250 universitaires européens réclament l’exclusion d’Ahava et des sociétés d’armement israéliennes des projets de recherche de l’UE

Plus de 250 universitaires européens de 14 pays européens différents ont signé une lettre ouverte adressée à la commissaire européenne à la recherche, Màire Geoghegan-Quinn, réclamant l’exclusion des programmes de recherche financés par l’UE, des sociétés et institutions officielles israéliennes complices des violations par Israël des lois internationales.

La lettre, au bas de laquelle figurent entre autres les signatures de Gérard Toulouse, membre de l’Académie française des Sciences, de Malcolm Levitt, membre de la Royal Society britannique et du célèbre philosophe Slavjoj Zizek, prétend que la participation de sociétés comme Ahava et Elbit Systems « porte préjudice à la fois à la réputation de ces programmes et aux buts déclarés de l’Union européenne et de ses États membres ».

Ahava est une firme de cosmétiques israéliennes installée dans une colonie illégale(*), alors qu’Elbit Systems est impliqué dans la construction illégale du mur israélien de l’apartheid et a équipé Israël de drones utilisés pour tuer des civils lors de l’agression de 2008-2009 contre Gaza. Les deux firmes sont autorisées à participer aux projets de recherche financés par l’UE dans le cadre de la participation d’Israël au Septième Programme Cadre (FP7) de l’UE consacré à la recherche.

L’Autorité des antiquités d’Israël (AAI), dont les fonctionnaires mêmes de l’UE à Jérusalem disent qu’elle est complice dans la colonisation de Jérusalem-Est occupée, reçoit elle aussi des subventions de recherche de la part de l’UE.

« En tant que partisans d’une paix équitable entre Israël et les Palestiniens et s’appuyant sur les lois internationales, nous demandons instamment à la Commission européenne d’exclure ces sociétés et ces institutions du financement par l’UE et d’introduire une nouvelle législation qui les empêcherait de pouvoir en bénéficier. Les violations des lois internationales et des droits universels de l’homme se poursuivront certainement aussi longtemps que des institutions comme l’UE assureront un financement à ceux qui les perpètrent », conclut la lettre.

Auparavant, la Commission européenne avait affirmé qu’elle examinerait la question au moment où elle rédigerait les réglementations concernant Horizon 2020, le projet qui remplacera FP7 à partir de 2014, mais elle n’a toujours pas fait savoir comment elle allait s’y prendre.

Dans plusieurs universités européennes, suite à un appel lancé par des universitaires et la société civile de Palestine, ont eu lieu des campagnes contre la collaboration financée par l’UE avec des firmes et institutions israéliennes complices de l’occupation.

En Grande-Bretagne, le Comité britannique pour les universités de Palestine, l’Union nationale des étudiants et les étudiants du King’s College de Londres ont organisé une vaste campagne contre un projet commun de recherche entre l’université, le Musée d’Histoire naturelle de Londres et Ahava. Aussi bien le King’s College de Londres que le Musée d’Histoire naturelle ont depuis lors exprimé leurs regrets d’avoir été impliqués dans le projet. Des initiatives similaires ont eu lieu au Danemark, au Pays basque, en Italie et en Irlande.


(*) Toutes les colonies installées sur un territoire occupée sont naturellement illégales selon le droit international. Il s’agit d’une colonie (pour le moment) non-autorisée par Israël .

Publié le 11 juillet 2012 sur The Electronic Intifadah. Traduction pour ce site : Jean-Marie Flémal.

Michael Deas est le coordinateur pour l’Europe du Comité national palestinien BDS, la coalition de la société civile palestinienne qui opère en tant que référence palestinienne du mouvement BDS contre Israël tant que se dernier ne se conformera pas à la législation internationale.

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