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Une députée palestinienne condamnée à 25 mois de prison par un tribunal militaire israélien

Un tribunal militaire israélien siégeant en Cisjordanie occupée a condamné lundi la députée palestinienne Khalida Jarrar à 25 mois de prison – dont 10 mois avec sursis – et 10.000 shekels (±2.600 $) d’amende, pour des infractions relatives à “la sécurité” (terme qui évidemment ne s’applique qu’à la sécurité de l’occupant israélien et de ses troupes, puisque les Palestiniens, soumis à l’arbitraire israélien dans chaque aspect de leur vie ne sauraient par définition prétendre à aucune forme de sécurité).

La condamnation est infligée pour “appartenance à une organisation illégale” (à savoir le Front Populaire de Libération de la Palestine – FPLP) et pour “incitation” (à la résistance).

Cette sentence fait suite à un marchandage entre ses avocats et le procureur militaire (procédure dite, en anglais de “plea bargain” ou de “plaider coupable” qui permet d’obtenir une peine quelque peu réduite à condition que l’accusé[e] reconnaisse les faits qui lui sont reprochés par l’accusation).

La persécution politique dont Khalida Jarrar fait l’objet a déjà été évoqué ici avec un article de Gideon Levy : «Les crimes des parlementaires palestiniens : rendre visite aux prisonniers et parler aux médias».

L’avocat de Khalida Jarrar, Mahmoud Hassan, du centre juridique “Admir”, a déclaré qu’elle n’a accepté de plaider coupable que parce qu’elle n’accorde aucune confiance au tribunal. «Elle ne s’attendait à bénéficier d’aucun jugement équitable de la part de ce tribunal d’occupation, tout spécialement alors que l’accusation avait déclaré qu’elle resterait enfermée sous le régime de la détention administrative dans l’hypothèse où les juges auraient décidé de la remettre en liberté», a-t-il expliqué. A vrai dire, il y avait statistiquement fort peu de chances que Khalida Jarrar ne soit pas condamnée, puisque les tribunaux militaires israéliens prononcent un jugement de culpabilité dans plus de 99% des cas. Contre des Palestiniens, s’entend…

Khalida Jarrar, qui est mère de deux enfants, a été arrêtée à son domicile en Cisjordanie le 2 avril dernier. Son mari a décrit le raid nocturne au cours duquel une douzaine de soldats masqués ont escaladé les murs qui entourent la cour de leur maison, et ont défoncé les portes.

«La décision des autorités d’occupation d’emprisonner un membre du parlement palestinien en raison de ses positions politiques, après huit mois de détention administrative, démontre que le gouvernement israélien a décidé de déclencher une escalade», a déclaré Aida Touma-Suliman, élue arabe à la Knesset (élue sur le “Liste commune” qui a permis aux Palestiniens d’Israël ne pas être totalement éjectés du parlement israélien). «Ce gouvernement n’a rien à offrir que le règne de la peur pour les Israéliens, l’oppression et la dépossession pour les Palestiniens», a-t-elle ajouté.

Khalida Jarrar, dit Aida Touma-Suliman, est une femme qui lutte pour la paix, les droits légitimes du peuple palestinien qui vit sous occupation militaire, la justice, la démocratie et l’égalité pour les femmes dans la société. La place de Jarrar, a-t-elle conclu, n’est pas en prison mais au sein de l’assemblée législative.

Aida Touma-Suliman a annoncé qu’elle compte demander le soutien des parlementaires étrangers pour qu’ils se joignent au combat de Khalida Jarrar.

L.D.

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