Petit guide du boycott

La campagne BDS s’articule, comme l’acronyme l’indique, en trois volets d’égale importance :

    • B pour BOYCOTT, celui qui est directement à la portée de chacun d’entre nous (chaque fois que nous faisons des achats dans une grande surface, par exemple). A la fois l’occasion de manifester que les produits du régime colonial d’apartheid ne sont pas les bienvenus, et d’engager un dialogue avec les commerçants, les autres consommateurs,…
    • D pour DÉSINVESTISSEMENT, qui concerne forcément au premier chef les investisseurs, gestionnaires de capitaux, etc…
    • S pour SANCTIONS,  celles que dans un monde civilisé la communauté des nations devraient prendre contre un “État voyou” qui viole systématiquement ses obligations découlant notamment des résolutions des Nations-Unies, des Conventions de Genève et tout simplement des lois que la conscience devrait imposer à tous.

 Mais pour l’heure, nous envisagerons ici essentiellement la question du boycott, que chacun d’entre nous peut quotidiennement mettre en œuvre sans avoir à consentir de sacrifice particulier.

Pourquoi devrais-je participer au boycott préconisé par BDS ?

[showhide type= »pourquoi »]

Les gouvernements de ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté internationale » ne manifestent aucune volonté de mettre fin à leur soutien à la politique des gouvernements israéliens successifs, qui violent en permanence le droit international, d’innombrables résolutions des Nations-Unies et les droits de l’homme, aux dépens du peuple palesti­nien. Tout au plus ils « regrettent », se déclarent « inquiets » et rarement « condamnent », mais jamais ils n’envisagent la moindre sanction concrète à l’encontre d’Israël.

En participant à une campagne mondiale, coordonnée et ciblée – à savoir la campagne BDS (pour Boycott, Désinvestissement et Sanctions) initiée et conduite par les Palestiniens eux-mêmes – chacun a à sa disposition un outil stratégique puissant pour contribuer à isoler Israël afin d’exercer la pression indispensable pour arriver à une paix juste et durable.

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Qui a lancé la campagne « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » (BDS) ?

[showhide type= »qui »]

Cette campagne a été lancée en juillet 2005 par 170 organisations représentatives de la société palestinienne, qui se sont regroupées dans le « Comité National Palestinien BDS », qui comprend des organisations religieuses et laïques, des syndicats, des associations d’entraide, de femmes, de militants contre « le mur de l’apartheid » érigé par Israël, pour le « droit au retour » des réfugiés, …

Ensemble, ils ont lancé un appel à « tous les gens de conscience, partout dans le monde, à imposer des boycotts étendus et à mettre en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, similaires à ceux appliquées contre l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid ».

Un certain nombre d’Israéliens – principalement des intellectuels conscients de l’incapacité de la société israélienne à remettre en cause la politique colonialiste et raciste suivie par tous les gouvernements suc­cessifs depuis des décennies – se sont ralliés à cet appel.

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Est-ce qu’une campagne de ce genre est efficace ?

[showhide type= »efficacite »]
Dans le passé, cette stratégie de boycott a eu un effet considérable pour abattre le régime de l’apartheid en Afrique du Sud.
Mais il y a d’autres exemples dans l’histoire où un boycott s’est montré efficace. On peut citer :

  • le boycott des autobus de la ville de Montgommery, en Alabama en 1955 : pour protester contre la politique de ségrégation raciale, les Noirs (et quelques rares Blancs) ont préféré pendant 381 jours faire des milliers de kilomètres à pied. Ce boycott a été un des événements majeurs du mouvement des droits civiques aux États-Unis.
  • le boycott contre le régime raciste de la Rhodésie du Sud, décrété à partir décembre 1966 par les Nations-Unies. La résolution 253 adoptée en mai 1968 exige que tous les membres de l’ONU cessent leurs relations commerciales et économiques avec la Rhodésie (devenu aujourd’hui le Zimbabwe).
  • l’Afrique du Sud, déjà citée : le boycott populaire entraîne les gouvernements à adopter des sanctions, avec au bout du chemin la chute du régime d’apartheid, en dépit du soutien que certaines des plus grandes puissances de la planète – dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France (qui a permis à l’Afrique du Sud d’accéder à l’arme nucléaire, comme elle le fit pour Israël) et Israël – ont longtemps apporté au régime de l’apartheid. Voir un bilan détaillé sur le site de l’Association France-Palestine.
  • la Birmanie (Myanmar) : l’opposante Aung San Suu Kyi avait lancé en 1996 un appel au boycott international du tourisme dans son pays, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la violation des droits de l’Homme par la junte et main-mise du pouvoir sur les infrastructures touristiques, la junte étant souvent en situation de monopole. Les États-Unis et l’Union Européenne ont par ailleurs adopté des sanctions économiques strictes contre le régime militaire. Le tout a forcé les militaires à faire évoluer le régime vers plus de démocratie et moins de répression.

Les dirigeants israéliens et leurs partisans affirment alternativement que BDS n’a aucun effet sur l’économie israélienne et que BDS représente “une menace existentielle” pour Israël. Plus sérieusement, en 2015 le grand journal financier anglo-saxon, les Financial Times, estimait à 1,4 milliard de dollars par an les dommages que BDS fait subir à l’économie israélienne (y compris l’impact de la décision de l’U.E. de faire étiqueter les produits des colonies israéliennes comme tels, ce qui n’a stricto sensu rien à voir avec BDS). L’institut de recherche “Rand Corporation” (États-Unis) a pour sa part avance une évaluation très supérieure : 47 milliards de dollars sur 10 ans.

On peut dire qu’en 2015 la campagne BDS a pris une ampleur jamais égalée auparavant, notamment aux États-Unis (ce qui est très important vu le rôle de Washington dans la perpétuation de l’occupation de la Palestine) et d’une manière plus générale dans les pays anglo-saxons. Pour une rétrospective détaillée, voir ici.

Le boycott par les consommateurs est une arme efficace quand il est ciblé, stratégique et basé sur des informations vérifiées et précises. Cela permet de gagner un large soutien dans l’opinion et force les gouver­ne­ments à agir. Les propagandistes israéliens sont obsédés par BDS, contre qui ils ne cessent de vitupérer, tout en prétendant que la campagne n’a aucun impact sur l’économie israélienne.

Ne relevons que quelques exemples récents, parmi des centaines, dans des secteurs très différents :

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Que faut-il boycotter ?
Israël, ou seulement les colonies ?

[showhide type= »quoi »]
Il y a sur le marché des milliers de produits vendus par des compagnies israéliennes et des multinationales qui participent à la violation des droits humains commises par Israël.

Les boycotts par les consommateurs ayant le plus puissant effet sont ceux qui s’inscrivent dans une campagne qui peut avoir un impact concret, comme par exemple exercer une pression sur les détaillants pour qu’ils renoncent à vendre les produits visés et/ou expriment à leurs propres fournisseurs leur refus (ou au moins leurs réticences) des produits « made in Israel ».

Néanmoins, d’aucuns ne souhaitent boycotter que les produits fabriqués dans des usines ou ateliers situés dans les territoires palestiniens occupés par Israël. Ce n’est pas la position défendue par les comités BDS, mais chacun.e est libre de choisir son mode d’action.

Il n’y a pas de séparation structurelle entre l’économie des colonies et l’économie israélienne. Les deux sont totalement imbriquées, et ce n’est pas l’occupation qu’il faut boycotter, c’est Israël. Une enquête approfondie du quotidien Haaretz publiée en décembre 2015 a d’ailleurs montré que toute l’économie israélienne se met au service de la colonisation, notamment parce que des entreprises de toutes tailles et de tous les secteurs – de la téléphonie aux services financiers en passant par le chocolat, le pétrole ou les diamants – font don de millions de dollars à des colonies, souvent les plus liées aux extrémistes religieux.

Au final, d’ailleurs, c’est Israël qui règle le problème, puisque le gouvernement israélien lui-même refuse de faire la distinction entre les produits des colonies et ceux fabriqués en Israël, et les exportateurs israéliens s’emploient à brouiller les pistes pour empêcher d’identifier la provenance exacte de leurs produits. S’il refusent toute traçabilité, comment le mouvement BDS pourrait-il faire la différence ?

Chacun reste bien entendu libre de fixer ses propres limites, mais la position des promoteurs de BDS est claire : le boycott vise tous les produits israéliens. Boycotter les produits des colonies et eux seuls c’est déjà mieux que pas de boycott du tout, mais cela revient à évacuer la dimension politique du boycott : c’est la politique à long terme d’Israël et non telle ou telle entreprise en particulier qui est visée.

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Cette campagne de boycott ne se retourne-t-elle pas contre les travailleurs palestiniens, qui ont besoin de travailler pour vivre ?

[showhide type= »boomerang »]
Les propagandistes israéliens ne se privent pas de souligner que des entreprises israéliennes « créent de l’emploi  » en Cisjordanie et « participent au développement de l’économie palestinienne  ». L’affirmation est, à 90%, mensongère.

Globalement, l’occupation israé­lienne est organisée pour limiter étroite­ment le développement de l’économie palestinienne afin qu’elle n’entre en aucune manière en concurrence avec les entreprises israéliennes, pour qui les territoires occupés constituent souvent un marché captif important.

Mais dès qu’il s’agit de BDS, c’est fou la sollicitude que des Israéliens sont capables de manifester pour le sort des pauvres Palestiniens qu’ils occupent militaire­ment, oppriment quotidiennement, sur qui leurs soldats n’hésitent pas à ouvrir le feu au moindre prétexte (et parfois sans prétexte) et qu’ils emprisonnent par milliers depuis des décennies !

Si des entreprises israélien­nes « créent de l’emploi », c’est essentiellement pour exploiter, et même surexploiter, une main d’œuvre bon marché et privée de la majorité des droits des travailleurs dans les sociétés développées. Mieux : les emplo­yeurs israéliens peuvent compter sur la police israélienne pour empêcher les travailleurs palestiniens de s’organiser pour défendre leurs droits élé­mentaires (Haaretz – 15 sept. 2014 : “Israel Police used to help Jewish employers to break strikes in West Bank”). Les « meneurs » palestiniens se voient tout simplement interdire d’entrer dans les zones industrielles1 et ne peuvent plus travailler.

Dans bien des cas aussi, les entreprises israéliennes s’implantent en Cisjordanie pour échapper aux contraintes de la législation de protection de l’environnement en vigueur en Israël. Et elles ne se privent pas de polluer (parfois très gravement) la nature, de saccager les paysages, de nuire à la santé de la population locale, du moment que le profit est au rendez-vous.

Quant aux conséquences néfastes pour les travailleurs de la campagne BDS, il est vrai qu’elles peuvent exister à court terme, mais il faut se souvenir qu’aucun mouvement d’émancipation – qu’il s’agisse d’émancipation sociale ou d’émancipation nationale et de lutte contre le colonialisme – ne s’est jamais imposé sans comporter pour ceux qui le mènent des sacrifices, souvent douloureux, parfois sanglants. Que l’on songe aux luttes pour le Suffrage Universel dans les pays européens, y compris la Belgique au XIXème siècle.

Le combat des Palestiniens ne fait pas exception, mais on voit bien qu’en dépit de toutes les épreuves subies, depuis des dizaines d’années, ils ne sont pas prêts à se résigner, à se soumettre sans résister à la domination et à l’oppression israéliennes.

Il faut aussi se méfier de la propagande : les Israéliens n’hésitent pas à mettre en scène les prétendues conséquences néfastes de BDS pour les travailleurs palestiniens. Ainsi, lorsque la firme “Sodastream” déménage son usine de Cisjordanie vers le Néguev, et que quelques mois plus tard elle licencie quelques dizaines d’ouvriers palestiniens, les propagandistes israéliens affirment que “c’est à cause de BDS”. En fait, c’est parce que l’armée d’occupation refuse de leur délivrer un permis leur permettant de se rendre sur leur nouveau lieu de travail. Et par un de ces tours de prestidigitation propagandiste dont ils ont le secret, une des conséquences de l’oppression inhérente à l’occupation est présentée comme une faute de ceux qui luttent contre celle-ci. La malhonnêteté de la propagande sioniste est sans limite.

Le boycott est la forme de soutien la plus concrète que chacun d’entre nous peut, sans beaucoup d’efforts, apporter au peuple palestinien. C’est très important des points de vue symbolique, économique, politique et moral. Et c’est une forme d’action 100% non-violente.

Par ailleurs, le boycott des produits israéliens a lieu aussi à l’intérieur de la Palestine occupée, et il provoque une forte augmentation de la demande pour certains produits d’entreprises palestiniennes. Celles-ci pourront donc, à terme, compenser les éventuelles pertes d’emploi découlant de BDS, et le développement de l’économie locale ne peut qu’être profitable à la population palestinienne.

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Comment identifier les produits israéliens de consommation courante ?

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C’est moins simple qu’on imagine de prime abord. Il y a bien entendu les étiquettes, mais elles ne sont pas toujours très explicites.

729_barcodeA défaut d’indications claire, un des moyens les plus simples est le « code-barres 729 » : pratiquement tous les produits de consommation courante portent sur leur emballage un « code-barres ».
Quand il commence par 729, cela indique un produit de provenance israélienne… mais un « code-barres » dont les trois premiers chiffres sont différents ne signifie en aucune manière que le produit n’est pas de provenance israélienne.

Si le produit est, d’une manière quelconque transformé ou juste recon­dition­né dans un autre pays avant d’arriver dans les rayons de votre supermarché, c’est le code de ce pays qui y figurera. Et évidemment les firmes israéliennes ont fréquemment recours à des subterfuges pour ne pas afficher l’origine réelle de leurs produits (ce qui indique clairement que, contrairement à ce qu’affirme sans cesse Israël, la campagne de boycott les atteint).

Les codes-barres n’ont aucun caractère officiel ou réglementaire, il vaut mieux se référer aux mentions « Made in … » des emballages ou demander au commer­çant s’il peut garantir que son produit n’est pas d’origine israélienne (et au passage l’informer sur les raisons de cette demande).

Par ailleurs, attentions aux étiquettes ! La photo ci-dessous a été prise dans un super-marché “Carrefour” en France : “Mexique” sur l’étiquette bien visible sur le rayonnage, “Israël” sur celle, plus discrète, qui est apposée sur les caisses de fruits…

Il semble que comme les consommateurs préfèrent éviter les produits israéliens la tentation soit grande de tricher un peu…
Il semble que comme les consommateurs préfèrent éviter les produits israéliens la tentation soit grande de tricher un peu… Si quelqu’un le relève, on ne manquera pas d’invoquer une erreur matérielle, la lourdeur de la réglementation, le manque de personnel…

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Que change la décision de l’Union Européenne
sur l’étiquetage des produits des colonies ?

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Beaucoup considèrent que la décision de l’Union Européenne, qui a adopté en novembre 2015 des “lignes directrices” visant à imposer que les produits provenant des colonies israéliennes établies dans les territoires palestiniens occupés ne puissent plus être commercialisés sur le marché européen comme “made in Israel” constitue “un pas dans la bonne direction”.

C’est sans doute le cas au moins en ce sens que, à terme, cela implique que ces produits ne pourront plus bénéficier des privilèges que l’Union Européenne accorde à Israël dans le domaine des tarifs douaniers : dès lors que ces produits ne pourront plus se dissimuler en Europe sous le label “made in Israel”, ils seront soumis à des droits de douane, et de ce fait ils pourraient être plus onéreux et donc devenir moins attractifs pour les consommateurs européens. Les colonies pourraient donc devenir relativement moins rentables (mais il est clair que les colons israéliens ont déjà cherché d’autres débouchés pour certains de leurs produits).

Il y a bien longtemps que la Cour Européenne de Justice avait établi le principe que les produits fabriqués dans les territoires palestiniens ne peuvent tomber dans le champ d’application des accords douaniers [PDF] avec Israël, mais les Israéliens avaient mis au point une série de stratagèmes pour contourner la règle. On peut espérer que ce temps sera bientôt révolu.

En revanche, plusieurs remarques s’imposent :

  • les “lignes directrices” ne s’appliqueront réellement que pour autant que chacun des pays membres de l’U.E. les transposent dans leur droit interne. Cela risque de prendre du temps, d’autant que dans certains gouvernements les lobbies pro-israéliens exercent une influence certaine.
  • paradoxalement, le fait d’imposer un étiquetage tel que “produit du plateau du Golan (colonie israélienne)” ou “produit de Cisjordanie (colonie israélienne)” revient à accorder une sorte de brevet d’acceptabilité à des produits fabriqués en violation du droit.

    C’est un peu comme s’il devenait légal de commercialiser des marchandises provenant de cambriolages à condition d’y coller une jolie étiquette mentionnant “produit volé”.
    Dans son avis rendu en 2004 concernant l’édification du “mur de séparation”, qui est en majeure partie édifié en territoire palestinien occupé, la Cour internationale de Justice a explicitement énoncé que les États membres de la communauté internationale ont pour obligations de « ne pas reconnaître » la situation illicite découlant de la construction du mur et de « ne pas prêter aide et assistance » au maintien de cette situation. Cet avis de la Cour Internationale de Justice réaffirme aussi l’illégalité des colonies israéliennes, et donc les mêmes principes s’appliquent à elles.

    La seule attitude cohérente et respectueuse des obligations internationales des États européens serait donc, pour « ne pas prêter aide et assistance » au maintien de ces colonies d’interdire purement et simplement leurs produits sur les marchés européens.

    De ce point de vue, la décision sur leur étiquetage, loin d’être un “pas en avant”, est plutôt “un pas en arrière”, une reconnaissance d’une situation dont l’illégalité est pourtant dénoncée par l’Union Européenne elle-même, sans qu’elle en tire donc les conséquences juridiques et pratiques.
    De nombreux juristes défendent l’idée que l’U.E. ne peut en rester là, et doit décréter un embargo sur les produis des colonies.

  • En vertu de l’article 21 du Traité de l’Union européenne (TEU – dit “Traité de Lisbonne”) «les actions extérieures de l’Union doivent être guidées par les principes qui ont inspiré ses propres création, dévelop­pement et élargissement : la démocratie, la primauté du droit, l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine, les principes d’égalité et de solidarité, et le respect des principes de la Charte des Nations-Unies et du droit international.»
    Le cadre juridique des relations U.E.-Israël est l’Accord d’association UE-Israël, ou « Accord d’association euro-méditerranéen ». L’Accord, comme l’énonce explicitement son article 2, est en théorie basé sur le “respect mutuel des droits de l’homme et des principes démocratiques”. Or la colonisation et de nombreuses violations des droits de l’homme largement documentées depuis des années par les Nations-Unies et des organisations internationales des droits de l’homme, sont des violations flagrantes des engagements d’Israël vis-à-vis de l’U.E., sur lesquelles celle-ci a toujours choisi de fermer les yeux. Et il ne s’agit pas là que de droits de douane éludés.
    L’U.E. prend donc quelques libertés avec ses propres textes de base, c’est le moins que l’on puisse en dire…

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Quels sont les produits les plus concernés ?
Y a-t-il une liste ?

[showhide type= »liste »]
Les organisateurs de la campagne BDS sont toujours réticents quand on leur demande des listes de produits à boycotter. En effet, aucune liste ne peut être complète et tenue à jour en permanence. Trop restrictive, elle donne l’impression qu’en évitant juste les pommes de terre israéliennes le consommateur a « fait son devoir », trop étendue elle sème la confu­sion et décourage le consommateur qui a l’impression qu’on lui demande de tout boycotter indistinctement, et qu’on veut lui compliquer la vie dans des proportions difficilement acceptables pour lui.

Le Comité national palestinien BDS (BNC) appelle au boycott de tous les produits israéliens, mais il préconise aussi de cibler les actions de boycott pour se concentrer sur un nombre restreint d’entreprises et de produits pour un impact maximum. Il s’agit de se concentrer sur les entreprises qui jouent un rôle clair et direct dans les crimes d’Israël et où  nous pouvons avoir un impact (en raison notamment de la notoriété des entreprises en question ou de leurs produits).

Le Comité national palestinien BDS (BNC) illustre cette idée par deux schémas :

Boycott non ciblé : l’impact reste diffus, relativement peu perceptible par l’opinion publique et les décideurs.
Boycott ciblé : l’impact est mieux perceptible, les efforts sont proportionnellement plus “rentables”

En attendant que l’étiquetage permette d’identifier clairement les produits des colonies israéliennes installées dans les territoires palestiniens occupés, retenons les types de produits de consom­mation courante les plus exportés par Israël vers les pays européens.

La liste que nous reproduisons n’est donc en aucun cas exhaustive (marques à titre indicatif).

PRODUITS DE L’AGRICULTURE

Agrumes (oranges, citrons, pamplemousses, pomelos, etc…). Pommes de terre, avocats, carottes, figues, grenades, kakis, kumquats, mangues, raisins, dattes, lychees, grenades, carottes, patates douces, pastèques, poivrons, prunes, pêches,raisins, tomates, tomates-cerises,… Mehadrin, Red Sea, Sharon, Coral, Orli, Sandra, Dazi,Zohar, Jaffa, Medjoul, Carmel, Bio-Top, Alesia, Adafresh, Biotime Colruyt, Delhaize Bio,…
Céleris, nectarines, poivrons, tomates, épices, piments Arava, Kedem
Dattes Hadiklaim, Jordan River, Kedem,King Solomon,…

Et d’une manière générale : plantes aromatiques (coriandre, thym, menthe, sauge, basilic, etc…), ainsi que patates douces, tomates-cerises (avec ou sans marque).

Beaucoup plus de détails sur les entreprises dans le rapport « Les liens entre la Belgique et l’occupation israélienne », par K. Lemanska, à télécharger : www.pourlapalestine.be/docs/Rapport_LiensBel-Israel_WEB.pdf

MEDICAMENTS

TEVA_boycottTEVA est actuellement le plus gros fabricant de médicament génériques au monde, depuis qu’il a racheté le département « génériques » de Bayer : Paracétamol, Copaxone, Azilect, Zoély, TevaGrastim,…

La marque mène une politique commerciale agressive, de sorte que ses produits sont parfois quelques centimes moins chers que ceux de ses concurrents.

 

COSMETIQUES – PRODUITS D’HYGIENE

Produits de beauté AHAVA, KEDEM
Lingettes pour bébés (qui contiennent par des ailleurs des produits toxiques – voir précautions d’utilisation sur l’emballage) Carrefour (plusieurs appellations)

DENREES ALIMENTAIRES

Salades, humus, purée d’aubergines SABRA
Plats préparés Garden Gourmet
TIVALL
Pretzels Super Sticks BEIGEL & BEIGEL
Soupes et bouillons TELMA
Snacks HALVA
OSEM
Confitures AUNT BERTA’S

BOISSONS

Vins GALIL, GOLAN,
YARDEN, GAMLA
Sodas, machines à eau gazeuze, sirops SODASTREAM,
certains produits de la firme allemande BRITA
(voir décision de la Cour de Justice Européenne [PDF])

OBJETS MENAGERS

Paniers à linge, poubelles, boîtes en plastique, ustensiles,…
Meubles de jardin, …

CURVER
ALLIBERT

TELECOMS, INTERNET, MEDIAS, SERVICES

Téléphonie, télédistribution, accès internet,

NUMERICABLE,
SFR (France)

Médias (groupe de Patrick Drahi)
Consultez cet article sur le nouvel empereur
franco-israélien des médias.
Et aussi cet autre : “L’homme qui valait moins 48 milliards

Et encore : «L’empire Drahi s’étend en Israël sous l’œil bienveillant de Benyamin Nétanyahou»(Jean Stern,
sur Orient XXI en novembre 2017)

Libération (quotidien),
L’Express, L’Expansion (hebdos),
radios…

Services de sécurité privés et formations à la “sécurité”

Tactical 5 (Dir. : Shimon Bertholz, Président de
l’“Organisation Sioniste de Belgique”, parfois présenté comme “expert en sécurité”)

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Certains prétendent que le boycott des produits israéliens est d’inspiration antisémite. Qu’en est-il ?

[showhide type= »antisemitisme »]

L’accusation d’antisémitisme est une des armes favorites des défenseurs inconditionnels de la politique israélienne. Ce fut longtemps un moyen bien pratique pour faire taire et disqualifier des adversaires politiques. Heureu­se­ment, cette tactique ne fonctionne plus beaucoup, à force d’avoir été tant et tant utilisée, et de manière si grossière. Ils n’y ont pourtant pas renoncé, car certains gouvernements (la France, en particulier) et l’Union Européenne abondent souvent dans le même sens. On peut consulter la rubrique “Antisémitisme comme chantage” du site (pas loin de 200 articles !).

En juillet 2014, le Département d’État (ministère des Affaires étrangères) des États-Unis a estimé officiellement que le boycott est « un moyen acceptable » pour les citoyens Étatsuniens d’exprimer leur opposition à des violations des droits humains à l’étranger. Il s’agissait en l’espèce du Sultan de Brunei et de l’application de la sharia dans son pays, mais on est en droit de supposer que ce qui vaut pour lui vaut aussi pour Israël.

En revanche, la France s’autorise le ridicule d’être le seul État au monde, avec Israël, ou appeler au boycott des produits israéliens est considéré comme un délit (au titre de la “provocation à la discrimination”). Qui plus, les peines encourues en France sont largement supérieures à celles que prévoient les lois israéliennes ! Un comble !

Attention toutefois : ce n’est pas le boycott des produits israéliens lui-même qui constitue un délit en France, c’est le fait d’inciter autrui à pratiquer ce boycott. Les Français peuvent donc tranquillement continuer à boycotter Israël, du moment qu’ils ne demandent publiquement à personne de les imiter…

Les poursuites contre certains militants pro-BDS résultent d’instructions données en 2010 aux Parquets par Michèle Alliot-Marie (celle qui proposa au dictateur tunisien Ben Ali de le faire profiter du savoir-faire de la police française pour mater le “printemps” qui allait le forcer à prendre la fuite), alors Ministre de Nicolas Sarkozy. Les gouvernements “socialistes” en place par la suite n’ont rien fait pour corriger cette aberration, qui a reçu en 2015 la bénédiction de la Cour de Cassation (ce qui est une aberration juridique qui devrait être sanctionnée par la Cour européenne des droits de l’homme quand elle statuera sur la question).

Pourquoi en effet un mouvement de boycott serait-il d’inspiration raciste quand il vise la politique d’Israël, alors que jamais personne n’a prêté des motivations du même ordre à quiconque en ce qui concerne le boycott de l’Afrique du Sud ou de la Rhodésie, par exemple ?

Sachez aussi que selon un sondage 24% (Haaretz, 1er octobre 2014) des Israéliens boycottent les commerces appartenant à des Arabes et 51% sont favorables au boycott des entreprises employant du personnel qui oserait critiquer l’armée israélienne. Alors, vous avez dit « racisme » ?

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Israël n’est pas le seul “État voyou”. Pourquoi s’en prendre à lui plutôt qu’un autre, comme la Chine, le Soudan ou les États-Unis ?

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Cette objection est souvent associée à l’idée que ce boycott serait assimilable à de l’antisémitisme (voir ci-dessus).

Naomi Klein , dans un article publié par The Nation le 8 janvier 2009, répondait à la question “pourquoi ne boycottons-nous pas d’autres pays occidentaux qui violent également les droits de l’homme”.

Klein écrit : « Le boycott n’est pas un dogme ; c’est une tactique. La raison pour laquelle la stratégie BDS doit être essayée contre Israël est d’ordre pratique : dans un pays si petit et si dépendant commercialement, elle peut vraiment marcher. »

Bien qu’il soit exact, cet argument ne répond pas pleinement aux critiques. Il existe plusieurs autres raisons pour lesquelles nous ne boycottons pas certains des autres pays cités ci-dessus. De loin la plus importante, et abordée brièvement par Klein lors de son interview par Cecilie Surasky pour Alternet, le 1er septembre 2009, c’est que les gens à travers le monde ne boycottent pas : en réalité ils répondent à un appel au boycott qui émane de la société civile palestinienne.

Klein n’est pas la première à dire cela ; des vétérans de la campagne anti-apartheid pour l’Afrique du Sud, dont le boycott fut un succès, ont également insisté sur la nécessité qu’il y avait de se tenir aux côtés des communautés autochtones. Le boycott est une initiative qui tient compte de ce que demande la communauté opprimée et il suit son exemple. L’idée est qu’il n’existe aucun mouvement, en dehors du Tibet dans le cas de l’oppression chinoise, ou de l’Irak dans celui de l’occupation américaine, qui appelle la communauté internationale à un boycott. C’est important !

Le mouvement BDS vient de l’intérieur de la société palestinienne et c’est ce facteur qui le rend si puissant et si efficace. S’il y avait des appels à boycott venant de l’intérieur de pays comme les États-Unis, la Chine ou la Corée du Nord, contre ces gouvernements oppresseurs, alors il serait intéressant d’entendre de tels appels.

La remarque initiale de Naomi Klein, où elle dit que BDS n’est pas dogmatique mais tactique, est cruciale, en ce sens que le mouvement ne prétend pas que BDS puisse être utilisé avec succès dans chaque combat contre l’oppres­sion partout où il se déroule, mais que dans certains cas d’apartheid ou d’oppression coloniale, c’est un outil haute­ment efficace.

Le cas d’Israël s’avère particulièrement bien adapté parce que ce pays reçoit un montant quasiment surréaliste d’aides et d’investissements étrangers venant du monde entier, particulièrement des États-Unis, grâce auxquels il bénéficie d’un statut spécial. Cela rend l’État israélien et ses institutions encore plus responsables de leurs actions quotidiennes devant la communauté internationale que dans le cas d’un pays comme le Soudan, fréquemment évoqué par les critiques du boycott à cause de la violence au Darfour.

Cela signifie aussi, dans le cas du boycott et du désinvestissement économiques, que la communauté internationale doit cesser ses cadeaux et son soutien à Israël, au lieu de permettre à Israël de jouir d’un statut spécial : plutôt que de sanctionner à proprement parler il s’agit donc d’abord de cesser de favoriser, et de traiter Israël comme n’importe quel autre pays !

Il suffit d’observer avec quelle promptitude des sanctions ont été prises vis-à-vis d’autres pays, comme par exemple la Russie ou l’Iran, pour mesure à quel point Israël bénéficie d’un traitement préférentiel que rien ne peut justifier.

C’est le soutien massif dont profite Israël qui en fait une cible logique du BDS, alors que pour certains des autres pays souvent cités dans les débats sur le boycott, comme dit Naomi Klein, « il y a (déjà) des sanctions très claires de la part des États contre ces pays. »

Dans le même article de septembre, Yael Lerer, éditeur israélien, interviewé aux côtés de Klein, reprend cette position : « Ces pays ne disposent pas de festivals de films, et Madonna ne va pas faire de concerts en Corée du Nord. Le problème ici, c’est que la communauté internationale traite Israël comme si c’était un État normal, comme si c’était un État européen, occidental. Et c’est cela la base de l’appel au boycott : la relation particulière que les universités israéliennes ont avec les universités européennes et celles des États-Unis, une relation que les universités du Zimbabwe n’ont pas. Je crois qu’Israël serait incapable de continuer l’occupation ne serait-ce qu’un seul jour, sans le soutien des États-Unis et de l’Union européenne ».

Celles et ceux qui critiquent BDS doivent garder à l’esprit l’aspect tactique du mouvement. Nous ne pouvons pas boycotter tous les pays dans le monde, mais cela ne veut pas dire que le BDS contre Israël ne peut être utilisé comme un outil pour obliger à reconstruire les relations entre Palestiniens et Israéliens.

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J’ai entendu parler du boycott de McDonald’s, Coca-Cola, Starbucks, etc… qui donneraient beaucoup d’argent à Israël. Qu’en est-il ?

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Israël est très intégré dans l’économie mondialisée. De nombreux groupes d’entreprises ont donc des liens plus ou moins importants avec Israël, et contribuent à des degrés divers à la perpétuation de l’occu­pa­tion de la Palestine et à la violation du droit international et des droits humains.

L’efficacité de la campagne BDS exige pourtant qu’elle se base sur une information sérieuse et précise. Il y a de nombreuses informations qui circu­lent sur le net, et particulièrement sur les réseaux sociaux, qui affirment que de grands groupes financent Israël à coups de milliards de dollars. Certaines de ces informations ne sont que des rumeurs, d’origine malaisée à identifier, et souvent elles se révèlent partiellement ou totalement fausses.

Ainsi par exemple, ces rumeurs ont visé avec insistance la chaîne « Starbucks ». Or, celle-ci n’exploite aucun établissement en Israël ou en Palestine, et elle a officiellement affirmé qu’elle ne souhaite en aucune manière soutenir Israël. La propagation de telles rumeurs donne des arguments aux adversaires de BDS, qui s’en servent pour tenter de dis­cré­diter la campagne et ses militants.

Quant à des marques mondiales comme Coca-Cola (et ses nombreuses filiales) ou McDonald’s, elle ne représentent pas des cibles prioritaires pour la campagne BDS à ce stade de son développement. BDS se concentre sur des compagnies qui jouent un rôle clair et direct dans la violation du droit international par Israël, et sur lesquelles il est possible d’obtenir un impact significatif. Ce n’est pas le cas de ces deux groupes.

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Et les produits des multinationales actives en Israël ?

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De nombreux produits manufacturés contiennent des composants israéliens, qu’il n’est matériellement pas possible de séparer des ensem­bles dans lesquels ils sont intégrés. Aussi encore faut-il être capables de les identifier, ce qui est loin d’être toujours le cas.

On peut pourtant citer, à titre d’exemple, quelques marques – en particulier dans le domaine de l’électronique – dont les producteurs sont très impliqués dans l’économie israélienne et/ou dans la politique du gouvernement israélien, mais qui produisent un peu partout dans le monde.

Ainsi, la firme HEWLETT-PACKARD (HP), qui vend principalement des ordinateurs (portables et de bureau), des écrans, des tablettes électro­niques, des imprimantes, des scanners,… fournit aussi au gouvernement israélien et à son armée (via des filiales) des systèmes d’identification biométrique en usage notamment dans les checkpoints dans les terri­toires occupés.

Des systèmes informatiques fournis par HP permettent à l’occupant de ficher tous les Palestiniens de plus de 16 ans, et ils sont notamment utilisés pour appliquer la ségrégation sur les réseaux routiers séparés mis en place pour les colons juifs. Les équipements du groupe HP sont donc directement liés à la répression quotidien­nement exercée par l’occupant israélien contre la population palestinienne et à la mise en œuvre de l’apartheid israélien.

HP bénéficie à n’en pas douter d’une “relation privilégiées” avec les pouvoirs publics israéliens. Au début de 2016, une étude israélienne a montré que le gouvernement avait, au cours des 5 années précédentes, passé des commandes pour 8,1 milliards de dollars sans aucune forme de mise en concurrence. HP est l’entreprise qui a bénéficié du plus grand nombre de contrats : 16 ministères ont, au cours des 5 années considérées, conclu 81 contrats pour un total de 735 millions de shekels, sans aucun appel d’offres préalable.

Le groupe INTEL exploite depuis longtemps une usine de micro-proces­seurs en Israël, et a annoncé sa décision d’investir 6 milliards de dollars US supplémentaires (Reuters, 22 sept. 2014), c’est-à-dire l’investissement le plus important jamais réalisé en Israël par un investisseur étranger.

Apple est aussi très présent en Israël, où sont situés des centres de recherche, notamment au sein de ses filiales israéliennes Anobit (contrôleurs de mémoires flash utilisées dans les iPhones, iPads et iPods) et PrimeSense (capteurs pour interfaces 3D).

Notons aussi que le groupe suédois de prêt-à-porter Hennes & Maurits (H&M) a installé une chaîne de magasins en Israël et a également ouvert un magasin à Jérusalem-Est, qui aux yeux du monde entier (sauf évidemment Israël) et de l’ONU fait partie de la Palestine occupée. Le boycott des magasins H&M est donc bien de mise.

Les engins de chantier Caterpillar (bulldozers, chargeurs sur pneus, excavatrices,…) servent quant à eux à démolir des maisons palestinien­nes et bédouines, à construire les infrastructures qui fragmentent le territoire palestinien et organisent l’apartheid (checkpoints, mur, tunnels, routes séparées,…). Plusieurs églises américaines ont décidé de se retirer du capital de Caterpillar en raison de l’implication de ce groupe dans la politique israélienne.

Bien entendu, peu d’entre nous auront dans leur vie l’occasion d’acheter un bulldozer ou une excavatrice. Mais au moins n’achetons pas de vêtements, de chaussures et de chaussettes siglées « Cat », vendus pour valoriser la marque – en transformant le consom­ma­teur en enseigne publicitaire ambu­lante et gratuite (en fait c’est même lui qui paye pour faire de la pub à Caterpillar !) – et il n’y a vraiment pas de raison d’être fier d’arborer ce symbole !

Dexia mérite aussi une mention particulière. Avant de s’écrouler, la banque belgo-française (dont la mission initiale était d’assurer le financement des projets des collectivités locales en Belgique et en France) avait créé une filiale en Israël, laquelle a financé de nombreux projets dans les colonies juives illégales en Cisjordanie. Une vigoureuse campagne avait été menée en Belgique et en France contre cette situa­tion intolérable. En Belgique, il n’y a plus de lien entre la banque Belfius et Dexia-Israël (qui dépend d’une holding), mais celle-ci continue ses activités illégales.

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Et le boycott culturel, sportif et/ou universitaire ?

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Le boycott ne concerne pas que les produits israéliens qu’on trouve dans les supermarchés, mais aussi les productions « immatérielles » : produits dits culturels tels que films (de propagande ou non), les compétitions sportives et la coopération entre universités et institutions scientifiques.

Le boycott culturel est un levier important de la campagne BDS, car il s’en prend à ce qu’Israël a de plus précieux : son image !

Il s’applique aux événe­ments culturels en dehors d’Israël qui sont financés ou soutenus par une agence gouvernementale israélienne (ministère, ambassade, consulat), ou explicitement sionistes.

Pour ce qui est des événements culturels se déroulant en Israël, les militants et les citoyens peuvent tenter de convaincre les artistes de leur pays de ne pas y participer et si possible de rendre leur décision publique. Comme l’ont fait les comédiens Danny Glover, Meg Ryan et Dustin Hofman, les metteurs en scène Ken Loach et Mike Leigh, les écrivains Alice Walker, Naomi Klein, Judith Butler, Eduardo Galeano, les musiciens Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Gilles Vigneault, les groupes The Pixies, Tindersticks et Massive Attack et bien d’autres.

Le comédien français François Cluzet (« Intouchables ») a refusé de remettre un Oscar à Scarlett Johansson, qui avait, contre paiement bien entendu, mis son image au service de la firme israélienne « Sodastream ».

Les événements sportifs internationaux peuvent jouer un rôle important dans le façonnage de l’image d’un pays dans le reste du monde. L’exclusion de l’Afrique du Sud de la plupart des compétitions officielles des années 1960 – 1970 a joué un rôle important dans l’isolement du régime et de ses sou­tiens.Un boycott sportif d’Israël enverrait un message fort : la politique raciste, d’occupation et d’expulsion contre les Palestiniens est inacceptable. Des militants BDS organisent régulièrement des actions dans des stades afin de protester contre la participation d’Israël.

Dans les milieux universitaires européens, les réticences ont longtemps été fortes face à toute idée de boycott, les valeurs de liberté académique et de coopé­ration sur des critères uniquement scientifiques étant fortement ancrées. Les choses ont toutefois évolué quelque peu après qu’Israël ait trans­formé le collège de la colonie d’Ariel, implantée en plein cœur de la Cisjor­danie, en université, selon des considérations purement politiques.

En témoigne par exemple le rejet par le prestigieux astrophysicien Stephen Hawking – dont le livre « Une brève histoire du temps » a été vendu à des millions d’exemplaires dans le monde entier – d’une invitation du président israélien en personne. L’adhésion de plus en plus grande des milieux scientifiques et universitaires aux États-Unis va dans le même sens.

Par ailleurs, pendant l’agression israélienne contre Gaza, durant l’été 2014, les universités israéliennes ont exercé de vives pressions contre la liberté d’ex­pres­sion, des professeurs opposés à la guerre ont été sanctionnés, etc… (Haaretz du 27 août 2014 : “Israeli Universities’ Response to Gaza War May Justify an Academic Boycott”)

Ce n’est pourtant peut-être pas l’essentiel, qui réside dans l’implication profonde des institutions universitaires israéliennes dans le complexe militaro-industriel. Extrait d’un rapport du « Alternative Information Center » (Jérusalem) :

« Quoique l’armée israélienne entretienne plusieurs unités internes de Recherche et Développement (R&D), surtout dans le corps du rensei­gne­ment militaire, ces dernières ne peuvent pas satisfaire tous les besoins technologiques de l’armée. L’essentiel de la R&D pour les forces de sécu­rité est réalisé par des compagnies privées et par des institutions uni­versitaires, souvent en coopération entre elles et avec l’armée. Le Technion, l’institution israélienne la plus renommée pour les sciences appli­quées telles que l’ingé­nierie et l’infor­mati­que, s’est quasiment enrôlé dans l’armée. Le Technion, comme la plupart des universités israéliennes, est fier de ses projets en R&D conduits pour les forces de sécurité israé­liennes. Comme exemple des projets les plus brutaux, il y a le développement du bulldozer «D9 » télécommandé utilisé par l’armée israélienne pour démolir les maisons palestiniennes et la mise au point d’une méthode pour détecter les tunnels souterrains, dévelop­pée spé­cifiquement pour assister l’armée israélienne dans son siège continu de la bande de Gaza. L’étendue de la coopé­ration entre le Technion et l’armée israélienne a été démontrée quand le Technion a ouvert un cen­tre pour le développement de l’optoélectronique en complet par­te­nariat avec Elbit, une des plus grosses compagnies privées israéliennes de re­cherche sur l’armement, aussi lourdement impliquée dans le déve­lop­pement pour l’armée israélienne. »

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Où peut-on trouver une information fiable concernant BDS et les « profiteurs de guerre » ?

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Un rapport détaillé sur « Les liens entre la Belgique et l’occupation israélienne », par K. Lemanska, est disponible au format PDF : CLIQUEZ ICI

De nombreux sites web fournissent aussi de l’information concernant la campagne BDS, mais ils ne sont pas d’une égale fiabilité : pas mal de sites sont en fait créés par des supporters inconditionnels d’Israël qui cherchent à brouiller les cartes.

Nous nous efforçons évidemment de donner ici, avec nos moyens réduits, une information de qualité et aussi actuelle que possible.

En dehors de ce site, nous vous proposons d’utiliser prioritairement les sites web suivants :

BDS Movement www.bdsmovement.net
BDS from within www.boycottisrael.info
Who Profits ? www.whoprofits.org
Campagne BDS en France bdsfrance.org

Vous pouvez en permanence trouver une brochure version PDF reprenant toutes les informations détaillées ici à cette adresse : www.pourlapalestine.be/docs/brochure_BDS.pdf

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Vous trouverez sur ce site des dizaines d’articles où il est question de la campagne mondiale BDS, de son évolution dans le monde entier et des réactions qu’elle suscite, ainsi que sur le boycott en dehors de la campagne BDS.

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