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Une semaine riche en événements de solidarité avec Mustapha

Le 28 novembre dernier, Mustapha Awad, réfugié palestinien et citoyen belge, cofondateur du groupe de dabkeh Raj’een et ouvrier métallurgiste, était condamné par un tribunal israélien à un an d’emprisonnement.

Solidarité avec Mustapha dans un piquet de grève devant le bâtiment du TEC à Charleroi

Comme la grande majorité des cas prétendument « sécuritaires » ou politiques traités par les tribunaux israéliens (militaires ou « civils ») jugeant des Palestiniens, l’affaire s’est soldée par un arrangement négocié (plea bargain). Pour les Palestiniens, les conséquences du rejet d’un tel arrangement peuvent se traduire par des procédures s’étendant sur de longs mois, voire des années, avant le prononcé d’une très longue peine, comme l’explique Samidoun, Réseau de solidarité avec de solidarité avec le peuple palestinien.

Mustapha a été interrogé pendant près d’un mois, parfois sous des pressions sévères et, rapporte-t-on, pendant une durée allant jusqu’à 20 heures au cours d’une seule et même journée, avec privation de sommeil à la clef. Il a été confronté à diverses accusations, dont celle d’« appartenance à une organisation illégale » (le Front populaire pour la libération de la Palestine, en l’occurrence).

Des membres d’Amnesty, solidaires avec Mustapha

Tout parti politique palestinien majeur a été catalogué comme « illégal » par l’occupation israélienne et même les membres des groupes estudiantins et des organisations de masse sont régulièrement exposés à ce genre d’accusation par l’occupation israélienne.

Pour le Comité Free Mustapha cet emprisonnement de Mustapha est fondamentalement injuste et inadmissible et qu’il continuera la mobilisation sa libération immédiate, ainsi que la fin du silence officiel de la Belgique autour de cette affaire.

Et cette mobilisation était particulièrement forte cette semaine.

Lundi 10 décembre

A l’occasion du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les 30 articles ont été lus sur la Grand-Place de Bruxelles.

Alexis Deswaef y a lu  l’article 11 de la DUDH, celui consacrant la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et le principe de légalité des poursuites.
A la fin de la lecture, il a exprimé ses pensées solidaires avec Mustapha Awad, détenu arbitrairement par les autorités israéliennes en violation flagrante de cet article 11 de la DUDH. Voir la vidéo, ci-dessous :

 

A Charleroi, Amnesty organisa une marche aux flambeaux pour les droits humains dans la ville. Une trentaine de participants ont affiché leur  solidarité avec Mustapha dans le rassemblement devant l’Hôtel de Ville en mettant en avant l’article 9 de la DUDH :

« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

 

 

 

 

Mardi 11 décembre

L’action à Mons a eu lieu à une date symbolique : le jour anniversaire des 70 ans de la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies sur le droit au retour des réfugiés palestiniens. Né dans le camp de réfugiés d’Ein el-Helweh au Liban, Mustapha voulait visiter la Palestine, exercer en quelque sorte son droit au retour. Mais au lieu d’être accueilli sur la terre de ses ancêtres, il a été kidnappé par les forces d’occupation, torturé et emprisonné arbitrairement.

De droite à gauche : Ibrahim Khayar, comité Free Mustapha, Nicolas Martin, bourgmestre de Mons et Charlotte De Jaer, l’échevine de la participation citoyenne

Une centaine de personnes, parmi lesquelles des étudiants et professeurs de l’Université de Mons, étaient présentes devant l’Hôtel de Ville pour réclamer sa libération. Des performances dabkeh de membres du groupe Raj’een et du groupe de danse freestyle de la Maison des jeunes de Cuesmes et un entretien avec le bourgmestre Nicolas Martin et l’échevine de la participation citoyenne Charlotte De Jaer étaient au RV de « Mons pour Mustapha ». Et surtout aussi, une belle ambiance combative et solidaire avec Mustapha. Dans son mot d’accueil, Ibrahim Khayar a également lancé la nouvelle campagne du Comité : « Aujourd’hui nous lançons également la campagne « Write to Mustapha » parce que Mustapha n’a droit à aucune visite, et son seul lien avec l’extérieur, ce sont les lettres qu’il peut recevoir. »

Vendredi 14 décembre

Des syndicalistes solidaires avec Mustapha

Ce jour-là, le pays était paralysé par des actions syndicales (en coordination à certains endroits  avec des « gilets jaunes »), avec grèves, zonings et rond-points bloqués, manifestation à Bruxelles… pour le pouvoir d’achat, un salaire minimum décent, la pension à 65 ans. Des syndicalistes en lutte n’oubliaient pas non plus Mustapha, lui-même ouvrier métallo. C’était aussi l’occasion à Charleroi, où la solidarité internationale a toujours été un point fort du mouvement ouvrier, de remercier la FGTB pour son soutien généreux à la campagne financière pour la libération de Mustapha : une solidarité transformée en actes.

 

Une action avait aussi lieu, le même jour,  devant l’ambassade d’Israël à Uccle.

Depuis l’an 2000, un groupe de l’ABP manifeste chaque mois en face de l’ambassade d’Israël. Vendredi, pour la 376e fois (!), ils ont voulu manifester leur soutien à Mustapha. Qu’ils en soient remerciés !

 

Pour écrire à Mustapha : Mustapha Awad, Gilboa prison, DN Emek Yzrael, Gilboa, Israel 10900

Pour soutenir la campagne : Free Mustafa BE96 7360 5044 3805
BIC: KRED BE BBf

 

Plus de photos, vidéos et articles sur www.freemustapha.be et la page FB @FreeMustapha

M.D.L.

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  1. Mustapha Awad : « Sans vous, je ne serais pas là » – Pour la Palestine

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