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Un ancien ministre du tourisme israélien en prison pour corruption

L’ancien ministre israélien du tourisme Stas Misezhnikov va passer 15 mois en prison – un de plus que le soldat assassin Elor Azaria, qui séjournera 14 mois derrière les barreaux si ses nombreux partisans dans les sphères du pouvoir ne parviennent pas à le faire libérer – pour “abus de confiance”. Ses avocats ont conclu un accord en ce sens avec le parquet, accord qui a été validé par un juge mardi. Il devra en outre payer une amende de 70.000 shekels (19.800 dollars US).

Stas Misezhnikov siégeait au parlement israélien sous la bannière du parti d’extrême-droite Yisrael Beiteinu (celui d’Avigdor Lieberman, celui-là même qui veut faire libérer Azaria) quand il est devenu ministre du tourisme. Il a avoué avoir alloué une subvention d’un million de shekels (283.000 dollars US) à un festival qui eut lieu à Eilat en 2010, en échange d’un emploi pour sa maîtresse.

Stas Misezhnikov avait aussi été accusé de possession de drogue, mais cette charge a été abandonnée dans le cadre de l’accord négocié entre la défense et l’accusation. L’accusation initialement retenue étaient que l’ancien ministre avait à plusieurs reprises, alors qu’il était en service soit en Israël soit en déplacement à l’étranger, envoyé un de ses conseillers acheter de la cocaïne lors de différents événements. Il avait toujours nié la chose. Il avait aussi accusé d’avoir accepté des pots-de-vin, mais cette charge a également été abandonnée en raison de problèmes procéduraux relatifs au mode de recueil des preuves.

Ce n’est pas, loin s’en faut, la première fois qu’un haut responsable politique israélien séjourne derrière les barreaux.
Ce fut notamment le cas, au début des années 2000, de Arieh Déri, fondateur et leader du parti Shas, qui fut ministre de l’intérieur avant d’être condamné à 3 ans de prison pour corruption. Moshe Katzav (Président d’Israël de 2000 à 2007) a pour sa part été reconnu coupable fin 2010 de viols à l’encontre de deux de ses collaboratrices à l’époque où il était ministre du Tourisme dans les années 1990. Il a été condamné à une peine de sept ans de prison et libéré en décembre 2016. L’ex-premier ministre Ehoud Olmert (2006-2009), pour sa part, avait été condamné à 27 mois de prison pour corruption à l’époque où il était maire de Jérusalem, mais il n’est resté à l’ombre que un an et 4 mois. Il a été libéré au début du mois de juillet de cette année.

Quant à l’avenir, nombreux sont les Israéliens qui s’attendent à ce que Benjamin Netanyahou se retrouve lui aussi un jour relativement prochain en prison, vu l’accumulation de ses ennuis judiciaires dans des dossiers de corruption et de trafic d’influence. Il s’agit notamment de somptueux cadeaux reçus d’hommes d’affaires, de pourparlers qu’il a conduits avec un important patron de presse pour obtenir plus de complaisance des médias en échange d’avantages fiscaux, de corruption dans le cadre d’un marché d’armement (dont des sous-marins, pour un montant global de ±1,5 milliard de dollars) avec l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems,…

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