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Yves Leterme ira planter son arbre sur des terres palestiniennes volées

Dimanche 4 et lundi 5 septembre, Yves Leterme, Premier ministre (toujours démissionnaire) sera en visite officielle en Israël, où il rencontrera Shimon Peres, Benjamin Netanyahu, Avigdor Lieberman et Tzipi Livni. Il devrait aussi se rendre en Palestine occupée, à Ramallah, pour voir Mahmoud Abbass et Saed Erkat.

Le Premier ministre évoquera-t-il, lors de ses entretiens avec les dirigeants israéliens, la lettre ouverte que des participants de la mission « Bienvenue en Palestine » lui ont adressée ? Parlera-t-il des blocus de la Cisjordanie et de Gaza ? Désapprouvera-t-il les récents bombardements sur Gaza, la colonisation rampante à Jérusalem ? Condamnera-t-il la discrimination des citoyens palestiniens dans l’État d‘Israël ?

Rien n’est moins sûr. Ce que nous savons, c’est qu’Yves Leterme ira, comme beaucoup d’autres personnalités belges l’ont fait dans le passé, planter son arbre dans un des « bois belges » qui se trouvent sur des terres palestiniennes volées.

En fait, le « Fonds national juif » a reboisé les terres des 400 villages palestiniens détruits en 1948. Ces bois recevaient alors les noms d’amis d’Israël à l’étranger. Il y a les bois d‘Albert Ier, de la reine Élisabeth, du roi Baudouin, de la communauté belgo-juive… mais aussi de Jean Gol, Gaston Eyskens, Marcel Modrikamen

Il est vrai que, dans un passé récent, Yves Leterme n’a pas caché ses sympathies pour l’État sioniste. Et qu’il n’y est pas allé par quatre chemins en taxant d’antisémitisme les personnes qui critiquent Israël.

C’est en novembre 2008, juste avant que n’éclate la guerre d’agression contre Gaza, qu’il recevait de Moshe Kantos, du « European Jewesh Congress », le titre de « Navigator of Jerusalem ».

Dans son mot de remerciement, Leterme disait, entre autres :

« Nous devons rester vigilants face à un nouvel antisionisme qui est en réalité un antisémitisme caché et qui refuse de reconnaître l’existence de l’État d’Israël. L’Europe ne peut pas se détourner d’Israël, parce qu’Israël est intimement lié à l’histoire de l’Europe. Plus encore, le rêve d’un nouveau Eretz Israël est né en Europe, au 19e siècle, dans le cœur et l’esprit de Theodor Herzl et de ses partisans. Durant un siècle, des milliers de ménages juifs se sont souhaité, à l’occasion du Pesach, la Pâque juive : « A l’année prochaine, à Jérusalem. »

Un mois plus tard, Leterme accordait une interview à « Contact J », l’organe du Cercle Ben Gourion, qui regroupe les adeptes des partis Likoud et Kadima. Là aussi, il n’y allait pas par quatre chemins.

« Certains de mes collègues estiment que l’antisémitisme fait partie de la série xénophobie, racisme et islamophobie. Mais l’antisémitisme est bien plus grave que toutes ces autres formes de discrimination. »

Ou encore :

« Personnellement, je pense que nous ne pouvons pas laisser influencer nos relations avec Israël par le conflit palestinien. »

Les amitiés d‘Yves Leterme avec le cercle Ben Gourion l’amenaient d’ailleurs à être présent, le 16 juin 2011, à une soirée de soutien de « Radio Judaïca », qui avait lieu « sous le patronage » de Tamar Samash, ambassadeur d’Israël en Belgique, mais aussi de la ministre de la Culture et de l’Audovisuel, Fadila Laanan !

Et, à l’occasion de la remise des « David d’Or » de la même Radio Judaica Bruxelles, le Premier ministre belge a réitéré sa « condamnation inconditionnelle de toute forme d’antisémitisme, comme nous en connaissons effectivement, et malheureusement, aussi dans notre pays ».

Il a ajouté qu’il « refusait l’importation du conflit du Moyen-Orient en Belgique, importation qui est un facteur important de la résurgence de l’antisémitisme et qui menace, au-delà de la communauté juive, la paix civile de notre pays ». Il a aussi fait part de son « refus répété de la déligitimation de l’État d’Israël ». Leterme s’est déclaré « très honoré » de recevoir cette distinction d’Étoile de David d’Or.


Infos recueillies dans le livre de Lucas Catherine « De Israellobby », EPO. 2011.

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