015 – contre Charlie Hebdo et contre le magasin HyperCasher – ont évidemment accéléré le phénomène, mais – dit Haaretz – «les prévisions ont été exagérées». Ce qui revient à dire que les Juifs de France, et moins encore ceux de Belgique, n’ont pas réagi comme l’espérait le gouvernement israélien, ou du moins pas dans les proportions souhaitées.