BDS : Elisabeth Guigou à la rescousse de Stéphane Hessel

On le sait, une grande partie de la classe politique française – tantôt par conviction tantôt parce qu’elle est tétanisée par l’idée d’être stigmatisée par le CRIF ou l’un ou l’autre des philosophes médiatiques autoproclamés qui se sont fait une spécialité de dénoncer comme antisémite quiconque ose ne pas applaudir à tout ce que fait le gouvernement israélien – est hostile à la campagne « Boycott, Déinvestissements, Sanctions » (BDS).

Le gouvernement français, pour sa part, a choisi depuis longtemps d’allier la répression à la diffamation (comme lorsque Mme Alliot-Marie, celle-là même qui il y a quelques jours encore proposait à Ben Ali de mettre à son service le “savoir-faire” des forces de l’ordre françaises) prétendait que la campagne BDS préconisait le boycott… des produits kasher [1].

On sait que le CRIF poursuit de sa vindicte Stéphane Hessel, et a obtenu de la obtenu de la direction de l’École Normale Supérieure, qui a honteusement capitulé devant les pressions et ainsi perdu tout crédit intellectuel, l’annulation en catastrophe d’un débat qui devait réunir, outre l’auteur du micro-best seller surprise « Indignez-vous« , Leïla Shahid, Elisabeth Guigou et Hanneen Zoabi, députée arabe israélienne, pour une discussion autour de la liberté d’expression.

Un thème particulièrement peu apprécié par les milieux sionistes comme on a pu le mesurer récemment à l’ULB, et comme on le constate chaque jour en Israël où le gouvernement s’échine à museler les ONG hostiles à l’occupation de la Palestine. Stéphane Hessel et aussi la cible de l’auto-proclamé « Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme » de Sammy Ghozlan, un fou furieux qui a introduit pas moins de 50 actions judiciaires pour « incitation à la haine raciale » contre des citoyens français – dont Stéphane Hessel – pour leur soutien à la campagne BDS.

A « gauche » également, la servilité face aux intérêts sionistes est souvent de mise, comme par exemple lorsque Martine Aubry, ou Bertrand Delanoë vont faire des ronds de jambes devant le gratin du lobby sioniste en France.

Mais il y a des exceptions. Ainsi Elisabeth Guigou, ancienne ministre de la Justice, aujourd’hui député P.S. de Seine-Saint-Denis, qui certes prend quelques précautions en s’exprimant mais pose clairement le principe que l’appel au boycott est une prise de position politique et rien d’autre :

 


[1] ce qui serait doublement absurde, puisque les produits “kasher” (conformes à la kasherout) ne sont pratiquement consommés que par des juifs pratiquants, qui ne sont pas à priori le public parmi lequel se recrutent la majorité de ceux qui adhèrent à la campagne BDS.

 

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