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Ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne : une demi-molle face à Israël

«Tous les accords passés entre l’Union Européenne et Israël doivent “sans équivoque et explicitement indiquer qu’ils ne sont pas applicables aux territoires occupés par Israël en 1967”». Telle est la position arrêtée par les Ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union Européenne, réunis lundi à Bruxelles.

Le correspondant politique du quotidien Haaretz, Barak Ravid, estime que les efforts diplomatiques d’Israël pour “adoucir” les décisions des Ministres des Affaires étrangères – sinon quant à leur substance mais du moins quant au choix des mots – n’ont pas pas été vains. Alors que le projet de résolution qui leur était soumis requérait des États membres qu’ils établissent une “distinction” entre les territoires occupés depuis 1967 – la Cisjordanie, Jérusalem-Est, le plateau du Golan et la Bande de Gaza – ce terme ne figure pas dans la décision finale.

«L’Union Européenne et ses États membres s’engagent pour poursuivre une mise en œuvre effective et complète de la législations européenne existante et les accords bilatéraux applicables aux produits des colonies», précise la résolution adoptée. «L’UE exprime son engagement pour faire en sorte que – conformément au droit international – tous les accords entre l’État d’Israël et l’Union Européenne indiquent sans équivoque et explicitement qu’ils ne sont pas applicables aux territoires occupés par Israël en 1967. Ceci ne constitue pas un boycott d’Israël, auquel l’UE s’oppose fermement».

Le projet de résolution soumis aux ministres, qui était soutenu part la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne,  a fait l’objet d’un long débat, au cours duquel – selon Barak Ravid – les ministres représentant la Roumanie, la Grèce, le Hongrie et la Pologne se sont fermement opposés aux termes les plus “durs” pour Israël. Les diplomates israéliens seraient donc parvenus, à force de pressions, à créer une sorte de “minorité de blocage” et à diviser les pays européens. Il est vrai que ce n’est pas à proprement parler un exploit :  les pays de l’UE se divisent sans l’aide de personne sur à peu près tout, tout le temps.

Malgré tout, la décision adoptée réaffirme que «les colonies sont illégales aux yeux du droit international, constituent un obstacle à la paix et menacent de rendre la “solution à deux États” impossible». L’U.E. estilme que c’est tout particulièrement le cas à Jérusalem-Est, où «l’activité de colonisation compromet sérieusement la possibilité que Jérusalem joue dans le futur le rôle de capitale pour les “deux États”». Ceci sonne comme un encouragement au gouvernement Netanyahou pour qu’il poursuive de plus belle la colonisation à Jérusalem-Est, puisque c’est très exactement le but qu’il poursuit sans le dissimuler le moins du monde.

Le texte final prévoit que «les États de l’Union européenne continueront à suivre de près les développements sur le terrain et leurs implications plus larges et envisageront d’autres mesures afin de protéger la viabilité de la “solution à deux États”, qui est constamment érodée par des faits nouveaux sur le terrain».

Il contient aussi un appel en faveur d’un effort international afin de relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens. Mais il ne précise pas qui fournira la poudre aux yeux…

L.D.


Voir : Haaretz – «EU: All agreements with Israel must indicate inapplicability to occupied territories» – Barak Ravid

 

 

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