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Un rabbin aux théories néo-nazies libre après quelques heures de détention

Son séjour à l’ombre aura été bref : quelques heures après son arrestation, le rabbin Yossef Elitzur, résidant dans la colonie d’Yitzhar dans le nord de la Cisjordanie occupée, a été libéré sur ordre d’un tribunal.

Que lui était-il reproché ? Rien de bien grave, en vérité. Seulement d’être l’auteur, avec un autre rabbin nommé Yitzhak Shapira, d’un livre, intitulé “La Torah du roi”, dans lequel ils enseignent à leurs ouailles que les non-juifs ne sont pas, “par nature, sujets à la compassion” et que les attaquer “peut freiner leurs inclinations malignes. Et aussi qu’il peut être licite de tuer les bébés et les enfants des “ennemis d’Israël car il est clair qu’ils nous porteront préjudice lorsqu’ils auront grandi”.

Et que ces salauds de goys n’invoquent pas la reconnaissance auxquels ils penseraient avoir droit : “Partout où l’influence de goys constitue une menace pour la vie d’Israël, il est permis de les tuer, même s’il s’agit des Justes parmi les nations”, soulignent ces rabbins en faisant allusion à ceux qui ont sauvé des juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.

Qu’on n’imagine pas que le livre n’est que le fait de deux illuminés à l’esprit dérangé : l’ouvrage a été publié avec l’imprimatur de deux autres rabbins plus connus, Dov Lior et Yaakov Yossef, fils du rabbin Ovadia Yossef, fondateur et chef spirituel du Shass, un parti ultra-orthodoxe représenté au gouvernement (où il ne se montre pas toujours le plus extrémiste).

Les deux rabbins avaient refusé de répondre à une convocation de la police qui voulait leur demander des explications. Or, c’est justement parce qu’il n’avait pas été entendu avant son arrestation que le tribunal a ordonné la libération du rabbin adepte de théories néo-nazies. Il peut donc retourner dans sa colonie de peuplement, pour en observer la mise en pratique dans la vie quotidienne.

 

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