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Une grève de la faim massive des prisonniers palestiniens pour les droits les plus élémentaires

1.200 prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim illimitée le 17 avril afin d’obtenir des droits élémentaires. Depuis, le nombre de grévistes de la faim n’a cessé d’augmenter. Ils seraient 3.000 maintenant. Le chiffre est approximatif car les avocats n’ont pas le droit de leur rendre visite.

Dans son communiqué du 18 avril, l’association de défense des prisonniers Addameer rappelle les revendications et les luttes  antérieurs à la nouvelle mobilisation dans les prisons israéliennes.

« Les prisonniers politiques dans les prisons israéliennes ont entamé une grève de la faim massive, hier, le 17 avril, Journée des prisonniers palestiniens. L’appel à la grève de la faim a été lancé au beau milieu d’une vague de grèves de la faim individuelles ces quelques derniers mois, et les prisonniers en grève continuent à subir des mesures punitions de la part des Services carcéraux israéliens (IPS).

Les détenus en grève de la faim réclament entre autres que soit mis un terme au recours abusif par les IPS de la détention en isolement pour des raisons « sécuritaires », et qui concerne actuellement 19 prisonniers, dont certains ont passé 10 ans en isolement ; que soit mis un terme à la pratique israélienne consistant à garder en détention administrative des Palestiniens sans accusation ou procès, mesure qui concerne pour l’instant 322 Palestiniens ; que soient abrogées toute une série de mesures punitives prises à l’encontre des prisonniers palestiniens suite à la capture du soldat israélien Gilad Shalit, y compris la suppression depuis 2007 des visites de membres de la famille pour tous les prisonniers de Gaza et le refus d’accès à l’enseignement universitaire depuis juin 2011.

Cette grève de la faim collective suit la campagne de désobéissance de 22 jours, y compris une grève de la faim massive entamée fin septembre 2011 en guise de protestation contre une série sans cesse croissante de mesures punitives à l’encontre de prisonniers palestiniens au cours des mois précédents.

Le 18 octobre, les prisonniers avaient suspendu leur grève de la faim au vu de l’accord sur l’échange de prisonniers conclu par Israël et le Hamas. Comme la plupart des mesures punitives prises par les IPS contre les prisonniers faisaient partie d’une politique visant à les punir collectivement pour la poursuite de la détention de Gilad Shalit, on s’attendait à ce que ces punitions fussent levées lors de la libération du militaire israélien. Au moment de la première phase des libérations de prisonniers, les porte-parole du mouvement en faveur des prisonniers avaient conclu avec les IPS un marché selon lequel la mesure d’isolement et d’autres mesures punitives seraient suspendues pour trois mois si les prisonniers cessaient leur grève de la faim. Aujourd’hui, six mois se sont écoulés depuis cet accord et aucun changement n’est encore intervenu dans les mesures. Par conséquent, les prisonniers ont repris leur grève de la faim afin de revendiquer leurs droits les plus élémentaires. »

Marche en solidarité avec les prisonniers palestiniens à Gaza, le 17 avril

Marche en solidarité avec les prisonniers palestiniens à Gaza, le 17 avril

Dans son communiqué du 15 avril, Addameer signale que huit prisonniers palestiniens restent également en grève de la faim prolongée, grève qui a été entamée en même temps – ou à la suite – que les grèves de la faim édifiantes de Khader Adnan, qui est resté en grève de la faim durant 66 jours, et de Hana Shalabi, qui a mis un terme à la sienne au bout de 43 jours.

Il s’agit de Bilal Diab et Thaer Halahleh qui en sont actuellement à leur 57e jour de grève de la faim pour protester contre leur détention administrative. Malgré leur situation médicale critique, leurs recours devant la Cour militaire ont été rejetés le 23 avril.

Hier, le recours de Hassan Safadi a été rejeté. Il est dans son 52e jour de grève.

Omar Abu Shalal et Jaafar Azzedine en sont respectivement à leurs 50e et 35e jour de grève de la faim.

Mohammad Taj,  qui demande à être traité comme un prisonnier de guerre, en est à son 39e jour.

Abdullah Barghouti, qui proteste contre la poursuite de sa détention en isolement, est dans sa 14e journée de grève de la faim.

De même que lors des précédentes grèves de la faim, les Services carcéraux israéliens (IPS) ont durci leurs sanctions contre les prisonniers en grève de la faim et ce, dans un effort de contrecarrer au maximum la campagne. Parmi les méthodes de sanction actuellement utilisées contre les grévistes de la faim, figurent des attaques brutales contre les sections de détenus, la confiscation de leurs possessions personnelles, les transferts d’une prison à une autre, la mise en détention en isolement complet, des amendes et l’interdiction de visite appliquée à la famille et aux avocats des détenus. Les avocats d’Addameer se sont ainsi vu refuser tout contact avec les prisonniers en grève de la faim. De plus, les IPS se sont arrangés pour qu’il soit extrêmement malaisé pour des médecins indépendants de rendre visite aux détenus en grève de la faim.

Dans la vidéo ci-dessous : une manifestation de soutien aux prisonniers en grève à Ramallah.

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