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Un grand syndicat canadien rallie le mouvement BDS

L’important syndicat canadien Unifor a pris fait et cause pour le mouvement BDS. Le syndicat va prendre des mesures dans le domaine du boycott, du désinvestissement et des sanctions contre « les secteurs de l’économie et de la société israéliennes qui tirent profit de l’occupation permanente des territoires palestiniens ».

Lors de son congrès annuel, le syndicat a adopté une résolution en ce sens. C’est ce que rapporte le journal israélien Haaretz en renvoyant à une information parue dans The Canadian Jewish News. Avec plus de 310 000 affiliés, Unifor est le plus important syndicat canadien opérant dans le secteur privé.

Dans sa résolution, le syndicat fait allusion à l’arrêt de la Cour internationale de justice, en 2004, arrêt dans lequel Israël était sommé de mettre un terme à sa colonisation illégale des territoires palestiniens et de respecter le droit international. Le syndicat déclare que, malgré nombre d’avertissements, Israël continue à étendre ses colonies (« implantations ») et que, ce faisant, il maintient en place un obstacle incontestable à la paix. En outre, ce processus va de pair avec la destruction de maisons palestiniennes et de violations réitérées des droits de l’homme.

Le syndicat n’entend plus « faire semblant d’ignorer cette injustice » et prendra par conséquent des mesures dans le domaine du boycott, du désinvestissement et des sanctions (BDS) contre « les secteurs de l’économie et de la société israéliennes qui tirent profit de l’occupation permanente des territoires palestiniens ». Le syndicat maintiendra ces mesures tant qu’Israël n’aura pas mis complètement un terme à sa politique coloniale et qu’il n’aura pas entamé des pourparlers de paix avec les Palestiniens dans le but d’en arriver à un « État palestinien viable et réellement souverain » :

« Unifor soutiendra cette forme de BDS tant qu’Israël ne décrétera pas une interdiction définitive de la poursuite de l’implantation de colonies dans les Territoires palestiniens occupés et qu’il n’entrera pas de bonne foi en pourparlers avec des représentants du peuple palestinien dans le but d’instaurer un État palestinien viable, contigu et réellement souverain. »
Dans sa résolution, Unifor y va en outre d’une critique sévère du Parti conservateur national et du Parti libéral pour leur soutien, l’an dernier, à une motion dans laquelle les sympathisants du mouvement BDS avaient été accusés de « diaboliser et délégitimer l’État d’Israël ».

Comme d’habitude, le syndicat a été noirci de divers côtés, en raison de cette prise de position. Dans de violentes diatribes, le Centre des amis de Simon Wiesenthal pour les études sur l’Holocauste et le Centre pour Israël et les affaires juives ont déclaré que le mouvement BDS était « antisémite ». Le président du conseil d’administration de la seconde de ces organisations citées, Shimon Koffler Fogel, a même déclaré :

« Il est particulièrement consternant qu’Unifor se soit laissé attirer dans la campagne BDS contre Israël, qui est une campagne antisémite, divisive et contre-productive. La résolution adoptée la semaine dernière lors du Conseil canadien d’Unifor est malavisée et honteuse et elle suggère qu’Unifor n’a pas la moindre compréhension des complexités du conflit israélo-palestinien. »

Voici quelques mois, la Fédération norvégienne des syndicats (LO) décidait, sur les mêmes bases qu’Unifor, d’appliquer un boycott général à Israël. La question est de savoir quand les syndicats hollandais (et belges ! *) vont enfin de joindre à leurs collègues norvégiens et canadiens.


Publié le 4/9/2017 sur The Rights Forum
Traduction : Jean-Marie Flémal

(*) NDLR

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