BDS : ça bouge dans les universités belges

Ce lundi 21 mai 2012, le Conseil d’Administration de l’Université Libre de Bruxelles s’est prononcé favorablement à la reconnaissance du cercle étudiant « Comité BDS-ULB ».

« C’est une belle victoire ! » écrivent les étudiants de l‘ULB sur leur site. « Nous pourrons donc désormais organiser des événements sur le campus de l’ULB sans avoir à passer par l’intermédiaire d’autres cercles étudiants. Il en va de notre indépendance. C’est une victoire symbolique également, puisque la campagne BDS est régulièrement la cible d’attaques en tous genres. Il est ici reconnu que notre campagne est compatible avec les statuts et les valeurs de l’université du libre examen. »

Voici donc un extrait du communiqué de Priorité Étudiante, signé par la majorité des étudiants administrateurs :

«Les débats ont essentiellement tourné autour de la question du boycott académique mais également du rôle, des missions de l’Université. L’université serait-elle absente de tous les débats de société ?

L’ULB est un acteur politique de poids dans la société. Certes, elle doit faire des liens avec un maximum d’universités. Mais ne se doit-elle pas également de prendre position et éventuellement de questionner ses liens académiques avec des institutions dans certains contextes politiques ? Le débat était très intéressant. Dans le passé, l’ULB a déjà opéré le boycott académique à l’époque concernant certaines universités autrichiennes présumées d’être liées au gouvernement d’extrême droite.

Ainsi donc, elle n’est pas neutre. L’ULB a aussi, rappelons-le, remis le prix honoris causa à la militante Angela Davis il y a moins d’une semaine. Cette militante s’est également battue pour les droits égaux aux États Unis.

Si nous ne demandions pas à l’ULB de soutenir le boycott académique revendiqué par BDS, nous revendiquions que l’ULB laissent les gens s’exprimer et défendre les étudiants du cercle, et ainsi mettre en pratique la liberté d’expression qu’elle se targue de défendre depuis si longtemps.

Le cercle BDS, les étudiants administrateurs, ainsi que tous les étudiants, chercheurs et professeurs qui ont soutenu ce droit à la reconnaissance, peuvent se féliciter.»

D’autre part, les étudiants de l’UCL ont écrit une lettre à l’attention du Conseil d’Administration de leur université et lancé une pétition, exigeant que l’Université Catholique de Louvain mette fin à tout accord existant avec les universités israéliennes, et ce surtout au niveau du partenariat de mobilité étudiante, et ce tant qu’Israël continue à bafouer les droits de l’homme de manière discriminatoire.

« L’Université Catholique de Louvain suit depuis toujours des valeurs humanistes et chrétiennes. Nous sommes donc surpris que cette dernière ait mis en place un partenariat avec un Etat colonisateur accusé par la communauté internationale et l’assemblée générale des Nations Unies de ne pas respecter les droits humains les plus élémentaires. Nous refusons par conséquent les deux types de partenariats suivants :

(1) Il existe un partenariat de mobilité étudiante signé entre la Louvain Business School of Management et l’université de Tel Aviv s’étendant de 2011 à 2014. Nous refusons cet accord pour deux raisons. Premièrement, cet envoi d’étudiants en Israël dans le cadre du programme Mercator est en lui-même une reconnaissance de la légitimité de la politique d’Israël. Deuxièmement, il donne à l’étudiant concerné une vision unilatérale de la situation au Proche-Orient, vu l’effort quotidien de l’État israélien à nier l’existence du conflit, et ce même à ses propres citoyens.

Il est, pour nous universitaires engagés, inacceptable d’envoyer des étudiants dans un état qui bafoue quotidiennement les droits les plus élémentaires des Palestiniens et des arabes israéliens. Israël est un état qui ne se plie pas aux résolutions internationales -citons la résolution reconnaissant le droit au retour des réfugiés palestiniens (résolution 194 de l’Assemblée Générale de l’ONU) ou celle exigeant le retrait de l’armée israélienne sur les frontières de 1967 et de Jérusalem (résolution 242). Rappelons de plus que l’armée israélienne assassine impunément des Palestiniens, comme en témoigne dramatiquement son offensive contre la Bande de Gaza en décembre 2008.

(2) Il demeure toujours aujourd’hui certains partenariats entre des institutions de recherches de l’État d’Israël et des institutions sœurs de l’UCL au sein de l’Académie de Louvain.[1]

Pour nous, signataires de cette pétition, maintenir de telles relations représente un soutien direct ou indirect à la politique israélienne que nous ne pouvons tolérer. Nous exigeons avoir connaissance des autres accords éventuels entre l’UCL et des institutions de recherche israélienne. »

Vous pouvez lire le texte intégral de la pétition et la signer ici.


[1] « Réseau européen pour l’imagerie cellulaire et l’expertise de suivi. » Projet auquel participent, d’Israël, l’Institut des Sciences WEIZMANN, l’Université Hébraïque de Jérusalem et l’Université de Tel-Aviv. Les institutions belges participantes au projet sont la KUL et UCL-Mons (ex-FUCAM).  N° référence 201842.
Acronyme du projet : ENCITE. Durée : du 1/06/2008 au 31/05/2012.

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